Unies sous le même toit, les deux compagnies formeront bien le nouveau leader continental, distançant largement British Airways et Lufthansa.
Nouveau Big Bang dans le ciel européen et même mondial : Air France et KLM ont enfin bouclé le scénario de leur rapprochement. Les deux compagnies formeront bien le nouveau leader continental, distançant largement le duo British Airways-Lufthansa. A l’issue d’un dernier CCE, le conseil d’administration d’Air France devait donner son feu vert au décollage. En rejoignant le réseau SkyTeam avec ses alliés outre-Atlantique (Northwest et Continental) KLM permettra à celui-ci de se hisser à la deuxième place juste derrière Star Alliance, la plate-forme montée par Lufthansa et United Airlines.
Concrètement, les deux transporteurs seront coiffés par une holding de tête, contrôlée a priori à 80-85% par le pôle français et à 15-20% par le pôle néerlandais. L’idée étant que chaque compagnie conserve sa marque, son nom, sa flotte et ses prérogatives. Bref, son identité. Néanmoins, pour Air France, une telle opération induit de facto une privatisation. Une augmentation de capital est réservée aux seuls actionnaires de KLM. L’Etat qui possède toujours 54,4% devrait en effet tomber sous le seuil des 50%. Et à terme, passer sous celui des 20% comme prévu. Dans un premier temps, cependant, le groupe français ne contrôlera pas plus de 49% de KLM au terme d'une offre publique d'échange qui serait lancée en mars 2004. Amsterdam, pour sa part, entend préserver ses intérêts (14,1% actuellement) en s’arrogeant une golden-share du nouvel ensemble, c’est-à-dire un droit de veto sur les décisions stratégiques touchant son ancien transporteur national. Le tandem franco-néerlandais escompte pas moins de 400 millions d’euros d’économies sur cinq ans.
Restent néanmoins en suspens deux hypothèques. La première tient à Bruxelles, la seconde à Alitalia. Quelle sera en effet l’attitude de l’Antitrust européen, à l’heure où les services de Mario Monti, à l’image d’Alstom, se montrent particulièrement sourcilleux, même s’il se murmure que l’UE est plutôt favorable à la concentration du secteur en temps de crise. Ensuite, quelle sera la place réservée à Alitalia, la compagnie nationale italienne, désireuse de s’arrimer au nouveau duo ? On ignore évidemment les modalités d’une éventuelle fusion à trois. Une certitude cependant, Jean-Cyril Spinetta, le patron d’Air France, n’exclut pas un rapprochement dans un second temps.

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