Dès sa nomination Thierry Breton a dû faire face à la polémique sur d'éventuels conflits d'intérêts. Le nouveau ministre de l'Economie a démissionné de tous ses mandats d'administrateur et cédé ses actions France Télécom.
Avant même son installation au ministère de l’Economie, le successeur d’Hervé Gaymard suscitait une polémique. L’homme, ex-PDG de France Télécom, administrateur de trois grandes sociétés : la banque franco-belge Dexia, de Thomson et de Schneider Electric et membre du conseil de surveillance d’Axa, n’allait-il pas être au centre de conflits d’intérêts ? Dès sa prise de fonction lundi, le nouveau patron de Bercy a résolu la question de ses mandats d’administrateurs en démissionnant de chacun d’eux. Un geste de toute façon obligatoire pour tous les membres du gouvernement. Reste la question de France Télécom beaucoup plus délicate. Difficile en effet de devenir ministre de tutelle de l’Industrie après avoir dirigé un grand groupe de télécoms dont l’Etat détient encore 42,2% des parts. Difficile aussi d’oublier les batailles avec Patrick Devedjian sur des dossiers comme la hausse des tarifs de France Télécom et le changement d’opérateur de téléphonie mobile. Pendant un an, les deux hommes se sont durement affrontés et même si Thierry Breton a toujours affirmé que le ministre délégué à l’Industrie « était dans son rôle », il ne lui a pas moins reproché de céder aux sirènes des consuméristes. Mais ce temps serait révolu selon le porte-parole de l’UMP, Luc Chatel : « Je n’imagine pas un seul instant qu’il puisse y avoir entre les différents ministres un quelconque intérêt divergent. A partir du moment où il a quitté ses fonctions d’administrateur, il n’y a plus de conflit d’intérêt », assure-t-il.
Du côté du parti socialiste on ne l’entend cependant pas de cette oreille : pour le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, la solution est simple: ni Thierry Breton ni les ministres sous son autorité ne devraient « avoir partie liée avec le dossier France Télécom dans l’avenir ». A Matignon, on insiste sur la responsabilité du nouveau ministre qui, par ailleurs, a déjà une connaissance des rouages politiques puisqu’il a lui même été vice-président du Conseil régional de Poitou-Charentes de 1988 et 1992. La question du contrôle des dossiers des télécoms n’est pas encore tranchée. Mais pour l’heure le nouveau ministre a réglé le problème des parts qu'il détenait dans différentes sociétés. Il a cédé ses 11.000 actions France Télécom pour une valeur de 255.420 euros et confié à un gestionnaire indépendant l’ensemble de ses valeurs mobilières. Une décision individuelle qui n'avait cette fois rien d'obligatoire.

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