La référence « la concurrence libre et non faussée » figure dans la liste des objectifs européens depuis les premiers traités de l'Union. Son retrait du « mini-traité » en cours d'élaboration inquiète la Commission. Nicolas Sarkozy pense à sa ratification en France par voie parlementaire.
La mention explicite avait hérissé le poil en France des adversaires du traité constitutionnel européen. Trop libéral, avaient-ils jugé. Nonobstant le fait que ce dogme fait partie des « objectifs de l'Union » définis par les traités européens depuis 1957. Nicolas Sarkozy a donc demandé à la chancelière Angela Merkel le retrait de la référence à « la concurrence libre et non faussée » du nouveau traité. « Il ne faut pas oublier que 55% des Français ont voté non dans mon pays », a-t-il fait valoir à ses partenaires pour justifier sa demande. Selon le porte-parole de la présidence française, le texte en cours d'adoption indiquerait simplement que « l'union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures et un marché intérieur ». Il reprendrait en outre les engagements européens en faveur du « plein emploi » et de la « cohésion sociale ».
Les défenseurs de libéralisme n'ont pas été longs à réagir. Selon l'édition de vendredi du Financial Times, qui en fait son sujet de une, le commissaire européen à la concurrence Mario Monti s'inquièterait qu'une telle disposition n'affaiblisse la Commission dans sa lutte contre les monopoles et les ententes illégales. Dans la journée, le porte-parole du président de la Commission José Manuel Barroso faisait savoir qu'il se refusait à « revenir en arrière sur les politiques qui sont au cœur de l'action européenne ». Pas question pour Bruxelles d'abandonner « même une parcelle de compétences », ajoutait une source communautaire citée par l'AFP. La proposition française a également provoqué le « souci » de Tony Blair. Le premier ministre britannique, in extremis, a exigé un entretien avec Nicolas Sarkozy pour obtenir « une clarification sur cette question ». La France « n'est pas contre la concurrence, mais pas comme un objectif. L'objectif, c'est la prospérité, la croissance » s'est défendu ce dernier.
Pourtant, la réforme initiée par le président français est d'ordre cosmétique. Si elle disparaît de la liste des objectifs de l'Union, la référence à la concurrence libre et non faussée est présente ailleurs dans le traité, rappellent des diplomates européens. Mais pour Nicolas Sarkozy, les mots ont leur importance. Cette attention portée à la syntaxe communautaire vise à se concilier les parlementaires de l'opposition en France. Leur soutien sera nécessaire pour une éventuelle révision de la constitution en vue de l'adoption du nouveau traité. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy a multiplié les clins d'œils à leur égard. Apparaissant au côté de ses ministres des affaires étrangères, Bernard Kouchner, et des affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, tous deux venus de la gauche, il a fait remarquer aux journalistes : « je suis le seul non socialiste de la délégation ».

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il semble ce soir qu l on a avancé sur ce sujet et dans le sens que le souhatait hicolas sarkozy alors attendons le communiqué final pour en savoir un peu plus et on n en reparlera ensuite.