
Pour contrer la poussée inflationniste, la banque centrale européenne devrait maintenir son principal taux directeur inchangé à 4%, jeudi comme dans les semaines qui viennent. Sauf si...
La situation en zone euro est saine, estime la BCE. Rien à voir en tous cas avec celle des Etats-Unis ou même de la Grande-Bretagne, au regard de ses fondamentaux économiques et tout particulièrement de l’endettement des ménages ou des entreprises.
Certes, il existe bien des menaces sur sa croissance. Mais pour l’institut de Francfort, ils demeurent limités. Pour s’en convaincre, la BCE s’en réfère principalement à la première économie de la zone, l’Allemagne.
De l’autre côté du Rhin, la production industrielle était en hausse de 0,4% sur un mois, en février. Un résultat médiocre, pénalisé notamment par le recul des commandes étrangères, ralentissement mondial oblige. Malgré cela, l’acquis de croissance de la production manufacturière est déjà de 2,5% au 1er trimestre 2008, estiment les économistes de la BNP Paribas. Pas de quoi fouetter un chat selon la BCE.
Pour Jean-Claude Trichet et ses pairs, le risque principal demeure l’inflation, toujours alimentée par la hausse des cours de l’énergie, des matières premières et des denrées alimentaires. La hausse des prix en zone euro demeure supérieure à 3%, soit un point de plus que l’objectif que s'est fixé la BCE.
Les économistes en sont certains, la Banque centrale européenne devrait en toute logique laisser inchangé son principal taux directeur à 4%, lors de la réunion du conseil des gouverneurs, jeudi.
Au-delà, la BCE devrait « conforter les attentes d’un statu quo monétaire jusqu’à la pause d’été », estime Alexander Krüger, économiste à la Bankhaus Lampe.
Qu’est ce qui pourrait lui faire changer d’avis ? « La BCE ne baissera ses taux que si elle observe des signes de ralentissement marqué du côté de l’Allemagne », analyse Jean-Michel Six, chef économiste de Standard & Poors, dans une interview vidéo à l'agence New York French Press.
Selon lui, « sans être dramatiques, ces signes de ralentissement devraient devenir disponibles ». Aussi faut-il s’attendre à « une baisse de taux de 25 points de base durant l’été », pronostique-t-il.
« Cependant, il ne faut pas trop attendre d’une telle baisse, presque symbolique », prévient Jean-Michel Six, pour qui « son effet sur l’économie, si tant est qu’il y en ait un, ne devrait pas être extrêmement évident ».

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