La première hydrolienne sous-marine en France a été baptisée vendredi à Bénodet avant d'être immergée lundi, avec l'espoir de lancer une filière de production d'électricité à partir des courants marins. Sabella DO3, du nom des vers de mer (sabelles) qui "savent se servir des courants pour capter leur nourriture", se présente comme un drôle d'engin jaune formé de tubes supportant un rotor bleu de 3 mètres de diamètre. Ce prototype de sept tonnes, construit à l'échelle d'un tiers, devrait reposer à partir de lundi à 19 m de profondeur dans l'estuaire de l'Odet, une rivière du sud du Finistère.
"C'est avant tout une machine expérimentale dotée d'une instrumentation embarquée très performante", dont de nombreux capteurs, a expliqué Jean-François Daviau, responsable de l'une des quatre entreprises réunies au sein d'un consortium Sabella. Après la période de tests, le projet vise à installer une première hydrolienne de 200 kW, suivie de cinq engins de même puissance (1 GW en tout) dans des sites à plus forts courants marins au large de la Bretagne comme le Raz de Sein (3,5 mètres/seconde) ou entre les îles d'Ouessant et de Molène (4m/sec), soit 5 millions d'euros d'investissements pour chacune des deux phases. "Le potentiel des courants marins en France représente 3 à 5 GW, soit 2 à 3% de la production française", assure M. Daviau. Ce "gisement énergétique" pourrait être recueilli par 5.000 machines, avec 5.000 emplois directs à la clé et un coût du kw entre 0,03 et 0,04 euro (contre 0,028 euro sortie nucléaire), selon lui.
L'idée d'utiliser la force des courants marins pour produire de l'électricité est à l'origine, au début des années 2000, de la création de la société Hydrohelix Energies associant M. Daviau, ancien cadre financier et stratégique de l'Institut français du pétrole, et Hervé Majastre, docteur en électrochimie. Leur concept a été labellisé en 2005 par le Pôle breton de compétitivité "Mer", dans le cadre d'un programme "Marénergies" bénéficiant d'aides publiques et du soutien de l'Ademe.

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