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Remettre les seniors au travail, quel boulot !

Marc Landré -  30/5/2008 00:00  - L'Expansion 
 
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Aucune mesure dans le passé n'a convaincu les entreprises de ne pas se débarrasser des 55-64 ans. C'est pourtant une des clés de la réussite du plan retraites du gouvernement.

Les chiffres d'un échec français

- 2,3 % : C'est la baisse du taux d'emploi des hommes de 55 à 59 ans depuis 2003.

1 sur 17 : Seulement 6 % des cadres recrutés ont plus de 50 ans.

6 % : C'est le pourcentage de salariés cotisant au-delà de la durée requise pour une retraite à taux plein.

841 retraites progressives : Le cumul retraite-emploi à temps partiel a séduit moins d'un millier de personnes en 2007.

Priorité des priorités, l'emploi des seniors ? Assurément, à en croire le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et les syndicats. L'équation est simple : outre l'allongement de la durée de cotisation à 41 annuités, la solution de la question du financement des retraites passe inévitablement par une hausse du taux d'emploi des 55-64 ans, ridiculement bas en France : seulement 38,3 % d'entre eux travaillaient en 2007 (presque deux fois moins qu'en 1970 !), contre 46,6 % dans l'Europe des Quinze. Or il ne sert à rien de repousser l'âge théorique du départ à la retraite si moins de quatre salariés sur dix sont concernés.

Comment inverser la tendance ? En 2003 déjà, l'emploi des seniors était présenté comme une priorité. Lors de l'acte I de la réforme des retraites, François Fillon, alors chargé de la question au ministère des Affaires sociales, tenait au mot près le même discours que Xavier Bertrand aujourd'hui. L'actuel Premier ministre avait d'ailleurs pris des mesures pour inciter les salariés âgés à rester actifs, et les employeurs, à les garder, afin de tendre vers un taux d'emploi des seniors de 50 % en 2010, objectif fixé au début de la décennie à tous les pays de l'Union européenne. Résultat nul, ou presque.

Cinq branches à la traîne : part des 55-59 ans dans l'emploi

Services aux entreprises : 6,4%

Energie : 6,6%

Transports : 6,7%

Industries agricoles : 7,1%

Industrie automobile : 7,4%

Ensemble : 8,8%

Source : DGEFP, 2007

Sous l'effet du dispositif « carrières longues » (retraite accordée avant 60 ans aux salariés qui ont commencé à travailler tôt et qui bénéficient de tous leurs trimestres, soit plus de 400 000 personnes), le taux d'emploi des hommes âgés de 55 à 59 ans a baissé de 2,3 points. Quant à l'âge de liquidation de la retraite, il a diminué de huit mois pour atteindre 60,7 ans en 2007. « C'est tout sauf une réussite », constate Danièle Karniewicz, la présidente de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (Cnav), qui a vu les comptes du régime général plonger dans le rouge un peu plus vite que prévu. Pour le reste, c'est le statu quo. La surcote (qui permet de cotiser au-delà de la durée requise pour augmenter sa pension) n'a convaincu que 40 000 personnes en 2007. Quant aux retraites progressives, dont la publication des décrets d'application a pris trois ans parce que Bercy trouvait le dispositif trop coûteux, 841 nouveaux dossiers seulement ont été établis l'année dernière.

Au-delà des mauvaises incitations législatives, il faut dire que le comportement des employeurs évolue lentement. « On ne change pas du jour au lendemain des habitudes qui existent depuis les débuts du chômage de masse, il y a trente ans », s'excuse le DRH d'un grand groupe. « Même si le choc du vieillissement démographique a été annoncé il y a longtemps, les entreprises attendent souvent d'être confrontées à des départs à la retraite massifs pour réagir », regrette Jean Cassingena, directeur des études stratégiques et des politiques de ressources humaines d'Areva. Or peu d'entre elles se sentent au pied du mur. Les plus de 55 ans sont écartés des dispositifs de formation continue autant qu'avant, seul un senior sur cinq y ayant accès en France, contre un sur deux en Suède.

En cas de crise, les plus âgés premiers visés

Le conseil aux entreprises et les hôtels-cafés-restaurants sont les secteurs qui emploient le moins de quinquagénaires. Le premier, à cause de sa montée en puissance récente, et donc du recrutement de bataillons de jeunes consultants. Le second, en raison de la pénibilité des métiers proposés.

Mais les mauvais élèves en matière d'emploi des plus âgés sont surtout les branches qui, en raison des violentes restructurations de ces trente dernières années, ont été grandes consommatrices de dispositifs publics de préretraite aux sigles barbares (CATS, ASFNE, FCAATA...) : sidérurgie, mécanique, métallurgie, chimie, automobile, pétrole, ferroviaire...
Certains secteurs de services, telles la banque et l'assurance, ont aussi abusé de ces dispositifs, pour remodeler leur pyramide des âges à moindre coût. A une époque, il n'était pas rare d'être inactif dès 52 ans. Même des industries d'avenir, comme l'informatique, y sont allées de leurs mesures pour remplacer les vieux ingénieurs. « Ironie de l'histoire, tous ces experts jugés has been en leur temps sont aujourd'hui très recherchés, car ils sont les seuls à maîtriser certaines technologies qui nécessitent des mises à jour ou des adaptations profondes », commente Gilles Effront, directeur général d'Experconnect, société spécialisée dans la mise à disposition d'experts retraités pour des missions à haute valeur ajoutée, dont le business est en plein boom.

Les salariés âgés restent une variable d'ajustement, et les premières victimes - souvent consentantes (un sur deux ne souhaite pas allonger sa carrière) - des restructurations. « Ils sont toujours considérés, à tort, comme moins mobiles et moins polyvalents », explique le chercheur Serge Volkoff. « Les préretraites sont restées une solution pratique et consensuelle qui a souvent évité de recourir aux licenciements secs », note Charlotte Duda, présidente de l'Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), dont une récente étude indique que seulement une entreprise sur six a mis en place une politique de gestion de carrière pour les plus de 50 ans. Résultat : 700 000 personnes âgées de 55 à 59 ans (12 % de la classe d'âge) bénéficiaient d'un dispositif de cessation anticipée d'activité en 2007. Mais la proportion réelle de seniors exclus du marché du travail est bien plus importante, cette statistique ne prenant pas en compte les préretraites du privé, financées par les entreprises, ni celles déguisées en congés maladie de longue durée ou en licenciements pour inaptitude.

Objectif avoué de la mobilisation générale en faveur de l'emploi des seniors : rattraper rapidement la moyenne européenne. « Il s'agit de rompre avec l'hypocrisie dans laquelle on s'est enfermés depuis trois décennies », explique le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez, cogestionnaire du dossier. Fini les déclarations d'intention et les demi-mesures de façade. Place à l'incitation et à la coercition préventive. Les futurs retraités seront donc plus fortement incités à rester en activité, notamment via une hausse de la surcote ou une libéralisation des possibilités de cumul emploi-retraite.

 
Commentaires - (1)
paulto 4/6/2008 Recommander 0

Bonjour, C'est exactement pour cela que nous avons créé le site internet www.les-retraites-travaillent.fr, pour permettre et aider les retraités qui le souhaitent à reprendre un emploi et/ou une activité pour compléter leur retraite, mais également apporter une réponse intéressante aux entreprises, associations ou autres particuliers à la recherche de personne sérieuse et compétente. Nous-mêmes, nous nous chargeons de promouvoir les offres auprès de nos membres et sur internet. Alors, nous invitons tout les retraités à aller sur la page d'accueil du site et d'y déposer leurs annonces, c'est simple et rapide cela ne prend pas plus de 5 minutes. Pour déposer une annonce il faut cliquez sur "Déposer" dans l'encadré noté "Déposer une annonce" et puis il ne reste plus qu'à se laisser guider en répondant aux questions. Si toutefois certaines personnes rencontre des difficultées, elles ne doivent pas hésitez pas à nous contacter. Bien cordialement, L'équipe http://www.les-retraites-travaillent.fr

 
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