
Diogène est un groupe d'acteurs et d'observateurs de l'économie et de la finance qui s'exprime régulièrement dans L'Expansion, sur LExpansion.com et slate.fr pour battre en brèche les idées reçues sur la crise et la finance mondiales. Ses membres sont aujourd'hui Patrick Artus, Philippe Bajou, Patricia Barbizet, Jean Pascal Beauffret, Michel Castel, Sylvain de Forges, Jean Louis Fort, Bertrand Jacquillat, Christian Merle et Olivier Pastré.
Les bourses sont soumises à un double défi concurrentiel que la crise n'a fait qu'accentuer. Le premier défi concurrentiel est celui des métiers. Les bourses ont vu, au cours des dernières années, se développer de redoutables alternatives, et de non moins redoutables concurrents.
Du côté des alternatives, l'explosion des marchés de gré à gré (sans parler des marchés de purs produits dérivés qui ne sont jamais passés sur quelque bourse que ce soit) a marginalisé progressivement les marchés boursiers organisés, qui aujourd'hui pèsent à peine le dixième de ces nouveaux espaces de négociation des produits financiers. De plus, au sein même de l'univers des marchés boursiers, sont apparus sur les métiers historiques des bourses deux nouveaux concurrents: les MTF (Multilateral Trading Facilities, aux noms exotiques et peu connus du grand public: Bats, Turquoise, Chi - X...) qui, notamment aux USA, grIgnotent efficacement les parts de marchés des opérateurs traditionnels; et, en Europe notamment, les grands établissements bancaire qui peuvent, désormais, choisir de "compenser" en leur propre sein les ordres reçus de leurs propres clients (c'est ce que l'on appelle l'"internalisation", encouragée par la directive européenne MIF - Marchés d'Instruments Financiers - de 2007).
A ce premier défi concurrentiel, s'en superpose un second, celui des places. Le G20 a en effet entendu favoriser, à très juste titre, la diminution de la part relative des opérations de gré-à-gré au profit d'un traitement "ordonné" de contrats-type, notamment en ce qui concerne le produits dérivés les plus usuels. Au-delà de cet accord de principe tout pertinent qu'il soit, les réformes prises en conséquence de la crise ne font donc qu'exacerber la concurrence entre places financières. Londres, qui semblait « KO debout », au début de la crise, s'est réveillé. C'est bien normal. C'est, en effet, 10 % du PNB britannique qui est en jeu. Quant aux Etats Unis, qui ont tant de mal à réorganiser leur industrie financière bipolaire (quelques « global players » et des myriades d'intermédiaires financiers et de banques lilliputiennes) n'ont pas attendu leur « grand soir » réglementaire (qui risque de ne jamais arriver...) pour se positionner sur le nouvel eldorado que constitue la compensation des marchés de gré à gré. S'ajoute à cela la concurrence des pays émergents désireux, dans ce domaine comme dans les autres, de ne pas être relégués en bout de table.
Dans cette nouvelle « guerre mondiale » des marchés financiers, La place de Paris doit toutefois se défendre. Les banques françaises et les grands émetteurs industriels dont le siège social est à Paris feraient bien de ne pas se laver les mains de ce qui pourrait devenir si l'on y prend garde une « crucifixion » de cette Place. Les Pouvoirs publics doivent, de leur côté poursuivre à grand pas le ménage réglementaire commencé avec, entre autres, la révision du statut social des impatriés et la mise à niveau du cadre réglementaire de la finance islamique. Il serait temps que l'avenir de la Place de Paris sorte des colonnes de la presse ultra-spécialisée. Et, pourquoi ne pas envisager que l'Europe trouve dans l'organisation des bourses un véritable vecteur de progrès ? L'organisation des chambres de compensation des marchés de gré à gré leur en offre l'occasion. Pourquoi ne pas saisir celle-ci ? Qui sait : ce serait peut-être le moyen de rouvrir le dossier de la création d'une véritable bourse pan-européenne ?

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Cet article semble avoir ete ecrit dans les annees 90, il denote une drole de myopie face a la realite. La place financiere de Paris ne represente plus grand chose dans le paysage financier international...et cele n'est pas pret de changer... Londres est a elle seule plus importante que Paris, Frankfort et toutes les places miniscules (Madrid, Milan...)...tout les talents francais sont debauches a Londres, NY et en Asie (ou je travaille)... Je ne vois pas comment les voeux pieux de cet article pourraient inverser la tendance.
Il faudrait d'abord que les francais se debarassent de leurs idees socialo-marxistes et commencent a admirer les investisseurs et entrepreneurs.