L'avionneur européen a livré 320 appareils en 2004 contre 285 pour son rival. Il vise le seuil des 350 unités cette année sans pour autant sacrifier sa rentabilité.
Bis repetita pour Airbus dans son match à distance avec Boeing. Pour la seconde année consécutive, l'avionneur européen a en effet devancé son rival américain, tant en volume de livraisons qu'en commandes engrangées. De sorte qu'au terme de l'année 2004, la filiale à 80% d'EADS peut revendiquer 53% du marché mondial des avions civils de plus de 100 places. Airbus a ainsi livré 320 avions l'an dernier, contre 305 l'année précédente et remporté 366 commandes nettes pour un total d'environ 34 milliards de dollars. Boeing, lui, a dû se contenter de 285 livraisons et 272 nouvelles commandes. Soit un différentiel en faveur d'Airbus de 35 unités dans un cas et un autre de 94 dans le second.
Mieux. Airbus vise encore plus fort pour cette année. Noël Forgeard, l'actuel patron du groupe et le futur co-PDG d'EADS côté français, espère ainsi franchir le seuil des 350 appareils. Ce qui serait un nouveau record après les 325 écoulés de 2001, dernier exercice d'une relative euphorie avant que les attentats du 11 septembre ne viennent plomber durablement tout le secteur aéronautique.
En parallèle, à la faveur de sa conférence de presse de rentrée, le groupe s'est plu à faire le point sur ses deux programmes phares : d'une part, l'A-380 et d'autre part, l'A-350. Alors qu'il s'apprête à inaugurer mardi prochain à Toulouse son mastodonte des airs, il vient d'enregistrer une nouvelle commande ferme de 6 avions de la part Thaï Airways. Au total, le carnet de commandes de ce jumbo flirte désormais avec les 140 unités, le tout émanant de 13 clients différents. Dernièrement, UPS, le numéro un mondial de la messagerie, s'est à son tour rallié à l'A-380 en signant une lettre d'intention portant sur 10 appareils. Et d'aucuns au sein de l'avionneur espèrent finaliser bientôt un contrat avec des compagnies chinoises pour 5 autres. Autant dire que le groupe est dans les temps de passage pour atteindre les 150 commandes à la mi-2005. Du côté de l'A-350, censé riposter au 7E7 Dreamline de Boeing, la direction d'Airbus vise toujours la fourchette des 50 à 60 intentions de commandes d'ici juin prochain.
Pour autant, Airbus n'entend pas obérer ses comptes avec ces deux investissements lourds. Sa rentabilité ne sera nullement sacrifiée. Pour cela, le groupe mise beaucoup sur un double dispositif d'économies : l'un fondé sur une réduction de la durée des cycles de production. Celui-ci, déjà amorcé en 2004, donnera sa pleine mesure à la fin 2007 et l'autre, articulé autour d'un allègement classique des coûts, censé faire gagner 1,5 milliard par rapport à 2003.

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