Lancé par le démographe Emmanuel Todd en décembre, le débat sur le protectionnisme trouve un écho dans le programme de nombreux candidats à la présidentielle. Le thème est en revanche beaucoup plus controversé chez les économistes et les intellectuels.
Invité à la mi-décembre par Dominique de Villepin à ouvrir la conférence sur l'emploi et les salaires, le démographe Emmanuel Todd avait mis les pieds dans le plat en vantant les mérites du protectionnisme. S'il s'est immédiatement attiré les foudres du patronat, par les voix de Laurence Parisot, pour le Medef, ou de Jean-François Roubaud, pour la CGPME, le thème protectionniste n'en trouve pas moins grâce aux yeux de nombreux candidats à l'élection présidentielle. Et c'est au niveau européen qu'ils veulent l'imposer, soit par des taxes pour les uns, soit par des normes pour les autres, afin de protéger nos marchés de l'afflux des produits de pays émergents qui bénéficient de bas salaires, et qui ainsi menacent emplois et salaires dans les pays occidentaux.
Thème traditionnel à l'extrême droite, le protectionnisme se retrouve dans le programme du Front National via une nouvelle fiscalité douanière, à moduler en fonction des pays et des droits sociaux et règles environnementales qu'ils appliquent. Cette taxe donnerait lieu, en échange, à une ligne de crédit que ces pays exportateurs pourraient utiliser pour acheter des produits européens.
Le protectionnisme a également droit de cité à l'UMP, où « protection n'est pas un gros mot » reconnaît Nicolas Sarkozy. Lequel prône « une Europe qui protège ses intérêts et ses peuples dans la mondialisation ». Comme le Front National, le programme de l'UMP évoque ainsi une taxe au niveau européen pour parer à l'afflux de produits bon marché fabriqués grâce à de faibles coûts de main d'œuvre et à des normes environnementales « défaillantes ». Un protectionnisme industriel est aussi mis en avant, pour éviter que des OPA du type de celle de Mittal sur Arcelor ne se multiplient : selon l'UMP, l'Union européenne pourrait détenir une participation au capital pour empêcher toute tentative d'OPA hostile provenant de pays extracommunautaires.
Au parti socialiste, on affiche une sorte de protectionnisme « détourné », moins « voyant ». Le parti socialiste refuse d'appliquer de nouvelles mesures tarifaires ou des quotas d'importations. Mais il suggère de « produire des normes et de les imposer au reste du monde, à l'image de ce que font les Américains ». Il faut, selon le PS, protéger certaines filières au niveau européen, comme l'électronique, l'aéronautique, l'agro-industrie et les biotechnologies. Idée plus interventionniste encore, le PS propose d'imposer aux gouvernements et aux grandes compagnies nationales une discipline d'achats européens.
Chez les Verts, Dominique Voynet voudrait, elle aussi, protéger certains secteurs, les plus exposés ou en crise, en les faisant cette fois bénéficier d'une réduction fiscale. Elle propose également d'appliquer un impôt européen unique sur les sociétés.
Même à l'UDF, le protectionnisme n'est pas un sujet tabou. Mais il est à "manier avec prudence" confie Marielle de Sarnez, la directrice de campagne de François Bayrou. Dans les faits, le parti centriste estime ainsi que l'Union européenne doit tout faire pour promouvoir ses normes sociales et environnementales... mais uniquement dans le cadre des accords de libre-échange.
Au final, et c'est peut-être a priori surprenant -, c'est le Parti communiste qui se montre le plus ouvertement hostile au protectionnisme. Lequel ne viserait qu'à « protéger des rentes de situations, à protéger des dividendes ou une politique de gestion réactionnaire », selon Yves Dimicoli, membre du comité exécutif du parti en charge des questions économiques et européennes. A l'inverse, le parti veut mettre en place de nouveaux types d'alliances avec les pays émergents.
Dans ce débat politique finalement assez feutré, à défaut d'être totalement consensuel, les intellectuels et les économistes font preuve de beaucoup plus de virulence. Pour l'illuster, LExpansion.com a recueilli les opinions de quatre "pro" et de quatre "anti" protectionnisme.
Les Pros :
Emmanuel Todd :
"Le protectionnisme mérite un examen sérieux"
Xavier Timbeau :
"L'Europe pêche par excès de sainteté commerciale"
Hakim El Karoui:
"La France a le devoir de défendre l'idée d'un protectionnisme européen"
Jean-Luc Gréau :
"Instaurer un droit anti-dumping social"
Les Antis:
André Sapir :
"Le protectionnisme européen est finalement une idée très française"
Elie Cohen :
"On observe une résurgence d'un prurit anti-économie de marché"
Philippe Moreau Defarge:
"Le protectionnisme ferait de l'économie européenne un lavabo d'eau stagnante"
Jean Pisani-Ferry:
"Le protectionnisme offre une protection illusoire"

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je croyais que c était deja en route après les accords de meestrich je vois qu il y a encore du pain sur la planche mais si on n y prend pas garde on sera bouffé par les grands pays il faut agir la aussi très vite.
A l'heure ou le PIB des pays euroland est constitué à 75% de services et à 20% de production industrielle,on pourrait augmenter la TVA sur les produits industriels non alimentaires et baisser quelque peu celle sur les services...au niveau euroland. Ceci permettrait d'une part de renchérir le prix des produits importés et de diminuer ceux (essentiellement les services) produits chez nous. Si l'on dose bien les choses on pourrait ainsi combler quelques déficits dus aux élocalisations. Qui parle de droits de douane ou de protectionnisme?
si ca consiste precisement a eliminer au lieu d aligner toutes les protections sociales?
Que n'interrogez vous le parti de la liberté. Alternative Libérale (http://www.alternative-liberale.fr/) ?