Le Premier ministre a livré ses pistes pour réduire la dette publique et ramener les déficits à zéro d'ici 2010. L'Etat vendra entre 5 et 10 miiliards d'actifs chaque année. La CSG ne sera pas augmentée.
Dominique de Villepin a fixé mercredi un double objectif d’ici 2010 : ramener les déficits publics à zéro et le poids de la dette publique en dessous de 60% du produit intérieur brut contre 66% aujourd’hui.
Pour augmenter les recettes, le Premier ministre a exclu d’augmenter la CSG. L'Etat prévoit de céder entre 5 et 10 milliards d'euros d'actifs non stratégiques par an d'ici 2010 (privatisations, patrimoine immobilier ...) et d'en affecter les recettes prioritairement au désendettement. Et les impôts ne baisseront plus après 2007.
Côté dépenses, l'Etat va se donner pour règle de stabiliser ses dépenses en valeur, c’est à dire inflation comprise, "à l'horizon de 2010", alors qu'elles sont actuellement stabilisées en volume. Autrement dit, les dépenses publiques réelles vont baisser. Le Premier ministre a d'ailleurs annoncé que le budget 2007 serait préparé sur la base d'une évolution des dépenses de un point inférieure à l'inflation.
Le gouvernement préconise aussi une plus grande maîtrise des dépenses de sécurité sociale, avec une hausse limitée à 1% en volume, et de celles des collectivités locales, pour lesquelles il souhaiterait une évolution dans les limites de l'inflation. Ainsi, les déficits publics français devraient être ramenés à 2,6% du produit intérieur brut en 2007 puis à 1,9% en 2008, 1% en 2009 et 0,1% en 2010. A condition que la croissance annuelle moyenne atteigne 2,25%. Les prélèvements obligatoires redescendraient en 2010 à 43,4% du PIB contre 44% en 2006.
Le Premier ministre avait réuni mercredi, pour la première fois, tous les grands acteurs de la dépense publique pour une conférence nationale des finances publiques. Il espère obtenir des collectivités locales et des organismes sociaux un consensus sur les enjeux de la maîtrise des dépenses, afin que leurs efforts convergent, même si c'est le déficit des administrations publiques qui pèse le plus dans la balance.
Pour les engagements formels, il faudra attendre. Cette réunion devrait en effet être suivie par la mise en place d'un comité d'orientation des finances publiques, annoncé par le président de la République lors de ses voeux, puis par un engagement "chiffré" du Premier ministre devant le Parlement en juin, dans le cadre du débat d'orientation budgétaire. C'est donc dans l'intervalle que les questions plus précises relatives aux économies que devra réaliser l'Etat -et éventuellement la réduction du nombre de postes de fonctionnaires -, devraient être tranchées.

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