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Bear Stearns sauvée de la faillite par une intervention publique

Guillaume Evin -  14/03/2008 17:54  - L'Expansion.com 
 
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La grande banque d'affaires américaine a été sauvée de la banqueroute par la FED, qui lui a accordé une ligne de crédit de 28 jours maximum. Une intervention rarissime qui inquiète les marchés. Toutes les valeurs bancaires décrochent. Paris a perdu 0,8%.

Nouveau coup de tonnerre dans la crise financière mondiale : au lendemain de la spectaculaire faillite de l’un des fonds du géant Carlyle, la banque Bear Stearns avoue qu’elle a frôlé la banqueroute ces dernières 24 heures, au point que la banque centrale américaine à été obligée de la renflouer en urgence. Du jamais vu sauf dans les années 30 et 60 ! Pour l’heure, on ignore encore le montant du sauvetage, mais a priori « cela doit porter sur plusieurs milliards de dollars » note pour L’Expansion.com Jean-François Virolle, chef économiste chez Global Equities. La ligne de crédit accordée à la 5ème banque d’affaires du pays pourra aller jusqu’à 4 semaines. A charge pour elle de trouver d’ici là un financement permanent plus approprié.

En attendant, cette intervention express ne laisse pas d’inquiéter les marchés. Wall Street, qui avait ouvert en hausse vendredi s’est brusquement retournée une fois l’information divulguée. Le Dow Jones lâchait ainsi 1,5% peu avant 18 heures, heure française. Et l’action Bear Stearns s’effondrait, elle, de 37% ! Sachant qu’elle avait déjà abandonné 11% lundi dernier sur des rumeurs de ce type. Dans son sillage, les titres des autres poids-lourds de la finance dérapaient eux aussi, quoique dans une moindre mesure : Morgan Stanley perdait -3% tout comme Bank of America, Citigroup presque -5%, Merrill Lynch –3,6%, Lehman Brothers –8,3% et même JPMorgan, « l’intermédiaire », reculait de -2,6%.

La stupeur s’est ensuite propagée sur les places européennes : Paris perdait 0,82%, tout comme Francfort et Londres se contractait de 1%. Même chose dans le détail pour les valeurs bancaires : -2% pour Deutsche Bank, -1,3% pour BBVA, -3,8% pour Natixis, -2,5% pour BNP Paribas, -1,8% pour Société Générale et –1% pour Dexia et Crédit Agricole.

« C’est logique. Les marchés ont la désagréable impression d’avoir été floués, manipulés, commente pour L’Expansion.com Yves Marçais, stratégiste chez Global Equities. Il faut se souvenir en effet que la direction du groupe affirmait encore il y a deux jours que son bilan n’était pas affaibli. L’affaire Bear Stearns jette forcément le discrédit sur les autres grands noms du secteur. On s’attend maintenant à ce que d’autres banques déterrent à leur tour leurs cadavres… » Peter Cardillo, analyste chez Avalon Partners, ne dit pas autre chose lorsqu’il constate que ceci a généré « beaucoup de nervosité et de scepticisme » en particulier vis-à-vis des autres banques qui pourraient dévoiler de nouvelles difficultés. Idem pour Michael Klawitter, stratège chez Dresdner Kleinwort : « Cela suscite de sérieuses inquiétudes concernant les autres. Bear Stearns n’est pas une petite banque, elle était le 2ème émetteur de crédits hypothécaires l’année dernière ».

Concrètement, l’opération a été montée avec la FED de New York, le « chéquier » de la Banque centrale, l’établissement commercial qui intervient dans ce genre de situation. Celle-ci va prêter du cash à JPMorgan au taux d’escompte, laquelle transmettra ensuite des liquidités à Bear Stearns. Etant une banque d’investissement, Bear Stearns ne peut en effet être perfusée directement par la FED. D’où ce montage complexe avec JPMorgan.

L’initiative de la banque centrale américaine est en tout cas conforme à la logique qu’elle s’est fixée depuis le début de la crise financière, à savoir dégeler le marché interbancaire : « Gagner du temps absolument pour laisser revenir la confiance. Ce qui signifie liquéfier l’interbancaire. Car tout le château de cartes repose sur la confiance mutuelle que se portent les banques » ajoute Yves Marçais. L’établissement présidé par Ben Bernanke a donc promis vendredi de fournir des liquidités aux marchés « comme nécessaire pour faciliter un fonctionnement harmonieux » du système. Le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, parle, lui, pudiquement « d’un nouveau défi ».

 
Commentaires - (2)
seriatim 16/3/2008 Recommander 0

la banque Bear Stearns n'est pas sauvée par une intervention publique mais par une entreprise privée, la Fed née en 1913.

JLL 14/3/2008 Recommander 3

Typique du libéralisme: privatiser les gains et socialiser les pertes. Les contribuables paient, les riches encaissent. Que je sache, quand les banques font des profits monstrueux, aucun argent ne va vers l'Etat, que du contraire: les chantres acharnés du libéralisme à outrance n'ont pas de mots assez durs pour stigmatiser les règles sociales permettant à tout un chacun de vivre décemment. Décision vraiment nauséabonde.

 
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