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Energie

Pourquoi le pétrole va repartir à la hausse

Danièle Licata -  13/10/2008 12:55  - L'Expansion.com 
 
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La dégringolade spectaculaire du prix des matières premières et du pétrole a des causes bien particulière. Mais l'or noir ne semble pas pouvoir rester sous les 100 dollars à long terme.

La dégringolade du prix des matières premières est le signe que la crise financière est sortie du périmètre de Wall Street, de la City et du palais Brognard. Les produits de base sont en passe d’enregistrer leur plus fort déclin depuis 2001. Le cours du Brent, le baromètre du marché, a filé sous les 80 dollars le baril. Il se traitait autour de 150 dollars à la mi-juillet. C’est acquis, les matières premières ne sont plus le rempart contre la crise et contre l’affaiblissement du billet vert. Alors comment peut-on expliquer une telle chute ?

D’abord, parce que les investisseurs continuent à craindre que les conséquences de la débâcle des « prêts pourris américains » ne freinent violemment la croissance économique mondiale et n’entame la demande de matières premières. A juste titre : sur les quatre dernières semaines, les Américains ont consommé en moyenne 18,7 millions de barils par jour de produits pétroliers, en baisse de presque 9% par rapport à l’année dernière.

La grande inconnue reste donc les pays émergents et leur capacité à résister à la crise. Car aujourd’hui, ils assurent la quasi totalité de la croissance de la consommation d’or noir. Suspendus à l’appétit de la Chine, notamment, le pétrole pourrait flirter avec les 75 dollars dans les prochains jours. Dans le même temps l’offre se montre plus abondante. Le rapport du Département américain de l’Energie a révélé une forte hausse des réserves de brut (8,1 millions de barils) et d’essence (7,2 millions).

Mais cette dégringolade en un temps record ne s’explique pas seulement par une baisse de la demande et une offre plus généreuse. N’oublions pas la spéculation qui représente aujourd’hui jusqu’à la moitié des transactions de certaines matières premières, celles-ci jouant le rôle de valeur refuge. Considérées désormais comme des produits financiers à part entière, elles ont attiré de nombreux fonds désireux de diversifier leurs placements et de se protéger contre la dépréciation du dollar. Or aujourd’hui, le phénomène joue en sens inverse. Cédant à la panique financière, les investisseurs désertent en rangs serrés le marché et surtout rapatrient en urgence leurs capitaux par dizaine de milliards pour satisfaire les demandes de remboursement de leurs clients.

Reste à savoir si les cours de l’or noir resteront durablement moins chers. Pour les experts du Crédit agricole, une fois le stress passé, les marchés vont reprendre leur souffle et le pétrole des couleurs. En effet, à plus long terme, le potentiel de baisse du pétrole sous la barre des 100 dollars paraît peu probable.

Le prix du brut dépendra de la stratégie des pays de l’OPEP qui peuvent très bien décider de restreindre leur production et d’assécher le marché pour faire augmenter les cours. Or la hausse des volumes est absolument nécessaire pour faire tourner l’économie mondiale et surtout pour satisfaire l’appétit d’ogre de la Chine, qui devrait tripler dans les dix ans à venir, mais aussi de l’Inde et du Moyen-Orient. Si les pays pétroliers n’ouvrent pas les vannes alors que le marché en a structurellement besoin, les prix ne peuvent qu’augmenter.

A cette stratégie de l’OPEP s’ajoute le sous-investissement des grandes compagnies pétrolières et donc des dfificultés à accrôitre l'offre. Sans compter que les réserves américaines (notamment de « distillats » qui englobent le fioul domestique) sont trop justes, selon le département américain de l’Energie. Enfin, les gisements sont de plus en plus chers à exploiter. Avec la montée en puissance des projets comme l’exploitation des sables bitumineux au Canada, le coût marginal de production a explosé, avoisinant presque 80 dollars par baril.

 
Commentaires - (1)
René-Pierre 14/10/2008 Recommander 3

Si les compagnies pétrolières n'investissent plus c'est peut être le signe de la décroissance des réserves de pétrole. CQFD. Quant aux sables bitumineux il ne recèlent que peu d'huile et coûtent très cher en exploitation. Est-ce vraiment rentable et raisonnable de continuer dans cette voie quand on voit la destruction de l'environnement que cela implique ? Bientôt, peut être que ça a commencé, on fera de même avec le nucléaire (uranium) pour aller chercher les dernières ressources uranifères avec des densités d'uranium très faibles et donc on détruira encore plus la nature pour peu de résultats. Ce n'est pas non plus raisonnable et aura un coût économique et écologique astronomique. Alors il va être temps de se rendre à l'évidence : plus de pétrole (on a dépassé le pic de production) et plus d'uranium. Ce qui signifie qu'il est aussi temps de trouver des solutions de remplacement. Il en existe qui passent par l'économie des énergies et l'écologie, seules voies véritablement d'avenir. Le seul véritable problème est lié en France, d'une part à la décroissance rapide du nucléaire civil trop accaparant, et d'autre part au maintien prioritaire des capacités militaires.

 
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