Reprise économique

U, V, W... L'abécédaire de la sortie de crise

Florence Méréo -  25/08/2009 16:25:00 
David Gray / Reuters
Après un rebond de l'économie, plusieurs phases de creux pourraient inverser les courbes positives de croissance
 

"La reprise mondiale a commencé". La bonne nouvelle vient du FMI mais les économistes restent prudents sur les différents schémas de sortie de crise. Sera-t-elle durable, intensive ou éphémère ? LExpansion.com esquisse les différents scénarios possibles.

Alors qur Barack Obama se montrait enfin optimiste en affirmant être "en train d'assister au début de la fin de la récession", la France, l'Allemagne et la Norvège sortaient justement de cette récession grâce à un PIB en hausse de 0.3% au deuxième trimestre 2009. De bonnes nouvelles confortées par le Fonds monétaire international (FMI) - "la reprise a commencé" -  mais qui ne cachent pas l'inquiétude des économistes. Le retour à la croissance ne signifie pas le retour à l'emploi, ni la fin immédiate de la crise... Voici les différents scénarios possibles.

U... le plus probable

Le scénario le plus probable, c'est une reprise en U, c'est-à-dire que les pays vont rester dans le creux sur une longue période avant de voir repartir leur économie. Ce serait le cas en France, selon le Premier ministre François Fillon, mais aussi aux Etats-Unis où l'accumulation des dettes risquent de laisser place à une période de désendettement et donc de stagnation de la consommation. Dans un article du Financial Times, l'économiste américain Nouriel Roubini, opte pour ce schéma de croissance : "Il y a ceux -comme moi - qui croient que qu'elle aura la forme d'un U, anémique et inférieure à sa tendance pour au moins deux ans". Il était l'un des seuls à avoir prévu l'éclatement de la crise financière, il y a un an...

En bref, après plusieurs trimestres de croissance rapide, la tendance s'inverserait durablement. Nouriel Roubini s'appuie sur les chiffres du chômage qui, "dans les économies développées, sera supérieur à 10% en 2010" pour appuyer son propos. Le manque d'emplois, la crise de la solvabilité - qui va "limiter la capacité des banques à prêter, des ménages à dépenser et des sociétés à investir" - et l'endommagement à la base du système financier, autant d'arguments qui justifient selon lui, une croissance stagnante et très lente sur une période relativement longue.

REUTERS/Larry Downing

Les différents plans de relance mondiaux mis en place ont relancé l'économie mais ne seront pas éternels...

Sur son blog Béquilles, le journaliste suisse Jean-Claude Péclet semble pencher pour le même scénario. Il met en avant l'épuisement prochain des aides publiques déployées pour tirer l'économie vers le haut : "N'oublions pas toutefois qu'en automne dernier, les gouvernements ont décidé dans l'urgence des programmes de relance d'une ampleur jamais vue, qui déploient leurs effets en ce moment,  par exemple les primes à la casse pour les voitures. Ces programmes ne dureront pas éternellement". Une économie dopée par l'automobile associée à une "politique monétaire (...) extraordinairement accommodante" ont permis à la mayonnaise de prendre mais la rechute risque d'être autant plus dure lorsque les mesures temporaires vont s'épuiser.

W... à ne pas exclure

Un deuxième schéma possible se dessine, celui d'une reprise en W. Comme sa courbe l'indique, le "W" fait un peu l'effet d'une montagne russe où les décrochages succèdent aux rebonds. Sur le Blog Euro-monnaie, on explique son principe : "Une flèche de remontée sera suivie d'une flèche de chute ou de ralentissement avec comme résultat, à la longue, la destruction d'emplois de longue durée cette fois". Le W, que Nouriel Roubini nomme aussi "double-dip récession", "récession à double creux", pourrait sévir si les gouvernements refusent la hausse des déficits publics, réduisent les dépenses et augmentent la fiscalité. Un enchaînement de faits qui empêcherait la reprise économique. Pire, il ferait "basculer l'économie dans la stag-deflation (récession puis déflation)", affirme l'économiste et professeur à l'Université de New-York. Toutefois, l'équipe du blog Euro-monnaie estime que les Etats-Unis sont plus vulnérables à ce scénario que les autres pays : "Ce scénario en W pourrait aussi être causé par une envolée des taux d'intérêt à long terme, ce risque est essentiellement américain parce que les taux à long terme en Europe sont restés très bas"

V... peu d'espoir

Il y a aussi les optimistes, qui croient en un redémarrage rapide de l'économie. On s'appelle cela une reprise en V, précise, rapide, durable. Trop beau pour être vraie en France et en Europe, au vue de la conjoncture. Les Etats-Unis, "au centre de la reprise" selon le FMI, ne semblent pas non plus pouvoir jouir d'une telle embellie car les plans de soutien aux marchés financiers vont finir par s'atténuer et sans doute inverser le rythme de croissance. En revanche, les pays asiatiques pourraient jouer les premiers rôles dans ce genre de scénario. Comme le constate dans un billet posté sur le blog de Lupus, Jean-Pierre Petit, stratégiste de marché, leur redémarrage est net et vigoureux : "La première zone à émerger nettement et franchement de la crise est incontestablement l'Asie, en raison notamment d'un moindre endettement privé et public qu'en Occident, d'une relative solidité des systèmes bancaires, de politiques économiques ambitieuses et assez efficaces, Dans les quatre pays asiatiques qui ont publié leurs comptes du 2ème trimestre (Chine, Indonésie, Corée du Sud et Singapour), le PIB a progressé en rythme annualisé de plus de 10%".

L... sans doute pas, et heureusement !

A l'inverse, il y a ceux qui balancent vers un scénario "catastrophe", avec peu ou aucune reprise possible. Comme le symbolise la lettre L, après un pic de décroissance, les Etats se figeraient dans une longue et lancinante immobilité...Si la France semble épargnée, Euro-monnaie définit et préfigure ce que L pourrait entraîner ailleurs : "L, où le surendettement des États précipite la faillite de certains d'entre eux, peut-être l'Irlande ou la Grèce ou l'Espagne, et immobilise le reste du monde sur une ligne droite". Heureusement, il s'agit du scénario le moins probable.

 
 
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Commentaires - (6)
jidef 27/8/2009 Recommander 0

eauq sait bon sa jeme bocout le gégé

patonio 27/8/2009 Recommander 1

l'économie est une science, mais sa grande force réside plus dans l'analyse et la compréhension de phénomène passés que dans la prévision. Il faut bien que tout le monde se rende compte qu'aucun économiste n'est en mesure de donner une estimation fiable de la croissance à plus de 2 ans (sauf si rien ne change, mais là, tout le monde sait le faire). A 3 ans, les incertitudes sont déjà énormes. Ils pourraient eux même le reconnaitre, cela éviterait ces débats stériles. Il y a tellement de scenario qu'il y aura forcemment un gagnant, qu'il ait au moins l'honneteté de reconnaitre ce que je viens d'avancer. Les financiers eux mêmes ne sont pas capables de donner un budget fiable de leur entreprise à plus d'un an. Il y a au moins une révision annuelle si ce n'est 2 et pourtant, la complexité d'une entreprise est sans relation avec celle du monde globalisé (geopolitique, pandémies, internationalisation des entreprises, découverte de nouvelles sources d'energie ... ou perte de ... terrorisme et j'en oublie, chacun pouvant faire varier les courts boursier de 2-3 voir 10% ... alors ensembles ... sur le long terme, imaginez donc). Je ne crache pas sur leurs compétences, car c'est une science extremement complexe, juste sur ceux qui prétendent connaitre l'avenir à plus d'un an. Mais bon, si les médias peuvent parler d'eux ... pourquoi pas essayer : Alors moi, je prévois une croissance mole jusque 2013 et une rechute plus forte en 2014 car rien n'aura changé dans les systèmes bancaires. Il leur faudra bien 4-5 ans pour s'en rendre compte. Voilà gardez mes prévisions sous le coude et rdv au prochain prix noble d'économie. Patrice

Patrick 26/8/2009 Recommander 1

Plutôt que W, le L²

kimeoak 26/8/2009 Recommander 2

Les économistes disent beaucoup de choses,au point que les citoyens qui sont mieux placés pour juger des effets de cette crise ne savent plus quels économistes croire. Certes ,une discipline comme celle-là est bonne pour éclairer les usagers,mais la politique économique c'est autre chose. Ce n'est pas parce qu'il y a de l'argent que les banques prêtent et de la même manière,la reprise sur le papier ne signifie pas ses effets sur le bien-être des populations. Il me semble qu'il existe des férus d'annonces qui restent toujours lettre morte.

Mike 26/8/2009 Recommander 0

Et pourquoi pas le C? C comme Cancres qui passent leur temps à Conjécturer des Crétineries. Je vois bien un retour à la Croissance en forme de Cul: toujours les même à se faire Coucher, et les autres à profiter...

gégé 26/8/2009 Recommander 0

Se taixte ait bourrhé de photes d'auretaugraffe .

 
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