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Retour en Europe

Alain Louyot -  01/05/2008  - L'Expansion 
 
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Attendue sur des dossiers brûlants, la présidence française du Conseil européen devra aussi prouver que notre pays peut redevenir une locomotive pour les Vingt-Sept.

Le mariage transalpin de Nicolas Sarkozy augurerait-il d'une période idyllique pour l'Union ? Certes, il serait vain de rêver que la prochaine présidence française du Conseil européen, qui s'ouvrira début juillet, puisse se métamorphoser par la seule grâce de cet hyménée en lune de miel communautaire. Mais on peut néanmoins espérer que le chef de l'Etat aura à cœur de démontrer combien, pour lui, cette prise en charge des destinées du Conseil européen jusqu'à fin 2008, « c'est du sérieux » ! Car, d'un bout à l'autre du Vieux Continent, les attentes de nos partenaires sont grandes depuis que, à peine élu, le nouveau président de la République a annoncé avec force qu'il serait l'homme du « retour de la France en Europe ».

La ratification du traité de Lisbonne est déjà un pas dans la bonne direction, puisqu'elle a mis fin à une stérilisante période d'incertitudes consécutive au non des Français et des Néerlandais au référendum de mai 2005 sur le texte de la future Constitution des Vingt-Sept. Mais il reste un long chemin à parcourir avant que la France retrouve le rôle moteur qu'elle avait naguère en tête du train européen, aux côtés de l'Allemagne. Avec Berlin, il conviendra d'abord de resserrer des liens distendus avec les divergences apparues récemment sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) ou sur le projet d'union pour la Méditerranée. Cet axe franco-allemand doit non seulement être reconstitué, mais également élargi à la Grande-Bretagne afin de tracter plus efficacement le long convoi de l'Union des Vingt-Sept.

Autre condition pour réussir ce « retour » promis de la France en Europe : se fixer un cap et s'y tenir pendant ces six mois à la barre. Ce cap, après les tapageuses manœuvres de l'élargissement qui ont fait diversion en l'absence de réelles avancées communautaires, pourrait se matérialiser, dans le contexte de crise économique mondiale, par de salutaires initiatives, notamment dans les domaines de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, visant à rattraper le très sérieux retard pris par notre pays au regard des objectifs de compétitivité de la stratégie de Lisbonne (selon un tout récent rapport, la France n'en atteint que trois sur quatorze !). Autres dossiers prioritaires de cette présidence française qui ne peut se payer le luxe de décevoir : l'efficacité de la politique agricole commune dans le contexte alarmant de la pénurie alimentaire qui affecte les pays les plus pauvres de la planète, le rôle de la BCE pour lutter contre l'inflation et reconquérir la croissance, les moyens qu'exigent les nouvelles ambitions de la défense européenne, les mesures à prendre pour moraliser le capitalisme financier, ou encore le renforcement de la coopération entre pays membres afin de mieux lutter contre le réchauffement climatique, avant la conférence internationale qui se tiendra à Copenhague en 2009. Bien sûr, nul n'escompte l'achèvement de ces nombreux chantiers en un laps de temps aussi restreint, mais, pour peu que Nicolas Sarkozy parvienne à les mettre sur les rails au cours de ce prochain semestre, ce serait le signal que la locomotive France refuse de devenir l'un des derniers wagons de l'Europe.

 
Commentaires - (1)
L'indépendant 3/5/2008 Recommander 0

Ainsi selon Mr Louyot, "la ratification du Traité de Lisbonne est déjà, un pas dans la bonne direction". On croit rêver ! Cette ratification est au contraire un scandale et une très mauvaise chose pour notre pays ! En effet le Traité de Lisbonne n'est que le clône de la Constitution européenne rejetée par les français et les néerlandais en 2005. En conséquence l'adoption de ce nouveau texte est un déni total de démocratie. La France n'a pas besoin de l'Euope pour vivre, loin de là... On se passrait forty bien de cette Europe, technocratique, umtra-libérale, pourvoyeuse de chômage et de misère.

 
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