
Le rapport sur la mesure du bien-être a été remis ce lundi à Nicolas Sarkozy. La commission, présidée par le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, veut compléter le PIB par toute une série d'indicateurs, de l'environnement à la santé en passant par les activités non-marchandes.
Une série d'indicateurs doit être mise en place afin de mettre davantage l'accent dans les statistiques économiques sur la mesure du "bien-être" que sur celle de la production, selon le rapport de la Commission Stiglitz remis lundi matin au président Sarkozy.
"Il est temps que notre système statistique mette davantage l'accent sur la mesure du bien-être de la population que sur celle de la production économique", écrit cette commission de 22 experts chargée en 2008 par l'Elysée de mener une réflexion sur la mesure de la croissance et présidée par le Prix Nobel d'économie américain, Joseph Stiglitz. A l'heure actuelle, la croissance économique est mesurée par le produit intérieur brut (PIB), qui reflète le niveau de production de biens et de services dans un pays et dont la pertinence est depuis longtemps contestée.
Ces experts rappellent ainsi que "les embarras de la circulation peuvent faire croître le PIB du fait de l'augmentation de la consommation d'essence" sans pour autant améliorer la qualité de vie, pouvant conduire à une "vision biaisée" des tendances économiques, selon le résumé de leur rapport distribué à la presse. "Le PIB n'est pas (...) erroné en soi, mais utilisé de façon erronée", notamment quand il est présenté comme "une mesure du bien-être économique", ajoute le rapport. Cette confusion risque d'aboutir à des "indications trompeuses" et d'entraîner des "décisions politiques inadaptées", selon le document qui préconise de compléter le PIB par "une série d'indicateurs".
Ces nouveaux instruments devraient notamment permettre de prendre en compte les activités non-marchandes (travaux domestiques, bénévolat), les conditions de vie matérielles (revenu par catégorie sociale), la santé ou l'insécurité, tout en reflétant davantage les inégalités sociales, générationnelles, sexuelles et celles tenant à l'origine culturelle. La Commission plaide également pour des indicateurs prenant en compte l'environnement.
Voici les douze recommandations formulées par la commission Stiglitz pour mieux mesurer les performances économiques et le progrès social :
1 - Pour mesurer le bien-être, regarder les revenus et la consommation
Le PIB mesure essentiellement la production marchande, ce qui fait un indicateur utile, mais il est souvent utilisé comme un indicateur de "bien-être économique", or les revenus peuvent décroître quand la production croit, et inversement.
2 - Refléter la réalité "vue des ménages"
Il faut prendre en compte les impôts, les intérêts d'emprunts mais aussi la valeur des services en nature fournis par l'Etat (éducation, santé...).
3 - Refléter le patrimoine d'un pays
Faire en sorte que les pays disposent, à l'image des entreprises, d'un "bilan" (avec actif et passif), en plus de leur "compte de résultat"
4 - Analyser comment sont répartis les revenus
S'éloigner de la référence au revenu moyen et lui préférer celle de revenu médian (celui de la personne au milieu si l'on sépare une population en deux groupes égaux)
5 - Prendre en compte les activités non marchandes (garde des enfants par exemple) et ne pas se limiter à celles qui font l'objet d'une rémunération
6 - Affiner les mesures chiffrées de la santé, de l'éducation, des activités personnelles
7 - Analyser en profondeur les inégalités et leur évolution
Evaluer les inégalités entre catégories socio-économiques, mais aussi en entre sexes ou entre générations
8 - Qualité de la vie: qu'est-ce qui influe sur quoi ?
Mettre en exergue les interactions entre les différents aspects de la vie grâce à des enquêtes d'opinion
9 - Proposer des indices statistiques chiffrés permettant de refléter les différentes dimensions de la qualité de vie
10 - Intégrer la dimension subjective dans les statistiques
Intégrer dans les statistiques des données reflétant l'évaluation que chacun fait de sa vie, de ses expériences, de ses priorités
11 - Intégrer la "soutenabilité" du bien-être
Cette recommandation doit permettre de répondre à la question: le niveau actuel de "bien-être" pourra-t-il être augmenté, ou au moins maintenu, pour les générations à venir ?
12 - Développer un ensemble d'indicateurs environnementaux
Ils doivent en particulier permettre d'indiquer clairement dans quelle mesure nous nous approchons de seuils dangereux (hausse des températures de la planète ou épuisement des ressources mondiales de poissons par exemple).


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En complément de cet intéressant article, je suggèrerais au lecteur d'écouter, dans ce même magazine, les réflexions fort pertinentes qu'en a fait notre économiste français, M.Jean Gadrey. Je crois qu'elles illustrent parfaitement les limites du rapport Stiglitz. Bonne et saine écoute du message de Monsieur Jean Gadrey ! Antoine GED
A première vue - et sous réserve d'une lecture attentive du rapport complet lorsque celui-ci sera rendu public -, certaines préconisations sont intéressantes. D'autres laissent songeur. Par exemple : "Intégrer la dimension subjective dans les statistiques". Combien de milliers de fonctionnaires supplémentaires faudra-t-il pour gérer tout cela ?
quel numéro a cette énième "commission"? 851 , 852 ? de la part d'un président, qui pendant la campagne électorale moquait mme Royal parce qu'elle préconisait de s'entourer de gens compétents ,capables de donner un avis sérieux sur l'orientation des politiques , ça devient carrément burlesque !!! d'autre part, le sieur sarkozy , sans doute inquiet ,car l'heure du bilan approche, voudrait changer les outils de mesure ,démolir la "religion du chiffre" .(sic) c'est vraiment choquant indécent ,mème, venant de celui qui l'a le plus instrumentalisée !! la politique mondialisée sait que la pauvreté ne peut que s'accroitre, alors supprimons les instruments de mesure ,le peuple sera anesthésié par des chiffres fantaisistes encore une fois, qui diront tout, sauf la réalité. ce président ferait mieux de s'expliquer sur son agitation perpétuelle qui ne donne que des résultats catastrophiques, sauf en ce qui concerne la communication.là, tous les records sont battus.
Sarkozy agit de façon désordonné ,il aurait fallu changer le mode de calcul du PIB avant de nous infliger une nouvelle taxe dite carbone .
En gros l'idée serai de faire un IDH????
Si Sarko met en place ce qu'il a dit ce matin devant les économistes à la Sorbonne à la suite de ce rapport alors...Mais les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Aujourd'hui ont a tout de même envie de le croire sachant qu'il n'y a pas d'autre choix !