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Agriculture

Trois jours pour répondre à la crise alimentaire

Hugo Lattard -  03/06/2008 17:36  - L'Expansion.com 
 
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La FAO a convié à un sommet d’urgence une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont Nicolas Sarkozy, pour développer l’agriculture des pays en voie de développement. Et éviter de nouvelles émeutes de la faim.

Quelles réponses apporter à la crise alimentaire ? Pour les trouver, la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a décidé d’un sommet d’urgence, trois jours durant, au siège de l’institution à Rome. Y sont conviés le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, ainsi qu’une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernements, dont Nicolas Sarkozy.

Le président français s’est d’emblée illustré, mardi, par une déclaration appelant à « mettre le paquet sur l’agriculture des pays en voie de développement ». Il s’est engagé à ce que la France consacre 1 milliard d’euros, dans les cinq prochaines années, pour l’agriculture en Afrique sub-saharienne. Il a plaidé pour l’expansion des « agricultures vivrières locales » et dénoncé « l’erreur stratégique historique » du FMI et de la Banque mondiale, sans toutefois les nommer, les deux institutions ayant au contraire favorisé jusqu’à maintenant les cultures destinées aux exportations.

Nicolas Sarkozy a su épouser le sentiment prévalant aujourd’hui au sein de la FAO comme chez les ONG. De longue date, le directeur de l’agence onusienne, Jacques Diouf, réclame une hausse sensible des fonds internationaux pour lutter contre la flambée des prix alimentaires. Il faut rappeler que cette flambée est à l’origine des émeutes de la faim dans une trentaine de pays d’Afrique, des Caraïbes et d’Asie.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu de ce sommet de la FAO que de parvenir à dégager suffisamment de moyens pour faire face à la crise. Car entre 1980 et aujourd’hui, la part de l’agriculture dans l’aide au développement est passée de 17% à 3%. Une baisse coupable, de l’avis de tous.

Quant à changer de politique agricole, c’est aussi l’avis des ONG. « Le constat, on le partage », confie Luc Lamprière, directeur général de Oxfam France. Mais Nicolas Sarkozy est attendu sur ses propositions. « La France a déjà fait un certain nombre de déclarations d’aide financières au continent africain. L’année dernière, lors du G8 en Allemagne, Nicolas Sarkozy annonçait 1 milliard d’euros pour la santé en Afrique. Depuis, nous essayons de savoir où est concrètement passé ce milliard », relève Luc Lamprière.

Pour répondre à la crise alimentaire, Oxfam appelle un plan qui aille « au-delà de la seule aide humanitaire ». Pour l’heure, l’assistance aux quelques 290 millions de personnes mises en danger par la crise, nécessiterait une enveloppe de 14,5 milliards de dollars. Selon Oxfam, il faut également une aide d’urgence pour développer les cultures locales des pays les moins avancés importateurs de denrées alimentaires. Dans nombre de cas, après plusieurs années de mauvaises récoltes, certains paysans n’ont plus accès aux semences.

Mais pour résoudre sérieusement la crise, il faudra aborder des sujets qui fâchent. Celui des biocarburants d’abord, dont l’essor est accusé d’attiser la hausse des prix. La tâche s’annonce difficile car dès l’ouverture du sommet, le président brésilien est monté au créneau pour les défendre, le Brésil étant un des plus gros producteurs d’éthanol.

Pour les ONG se pose également la question des négociations commerciales : à l’OMC comme dans le cadre des accords de partenariat économiques entre l’Union européenne et les pays d’Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP). Ces négociations qui promeuvent la libéralisation des échanges sont accusées de fragiliser les agricultures des pays en développement.

De même, « tout le monde reconnaît qu’il y a un lien entre la hausse des prix et la spéculation », remarque Luc Lamprière. « C’est bien de le dire, mais il faudrait une étude et un moyen de surveiller l’impact des marchés à terme sur la hausse. Or la FAO comme la Banque mondiale ont la capacité technique pour le faire », estime-t-il.

Selon lui, pour résoudre la crise alimentaire, « ce qui fait défaut en réalité, ce n’est pas l’argent, c’est la volonté politique d’en faire une vraie priorité pour la planète ».

 
Commentaires - (4)
hassanov 4/6/2008 Recommander 0

tres bon remarque de la part du directeur de OXFAM. de mon coté, j'en rajouterai un peu pour dire que les pays en voie de developpement ont intérêt à sécurisé l'alimentation de leur poplation. et cela grâce à la misee en valeur des leur propre terre. en outre les pays occident doivent être honnête envers eux quant il s'agit de leur octroyer certains fonds et de transmettre quelques savoirs faire dans les pratiques agricoles. car nombreux sont ceux qui veulent pa que ces pays surtout les africains ne s'en sortent de cette dependance à l'égard des pays avancés.

hassanov 4/6/2008 Recommander 0

tres bon remarque de la part du directeur de OXFAM. de mon coté, j'en rajouterai un peu pour dire que les pays en voie de developpement ont intérêt à sécurisé l'alimentation de leur poplation. et cela grâce à la misee en valeur des leur propre terre. en outre les pays occident doivent être honnête envers eux quant il s'agit de leur octroyer certains fonds et de transmettre quelques savoirs faire dans les pratiques agricoles. car nombreux sont ceux qui veulent pa que ces pays surtout les africains ne s'en sortent de cette dependance à l'égard des pays avancés.

doudou 4/6/2008 Recommander 0

j ai été ulcèré de voir tous ces gens a la télévision qui sont dans un etat déplorable et j accuse BRUXELLES d avoir ordonné tous les déchirements des plantations au moment ou les gens en avaient le plus besoin aussi j éspère que la FAO et BRUXELES vont s entendre pour que les pays producteurs ne soient pas encore une fois bannis pour avoir été contraints et forcés de faire ces satanes quotas de defrichage aussi NICOLAS SARKOZY a raison de dire qu il faut passer quelque fois outres des ukases de BRUXELLES car la faim n attend pas et elle est bien souvent synonyme de précoces révolutions.

Viviane Micaud 3/6/2008 Recommander 0

J'espère que les chefs d'états prendront acte de l'urgence. La planète a assez pour nourrir tout le monde. Il suffit d'interdire les spéculations qui affament; ne pas imposer de l'agriculture d'exportation qui mets en danger l'agriculture de subsistance. Limiter l'utilisation de la nourriture pour les bio carburant à ce que la planète peut supporter. Des injustices sortent l'intolérance et l'intégrisme. Sachons ne pas être injuste.

 
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