Pour Dominique Maillard, président du RTE (Réseau Transport d'Electricité), les efforts en matière d'économies d'énergie vont permettre d'éviter une consommation équivalente à 7% des besoins actuels.
Dominique Maillard est président du RTE (Réseau Transport d'Electricité).
Alors que les particuliers peuvent désormais librement changer de fournisseurs d'électricité, le RTE publie une étude montrant que la consommation des ménages va considérablement ralentir. Pourquoi?
Il n'y a évidemment aucun lien. Cependant, la libéralisation du marché va permettre le développement de produits destinés à maîtriser la demande d'énergie. De fait, nous tablons sur un net freinage de la consommation d'électricité au cours des prochaines années. Au total la progression de la demande devrait être limitée à 1,3% par an en moyenne jusqu'en 2010, puis elle ne croîtrait que de 1% par an au cours de la décennie suivante. Ce ralentissement est très sensible. Depuis 2005, les crédits d'impôts destinés accordés aux équipements sobres en énergie ou utilisant des énergies renouvelables, ceux en faveur de l'isolation thermique des bâtiments, les mesures en faveur de l'étiquetage des appareils électroménagers ont permis d'enclencher cette tendance au ralentissement. Nous estimons ainsi que les efforts en matière d'économie d'énergie sont susceptibles d'éviter la consommation de 35 Terrawatts heures à l'horizon 2020, soit environ 7% de la consommation annuelle correspondante. Il y a cependant un fragment de la consommation qui va progresser significativement, ce que les experts appellent la pointe. Elle correspond au pic de demande en cas de grand froid ou de canicule. La consommation de pointe devrait donc passer de 95.000 mégawatts heure en 2010 à 103.000 mégawatts en 2020.
Il y a deux ans, vous redoutiez un sous-investissement de la part des électriciens. Est ce toujours le cas ?
Non. Ces deux dernières années ont été marquées par une forte croissance des projets de nouveaux moyens de production : dans l'éolien, les cycles combinés à gaz, le nucléaire avec l'EPR. Par ailleurs, des anciennes centrales thermiques ont été déclassées. Au total, compte tenu de toutes ces annonces, l'offre de production devrait correspondre à l'évolution de la demande.

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