Alors que le président arrive à mi-mandat, l'institut Thomas-More décortique, en exclusivité pour "L'Expansion", ses réalisations économiques, à l'aune de ses engagements de campagne. Un bilan en demi-teinte.
Jeudi 5 novembre 2009. Nicolas Sarkozy commence sa journée par un sommet franco-polonais à l'Elysée, il enchaîne avec un déjeuner de travail, puis s'enquiert de la grogne des parlementaires contre la suppression de la taxe professionnelle. Un programme ordinaire pour le vibrionnant locataire du 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré ? En apparence seulement. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy vient très exactement d'achever la première moitié de son mandat. Et, du même coup, de déclencher le compte à rebours qui le mènera vers la course au deuxième mandat, en 2012. "Une vraie angoisse pour cet hyperactif qui était pressé de changer le pays en cent jours, selon la formule attribuée à Lénine", confie un fin connaisseur du Palais. D'autant plus que, depuis le 6 mai 2007, le Lucky Luke politique capable de dégainer une loi plus vite que son ombre a pris un sérieux retard sur son tableau de marche. Adepte du coup d'éclat permanent, il semble ouvrir presque quotidiennement des chantiers de réformes sur tous les fronts.
Mais, finalement, combien de projets a-t-il menés jusqu'au bout ? Et pour quels résultats ? Nicolas Sarkozy n'aime pas les bilans, mais, au milieu du gué, l'exercice s'impose. En exclusivité pour L'Expansion, l'institut Thomas-More, un think tank indépendant, a pointé toutes ses réalisations dans le domaine économique depuis son élection pour les mettre en regard de ses promesses. Ont été également étudiées ses annonces de mesures pour lutter contre la plus grave crise économique et financière depuis 1945. Une crise, il faut le dire à la décharge du président, qui aura considérablement pesé sur sa politique. Quelque 541 mesures ont ainsi été passées au crible. Verdict : 38 % de ses engagements ont été tenus à la lettre. En somme, un gros tiers à mi-mandat. Et le reste ? Encore en chantier, avec des ambitions parfois revues en baisse, voire abandonné. Revue de détail.

Avec ses déclarations tonitruantes, ses idées jetées à la diable et son plan de communication bien rodé, Nicolas Sarkozy en fait trop dans le roulement de tambour, mais il passe tout de même souvent aux actes. Les calculs de l'institut Thomas-More l'attestent : depuis le début de son mandat, il prend en moyenne une décision concrète tous les quatre jours. Avec 207 mesures en deux ans et demi, l'activisme présidentiel ne repose pas seulement sur les effets d'annonce, il est aussi législatif et réglementaire. "Le taux de réalisation le plus élevé concerne le domaine de l'entreprise. Environ 60 % de ses promesses sont entrées dans les faits et restent conformes aux annonces de départ", note, en greffier du sarkozysme, Jean-Thomas Lesueur, l'auteur de l'étude. Pêle-mêle : octroi de délais de paiement, nouvelles procédures de sauvegarde, encouragements fiscaux à la transmission, coup de pouce à l'investissement, assouplissement du Code des marchés publics, et sûrement suppression de la taxe professionnelle, malgré la jacquerie parlementaire de sa majorité. Entré en vigueur au début de l'année 2009, le régime de l'autoentrepreneur fait déjà un tabac, avec 32 000 créations pour le seul mois de septembre.
Le costume libéral va bien à l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, dans son élément avec les PDG du CAC 40 comme avec les patrons de PME. "Mais les Français l'apprécient aussi dans les habits de l'interventionniste. En fait, Nicolas Sarkozy réussit quand il fait clairement de la politique. Le consensus mou et le juste milieu ne collent pas avec le personnage", ajoute Stéphane Rozès, politologue à la tête du cabinet d'études CAP (Conseils, analyses et perspectives). Effectivement, depuis la crise, il joue assez bien la carte de l'Etat providence. Le président apparaît comme l'ultime recours pour la sauvegarde des constructeurs d'automobiles et des banques, qui ont bénéficié de crédits publics garantis particulièrement bienvenus au plus fort de la tempête financière, à l'automne dernier. Le gouvernement chiffre à 400.000 le nombre d'emplois préservés ou créés. Et les ménages, dans l'histoire ? "Le crédit d'impôt, la prime de rentrée et le doublement du prêt à taux zéro, pris ensemble, procurent environ 0,5 % de pouvoir d'achat supplémentaire. Environ un jour de paie", calcule Mathilde Lemoine, économiste à la Banque HSBC.
L'économiste André Zylberberg ne veut pas se laisser duper par les apparences. Pour ce sarkologue reconnu, directeur de recherche à la Sorbonne et auteur d'un ouvrage peu amène sur les réformes du président (1), "l'homme suit invariablement le même schéma : il annonce haut et fort des réformes structurelles, et il les édulcore peu à peu, en partenariat avec les groupes de pression". Côté jardin, Sarko bombe le torse. Côté cour, Nicolas marchande. La liste des concessions est longue. Sur la taxe carbone, il finit par exonérer les électriciens et en partie les routiers et les agriculteurs. Sur les régimes spéciaux, il parvient à aligner la durée de cotisation des gaziers et des cheminots sur celle du privé, mais avec des aménagements tels que la Cour des comptes considère comme quasi nul le gain financier pour la collectivité.



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Realiser 38% des promesses alors que ces objectifs inities alors que la crise actuelle n'existait pas ,dans une France ou chacun admet qu'il faille réformer mais sans que cela le touche, je dit bravo . Qu'on fait Mitterrand le dieu des scandales ,Chirac plutot passif? Certes il reste beaucoup à faire pour arriver au niveau de l'Allemagne notamment dans la réduction des fonctionnaires Je rapelle que Mitterrand a crée 1500000 postes de fonctionnaires qu'il faut toutes les années payer les retraites.Un peu de bon sens messieurs les journalistes
Ce qui est intéressant, c'est de voir quelles promesses sont tenues, les promesse à la clientèle UMP doivent être à un peu plus en pourcentage non??
oui, mais il reste 72% à faire, il va falloir à Nicolas un super super jet pour y arriver et un peu moins de vent mais de l'action concrète..
Selon l'Institut Thamas More, 38% des promesses du candidat NS ont té tenues.Soit.Mais quelle est la pertinence de ces réformes pour le pays?.Le chômage n'arrête pas de progresser, les déficits publics sont abyssaux, les déficits des organismes sociaux n'ont jamais été aussi importants, alors, pourquoi ces réformes, à quoi servent-elles sinon à faire croire que l'on agit.La gestion de cegouvernement est calamiteuse, tous les clignotants sont au rouge et on murmure içi et là, que NS se prépare pour le prochain mandat. Ce gouverment non seulement n'a pas été à la hauteur de nos attentes mais en plus il ne manque pas d'air.Avec des résultats pareils, il devrait raser les murs et se faiere oublier au lieu de parader comme il le fait et a le toupet d'envisager sa candidature.Jamais le mensong n'a été porté plus haut, on professe la culture du résultat mais pas pour soi-même. Pauvre France, tout va à vau l'eau!
Si vraiment Sarko a réussi à 38% après un demi mandat, dans cette France qui sait quelle doit changer mais dont les citoyens ont horreur du changement, c'est faramineux, à peine croyable. Bravo, monsieur, je vous lève mon chapeau bien haut!