Le gouvernement espère transférer une partie des excédents de l’Unedic vers les caisses de retraite. Les syndicats préféreraient améliorer l’indemnisation des chômeurs.
Christine Lagarde a réuni patronat et syndicats, mardi, pour entamer les discussions sur la réforme de l’assurance chômage.
Les syndicats ont d’emblée contesté la volonté du gouvernement de contraindre les chômeurs à ne pas refuser plus de deux « offres raisonnables d’emploi », définies de manière univoque sur l’ensemble du territoire.
« Ce n’est pas une proposition librement débattue, c’est une proposition très idéologique qui ne tient absolument pas compte de la réalité du monde du travail ni des personnes », avait déclaré peu avant Annie Thomas, la présidente (CFDT) de l’Unedic, sur BFM.
« Une proposition d’emploi peut être adressée à une jeune femme avec une charge de famille importante et qui a des problèmes de mobilité, qui n’a pas de voiture. Elle peut être adressée à un jeune homme qui a son permis de conduire, sa voiture. C’est le même métier, la même offre mais on peut imaginer que les deux personnes n’ont pas la même réponse en fonction de la distance », s’est-elle expliquée.
Le contrôle des chômeurs n’est cependant pas le seul sujet à l’ordre du jour de ces discussions.
Le gouvernement entend bien convaincre les partenaires sociaux de transférer une partie des excédents des comptes de l’assurance chômage vers les caisses de retraite, pour en combler le déficit.
Après quatre années dans le rouge, les comptes de l’Unedic ont en effet renoué avec l’équilibre en 2006. L’an dernier, ils ont dégagé un excédent de 3,5 milliards d’euros.
Sur 10 personnes au chômage (y compris les seniors dispensés de recherche d’emploi), cinq sont indemnisées par le régime d’assurance chômage, une reçoit l’allocation spécifique de solidarité (ASS), une perçoit le RMI.
Une personne sur 10 au chômage est indemnisable mais non indemnisée. Soit pour cause d’activité réduite, soit pour cause de délai de carence, lorsqu’elle est inscrite de fraîche date sur les listes de l’ANPE.
Deux personnes sur 10 au chômage ne perçoivent rien du tout.
Extrêmement cyclique, le solde de l’assurance chômage profite en effet de la baisse continue des demandeurs d’emploi de catégorie 1 depuis deux ans : les recettes provenant des cotisations augmentent quand les dépenses d’indemnisation diminuent.
Selon l’Unedic, la tendance devrait se poursuivre. Sous l’hypothèse d’un taux de croissance de 1,6% cette année, de 1,7% en 2009 puis de 2% ensuite, et donc d’une poursuite de la décrue du chômage, l’Unedic cumulerait 6,8 milliards d’euros d’excédents en 2010 et 14,8 milliards d’euros en 2011.
Le gouvernement espère donc diminuer les cotisations chômage pour augmenter, dans le même temps, celles des retraites, pour maintenir constant le taux de prélèvement global.
57% des chômeurs ne sont pas indemnisés faute d’avoir suffisamment cotisé.
17% ne sont pas indemnisés car en fin de droits.
26% sont indemnisables mais non indemnisés, pour cause d’activité réduite, ou sur le point de l’être.
La précédente réforme de 2003 a augmenté le nombre de chômeurs non indemnisés. Cette réforme a coupé l’accès à l’indemnisation des personnes ayant le moins cotisé (4 mois dans les 18 derniers mois) et raccourci de 30 à 23 mois, la période générale d’indemnisation.
Les partenaires sociaux ne l’entendent pas de cette oreille.
« Comblons d’abord le déficit de l’Unedic : l’assurance chômage aura encore en fin d’année une dette de 5 milliards », a rappelé Jean-François Roubaud, le président de la CGPME dans un entretien au Figaro, mardi. En outre, « je ne veux pas, si la conjoncture se détériorait, que l’on soit conduit à augmenter un jour les cotisations chômage », s’inquiète le patron des petits patrons.
Les syndicats, eux, veulent donner la priorité à une meilleure indemnisation des chômeurs. D’autant que selon le document de travail remis aux partenaires sociaux, seul un demandeur d’emploi sur deux est actuellement indemnisé par l’assurance chômage (voir encadrés).

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Vous critiquez notre système social mais il est voulu par une majorité de Français. Personne ne cotise pour soi même, on cotise tous pour les autres. J’ai calculé que si la retraite était par capitalisation, après 43 ans de travail sans interruption j’aurais décroché le « jackpot » alors que en 2008 quand je serais à la retraite je ne vais toucher que seulement 2 500 € qui ne représenterons que 70% de mon dernier salaire et comme je n’ai pas d’économies, je serais sinistré, alors que j’aurais pu partir avec un capital de pas loin de 1M€ d’après mes calculs
On ne parle que des seniors au-delà de 50/55 ans. Il serait nécessaire de prendre également en compte les demandeurs d'emploi de la tranche 45/50 qui sont eux aussi exclus du marché du travail et pour lesquels rien n'a été mis en oeuvre. Cadre supérieur, ayant plus de 25 ans d'activité et 24 mois de chômage et de recherche = plus aucune indemmisation, au pretexte que votre conjoint dispose d'un salaire supérieur au minima sociaux. Je suis ravie d'avoir cotisé pendant 30 ans et d'être aujourd'hui "sortie des statitstiques" et de n'avoir droit à aucune indemnisation. Pour avoir le luxe de refuser des postes valables, faudrait-il encore que l'on vous sélectionne sur lesdits postes. Bravo à notre système social.