
La banque centrale européenne a décidé jeudi d'une hausse d'un quart de point de son principal taux directeur, à 4,25%. Jean-Claude Trichet a cependant laissé entendre que la BCE en resterait là dans les semaines à venir.
Jean-Claude Trichet ne s’en est pas laissé conter. Malgré les multiples mises en garde ces derniers jours, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de relever d'un quart de point son principal taux directeur, à 4,25%. Nombre de personnalités politiques, en France et en Espagne notamment, aveint pourtant fait valoir que cette hausse risquerait d’affecter la croissance de la zone euro, déjà en proie au ralentissement.
Néanmoins, cette décision des banquiers centraux était considérée comme acquise. Ne serait ce que parce que l’Institut de Francfort a à cœur de démontrer son indépendance. Et que l’accélération de l’inflation, qui a atteint les 4% en juin, est incompatible avec son objectif de stabilité des prix à moyen terme. L’euro a même réagi en légère baisse jeudi après midi, preuve que les marchés avaient anticipé la décision.
Les industriels de l'aéronautique et de la défense en Europe ont de nouveau interpellé la BCE, jeudi, au sujet de possibles pertes d'emplois induites par le niveau élevé de l'euro et demandé a être reçus par les autorités monétaires à Francfort, vers la mi-juillet.
« En dépit d'efforts pour développer de nouvelles stratégies de production et pour encourager une meilleure productivité, chaque dévaluation de dix cent de la valeur du dollar entraîne une perte de marge (bénéficiaire) d'un milliard d'euros pour les grandes entreprises » du secteur en Europe, comme Airbus », a indiqué à Bruxelles le président de la fédération européenne des industries de l'aéronautique, de l'espace et de la défense (ASD), Ake Svensson.
En effet, ces sociétés souffrent de coûts de production libellés pour une grande part en euros alors qu'elles vendent leurs produits le plus souvent en dollars.
Selon le secrétaire général de l’ASD, François Gayet, cette situation pourrait « conduire peu à peu à une baisse des emplois en Europe » dans ces secteur.
Jean-Claude Trichet était surtout attendu sur ses déclarations. Le président de la BCE avait déjà laissé entendre qu’un relèvement des taux ne serait pas le prélude à un nouveau cycle haussier. Jeudi, il a confirmé que l’institut monétaire s’en tiendrait là dans les semaines à venir. Le Français a estimé que le relèvement d’un quart de point aller « contribuer » à garder les prix stables à moyen et long terme. Surtout, il s’est gardé d’employer les termes « grande vigilance » ou « état d’alerte élevé » sur l’inflation, auxquels il a habituellement recours avant de donner un tour de vis.
Le relèvement d’un quart de point du loyer de l’argent, jeudi, vise à contrer les tensions inflationnistes entretenues par la flambée des cours du pétrole et des denrées alimentaires. En particulier, cette hausse vise à « prévenir » les effets de second tour. Autrement dit un emballement généralisé et durable des prix via des hausses salariales élevées. Car dans le même temps, même si sa croissance est appelée à ralentir, la BCE a de nouveau estimé que les fondamentaux de l’économie de la zone euro étaient « sains ».
En France, la ministre de l’économie s’est déclarée « très attentive » à la façon dont les autorités américaines allaient gérer leurs taux d’intérêts après la décision de la BCE. Le principal danger pour la zone euro et l’équilibre financier mondial réside en effet dans un différentiel de taux trop important entre les banques centrales de chaque côté de l’Atlantique, de nombreux observateurs faisant valoir au contraire la nécessité d’une action coordonnée.
Mais « ce n'est pas parce que la BCE augmente ses taux que pour autant nous allons réduire notre prévision de croissance, qui reste entre 1,7 et 2% » pour 2008, a observé Christine Lagarde.

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Je réprouve absolument l'usage fallacieux des photos pour "illustrer" des articles ; c'est une mode malhonnête qui se retournera un jour contre les journalistes.La photo de Mr Trichet utilisée est particulièrement démonstratrice de l'abaissement général de la presse : l'un y va de sa caricature (quotidienne et stipendiée),l'autre de ses guignols (si drôles qu'ils évitent tout débat ),l'autre encore de ses chapeaux d'articles imbéciles et le dernier de ses photos les plus biscornues et baroques.
C'est vraiment pitoyable ! Ce cinéma autour de l'analyse du vocabulaire employé par Trichet pour anticiper ses futures décisions est totalement grotesque. Quant à Trichet lui-même, qui augmente quand même les taux malgré le contexte boursier et monétaire dramatique "juste pour montrer qu'il est indépendant et qu'il sait résister aux pressions"... Il est parfaitement conscient que c'est une erreur puisqu'il annonce qu'il n'y aura pas d'autre "tour de vis monétaire" mais il essaie de nous faire croire pour sauver la face que 0,25% de hausse des taux ça va suffire à "contenir l'inflation". C'est digne des "guignols"...