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Tony Blair défend une "Europe sociale qui fonctionne"

 23/06/2005 16:00:00  - L'Expansion.com 
 
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Le premier ministre britannique prendra le 1er juillet, pour six mois, la présidence de l'UE. Devant les députés de Strasbourg, il s'est dit "Européen passionné" et a assuré qu'il "n'acceptera jamais de réduire l'Europe à un simple marché économique".

Qu'on se le dise, Tony Blair aime l'Europe. Le premier ministre britannique, qui s'apprête à prendre le 1er juillet la présidence de l'Union européenne pour six mois, est même un « Européen passionné ». C'est ce qu'il a affirmé aux députés du Parlement de Strasbourg, vendredi, dans son discours programme. Après les échanges très vifs sur le problème de la politique agricole commune (PAC) et du rabais britannique,  Tony Blair a appelé à un débat « ouvert et franc » sur l'avenir de l'UE, « loin des échanges d'insultes ».

Isolé de ses partenaires, dont beaucoup lui imputent l'échec du sommet consacré au budget de l'UE, le premier ministre britannique a donné des gages. Souvent caricaturé par Paris et Berlin en défenseur d'une Europe cantonnée à une zone de libre échange, il a affirmé : « Je crois en l'Europe comme projet politique. Je crois en une Europe avec une dimension sociale forte. Je n'accepterai jamais de réduire l'Europe à un simple marché économique ». 

Mais Tony Blair ne s'est pas tout à coup transformé en Jacques Chirac ou en Gerhard Schröder. Il a martelé la nécessité de « moderniser » l'Europe. Il n'a pu s'empêcher de lancer une pique à la France et à l'Allemagne, engluées dans un chômage de masse, en lançant à l'adresse du chancelier allemand : « certains ont suggéré que je voulais abandonner le modèle social européen. Mais dites-moi : quel est le type de modèle qui a 20 millions de chômeurs ? Bien sûr, nous voulons une Europe sociale, mais cela doit être une Europe sociale qui fonctionne ».

Il lui reviendra aussi, pendant les six mois à venir, de poursuivre les négociations sur le budget 2007-2013, qui ont achoppé le week-end dernier. Dans cette perspective, il a mis de l'eau dans son vin en assurant qu'il n'avait pas voulu « renégocier la PAC en une nuit » et qu'il avait été le premier dirigeant de son pays à accepter de « mettre sur la table » le rabais britannique . Mais là non plus, Tony Blair n'est pas une girouette, tout juste un diplomate. Il a immédiatement ajouté : « un budget moderne n'est pas celui qui, dans dix ans, consacrera 40% de ses dépenses à l'agriculture ».

 
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