Moral des industriels en berne, activité des entreprises en nette contraction, bond des défaillances d'entreprise: une déferlante de mauvaises nouvelles économiques s'est abattue jeudi sur la France, faisant craindre une contraction de la croissance, voire une récession.
Si l’été est radieux, la météo est des plus mauvaises sur l’horizon économique. Depuis plusieurs semaines, les indicateurs en France, à l’instar des autres pays européens, virent au rouge les uns après les autres. Le rythme des mauvaises nouvelles s’est accéléré, jeudi, avec la publication de l’indice du moral des industriels, en berne, celui de l’activité des entreprises, en nette contraction, quand les défaillances de société ont au contraire fortement augmenté. Cette déferlante laisse craindre aux économistes une contraction de l’activité. Même l’hypothèse d’une récession n’est plus exclue.
« Les perspectives pour la France s'assombrissent jour après jour », constate ainsi Gilles Moëc, économiste de Bank of America. Même analyse pour Olivier Gasnier, de la Société Générale: « cela fait longtemps que l'on n’a pas vu une détérioration aussi brutale, on peut remonter à 2001, même un peu au-delà. On est en quasi-récession », observe-t-il.
L'activité du secteur privé a en effet de nouveau reculé en juillet, d’après l’indice composite PMI qui la mesure. Il est tombé à son plus bas niveau depuis plus de six ans selon les chiffres publiés jeudi. Ce ralentissement de l’activité s'accompagne de nouvelles « réductions d'emploi », avec un taux de baisse des effectifs au plus haut « depuis près de cinq ans », note la société Markit, qui publie cet indicateur. Ce qui explique le recul des offres d’emplois déposées à l’ANPE au 1er trimestre, pour la première fois depuis 2006.
« Le déclin mondial de la demande et l'envolée de la monnaie unique européenne ces derniers mois ont clairement affecté les perspectives industrielles », constate Jean-Christophe Caffet, économiste de Natixis.
Conséquence logique, le moral des industriels est en berne. En juillet, il a reculé pour le sixième mois d'affilée, selon l’indicateur de l’Insee qui le mesure, tombant à son plus bas depuis trois ans. Or ce pessimisme des entrepreneurs laisse présager une poursuite du ralentissement économique en France pendant encore des mois.
Les nouvelles ne sont guère plus réjouissantes du côté de la demande. Face à la flambée des prix pétroliers et alimentaires, les ménages se retrouvent contraints de faire des choix budgétaires et de reporter leurs achats non indispensables. En atteste le recul de 0,4% de la consommation en produits manufacturés en juin, annoncé mercredi par l'Insee. Les achats de carburants, qui ont chuté de 10% en France le mois dernier, témoignent aussi d'un passage à vide.
Dans ce contexte, les entreprises se retrouvent en difficulté: le nombre de défaillances a bondi de 8% en février par rapport au mois précédent, et progresse de 9% sur un an, selon les dernières données disponibles, publiées jeudi par l'Insee.
Ces difficultés ont été illustrées notamment par Renault. Le constructeur a annoncé jeudi un plan de 5.000 suppressions d'emplois. « On voit arriver sur la deuxième partie de l'année et sur l'année 2009 un ralentissement plus fort sur les marchés européens », a averti son PDG, Carlos Ghosn, faisant état d' « inquiétudes sur le niveau du marché français, voire du marché allemand ».
Conséquence, « nous pensons que le produit intérieur brut (PIB) a stagné au deuxième trimestre et va probablement continuer au troisième trimestre », estime Gilles Moëc. Selon lui, une croissance « négative ne peut être exclue » sur ces périodes. « On peut oublier la fourchette de prévision du gouvernement pour cette année », comprise entre 1,7% et 2%, renchérit Olivier Gasnier. Sa banque, la Société Générale, table sur 1,1% en 2008 et 0,4% en 2009. Plus optimiste, Mathieu Plane, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), anticipe 1,6%.
Le seul point positif de ce tableau est la chute, de plus de 20 dollars, du baril de pétrole ces deux dernières semaines. Si, si elle durait, elle pourrait apaiser l'inflation et donner un peu d'air aux ménages et aux entreprises.

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l'important dans tout cela c'est que l'on a un président et un gouvernement qui sont auto-satisfait :!!!
Et dans le même temps on "détricote" soigneusement le code du travail ,la protection vieillesse et maladie ,les riches continuent à s'enrichir,la pauvreté augmente Rétablissons vite "l'esclavage" pour que les grands décideurs et les financiers en engrangent encore plus. Les salariés qui pour beaucoup travaillent déjà dimanches et jours fériés n'auront plus de vie de famille et de temps pour assurer l'éducation de leurs enfants Ils ne manqueront pas d'être stigmatisés quand enfants et jeunes déstabilisés tomberont dans la délinquance. Mais dans l'indifférence générale,nous les entasserons dans les centres d'éducation fermés et les prisons que le privé aura construites .Au moins le bâtiment aura du travail. Comment vivre dans une telle déshumanisation
Regardons le coté positif des choses: cela donnera de bonnes excuses au gouvernement pour ne pas tenir la rigueur budgétaire et creuser encore les déficits. Quand on voit le nombre d'entreprises qui annoncent des plans de licenciement ces jours-ci on se dit également que voila encore de bons prétextes pour délocaliser la production hors de France.