Après trois ans de discussions, les partenaires sociaux restent divisés sur les départs anticipés à la retraite pour les salariés exerçant des métiers usants.
« Il existe des régimes spéciaux de retraite qui ne correspondent pas à des métiers pénibles et des métiers pénibles qui ne correspondent pas à un régime spécial de retraite. Je vais changer cette situation indigne. » Cet engagement devant les Français, Nicolas Sarkozy l'a pris le 11 septembre 2007. Dans la ligne de mire du président de la République, les cheminots et les agents d'EDF, dont les métiers se sont « embourgeoisés » au fil des décennies, et qui ne justifient plus de traitement de faveur par rapport aux ouvriers agricoles ou aux éboueurs, aux conditions de travail plus dures, et pourtant assujettis au droit commun. Quatre mois plus tard, le chef de l'Etat a tenu la moitié de sa promesse : les régimes spéciaux n'ont plus grand-chose de spécial depuis que les décrets faisant passer à quarante ans la durée de cotisations de leurs bénéficiaires ont été publiés à la mi-janvier. Seuls les marins-pêcheurs et les mineurs échappent à l'harmonisation, en raison d'une espérance de vie (76,5 et 78 ans) et d'une période de retraite (vingt ans) très basses comparées aux autres. Notamment à celles des cheminots : 82 ans d'âge moyen au décès, après plus d'un quart de siècle de retraite !
La pénibilité du travail, qui était purement physique au xixe siècle, s'est élargie. Elle est aujourd'hui également psychologique, liée aux rythmes de travail, aux horaires décalés et à une pression importante. Le secteur des services, avec des métiers en développement comme téléconseiller en centre d'appels ou caissière de supermarché, est de plus en plus touché.
Nicolas Sarkozy doit désormais tenir la seconde partie de sa promesse : reconnaître officiellement la spécificité de tous ceux qui exercent un métier pénible et leur ouvrir droit à une cessation anticipée d'activité. Du genre de celle dont bénéficient automatiquement 7 % des fonctionnaires d'Etat (policiers, militaires, surveillants de prison, pompiers...) et 60 % des agents hospitaliers (infirmières, aides-soignants...). Le chef de l'Etat ne souhaite pas perdre de temps. Xavier Bertrand, son ministre du Travail, le répète depuis des mois : « La pénibilité du travail sera au cœur du rendez-vous sur les retraites », prévu tout de suite après les élections municipales. Subtile manière de rappeler syndicats de salariés et patronat à leurs responsabilités. Personne n'ignore, en effet, que la pénibilité sera un des principaux leviers de la négociation pour faire avaler la pilule du relèvement de l'âge du départ à la retraite, que tout le monde sait inexorable. Mais personne non plus n'est aujourd'hui d'accord sur la définition de la « pénibilité ». Ce n'est pourtant pas faute d'y réfléchir.
Les syndicats de salariés et de patrons ont en effet entamé dès février 2005 une négociation sur ce thème, programmée dans la réforme des retraites de 2003 - à la suite d'un amendement déposé par un jeune député alors inconnu, un certain Xavier Bertrand - et dont les conclusions étaient attendues il y a deux ans déjà. Pendant ce temps, le travail a continué à détruire 9 000 vies par an, selon l'estimation syndicale (contestée par le patronat) du nombre de décès annuels dus à un accident du travail, souvent lié à l'exercice d'un métier « pénible », ou à une maladie professionnelle. « L'homme ne doit pas perdre sa vie à la gagner », résume François Chérèque, secrétaire général de la CFDT. Le constat de départ fait pourtant l'unanimité : certains métiers amenuisent l'espérance de vie de ceux qui les exercent ou engendrent des séquelles irréversibles affectant la qualité de la vie à la retraite. Du fait de la difficulté de leurs métiers, les anciens ouvriers ont deux fois plus de risques que les ex-cadres de décéder entre 65 et 80 ans. Leur espérance de vie à 60 ans est inférieure de cinq ans à celle de leur hiérarchie, de sept ans pour les anciens salariés du bâtiment ou des travaux publics. Dans tous les cas, ils sont perdants : non seulement ils sont statistiquement assurés de mourir plus jeunes que les autres mais, quand ils vivent aussi longtemps, c'est en moins bonne santé...
- 54 % : C'est le pourcentage d'ouvriers non qualifiés qui cumulent au
moins quatre types de pénibilité physique (être longtemps debout, faire
de longs déplacements, porter de lourdes charges, rester dans des postures
fatigantes...).
- 10 fois :Les ouvriers ont 10 fois plus d'accidents du
travail que les cadres et risquent 2,5 fois plus de décéder entre 35 et 64
ans.
- 11 % :C'est le pourcentage d'ouvriers travaillant à la
chaîneen 2005, une proportion repartie à la hausse en vingt ans.
6 sur 10 : C'est le taux de salariés de plus de 55 ans qui sont ou qui ont
été exposés à une pénibilité physique pendant au moins vingt ans.
3,3 millions : C'est le nombre de personnes travaillant de nuit, dont la
moitié entre minuit et 5 heures.
1 sur 2 : C'est le ratio de départs anticipés en retraite dans la
fonction publique en 2006 grâce aux avantages accordés pour « service actif
».
208 : C'est le nombre d'accidents du travail mortels en 2006
dans le secteur du bâtiment, soit près de un par jour ouvrable.
Il n'empêche : les partenaires sociaux n'ont pas réussi, en trois ans et treize séances de négociations, à trouver un consensus sur une définition. Leurs deux dernières rencontres, programmées pour fin mars, seront celles de la dernière chance. Pour les experts, les choses sont pourtant claires. Il existe trois types de pénibilité au travail : physique, psychologique et celle liée à l'environnement. La première touche les personnes amenées à rester longtemps debout, à effectuer de longs déplacements à pied, à soulever des charges lourdes ou encore à adopter des postures fatigantes. Les manutentionnaires, les ouvriers du bâtiment ou les déménageurs sont parmi les principaux concernés, du fait de l'apparition rapide de troubles musculo- squelettiques, très handicapants, qui représentent à eux seuls trois maladies professionnelles déclarées sur quatre.
La deuxième pénibilité est liée aux rythmes de travail ou aux horaires alternés, dont on connaît de mieux en mieux l'impact sur la santé : prise de poids et trouble du sommeil à court terme ; ulcère ou crise cardiaque à moyen terme ; morbidité précoce et plus élevée à long terme. Principaux touchés ? Les ouvriers qui travaillent en trois-huit, les caissières qui manipulent à une cadence folle plusieurs tonnes de produits par jour, ou les téléconseillers qui disposent parfois de quelques secondes seulement pour souffler entre deux appels...

Bruxelles a accordé 3 ans de plus aux constructeurs pour limiter leur pollution. En échange, la Commission a durci les pénalités en cas de dépassement. Si les groupes allemands font grise mine, les français ont une belle carte à jouer.
Le numéro un du mobile présente enfin un téléphone mobile capable de rivaliser avec l'iPhone.
Face à l'offre jugée hostile de Gemalto, la direction de Wavecom recommande la contre-proposition de Sierra supérieure de 21% par action. Les actionnaires minoritaires et les salariés étaient, eux, favorables au repreneur français.
Le président Sarkozy devrait annoncer jeudi une "prime à la casse" de 1.000 euros pour soutenir le marché automobile et encourager la mise au rebut des véhicules anciens et polluants, croit savoir Le Monde.
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Le plan de 4.000 départs volontaires lancé en France par Renault à la mi-octobre a déjà donné lieu à 4.037 dossiers. Près de 3800 entretiens sont encore en cours.
je travaille dans la petrochimie en 3x8 continu un accord entreprise interne vient d'être signé permettant à ceux qui ont 35 années de poste de partir à 57 ans....
bonjour, concernant la pénibilité du travail en travail posté ou de nuit il existe une loi qui permet de partir en préretraite à 57ans accomplies si 20 ans effectuées. taper pour en savoir plus( administration de l'emploi) salut