Social

Grèves: Nicolas Sarkozy « joue avec le feu »

Avec AFP -  07/07/2008 17:57  - L'Expansion.com 
 
©Service photo Elysée – P. Segrette
« Le président s'est lâché devant un parterre acquis», a estimé Gérard Aschiéri de la FSU.

Les propos du Président sur le faible impact des grèves continuaient à faire des vagues lundi, des syndicats et hommes politiques les jugeant décalés par rapport à la réalité et de nature à tendre dangereusement le dialogue social.

La polémique ne désenfle pas sur les propos de Nicolas Sarkozy. Samedi, lors du Conseil national de l'UMP, le chef de l’Etat a affirmé que « désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit », se félicitant de ce que la France était « en train de changer » et « beaucoup plus profondément qu'on ne le croit ».

Nicolas Sarkozy « ne connaît pas la réalité sociale car le nombre de grèves est très important notamment pour les salaires », a jugé Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT.

« Dans le privé, il y a eu beaucoup de grèves en début d'année », rappelle le chercheur Jean-Marie Pernot, qui estime que la baisse des grèves concerne avant tout le secteur public et particulièrement les transports. Par ailleurs, « la conflictualité larvée se renforce dans les entreprises, avec des débrayages, des manifestations, des refus collectifs d'heures supplémentaires », souligne le chercheur.

Pour François Chérèque, « mesurer l'efficacité d'un gouvernement au nombre de grèves correspond a une vision archaïque du dialogue social ».

François Bayrou s'est quant à lui demandé « si Nicolas Sarkozy vit dans le même monde que les Français ». « La grève est indolore dans les transports publics... surtout pour ceux qui ne les prennent pas », a jouté Jean-Claude Delarue, président de la fédération des usagers des transports publics. « En réalité, elle est tout à fait douloureuse dans les transports, notamment de banlieues. Pour des voyageurs déjà serrés comme des sardines toute la semaine, c'est la catastrophe », a-t-il déclaré.

Moins de grèves mais plus de conflits du travail

Plusieurs études montrent une tendance à la baisse des jours de grève depuis plusieurs années. Dernière en date, le bilan de la négociation collective en 2007 publié fin juin par le ministère du Travail, qui fait état d'un « recul des grèves en 2006 ». Le nombre d’entreprises ayant déclaré au moins une grève en 2006 a ainsi baissé de 29% par rapport à 2005, et le nombre de journées perdues de 23%. Selon la Dares, « la division par deux du nombre de journées de grève dans les transports contribue largement à la baisse globale ».

En 30 ans, le nombre de jours non travaillés pour fait de grève dans les entreprises s'est effondré : de 4 millions en 1976, ce chiffre est retombé à 1,4 million en 2006. En revanche, les conflits du travail sont plus nombreux. Les salariés privilégient en effet de plus en plus le débrayage, la manifestation ou la pétition. La Dares considère même que l'inspection du travail, qui fait remonter les chiffres aux services statistiques, « sous-estime les arrêts de moins de deux jours et les débrayages. »

Pour les syndicats qui ont réagi ce week-end, les propos du chef de l'Etat risquent « d'inciter précisément à faire grève ». Maryse Dumas, de la CGT, estime que Nicolas Sarkozy « joue avec le feu ». « J'ai le sentiment que le président de la République fait une opération diversion parce qu'il a bien du mal à démontrer en quoi sa politique réussit », a-t-elle affirmé.

« Il n'a pas résisté à la forfanterie » a lancé Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, qui considère que « le président s'est lâché devant un parterre acquis, caressant sa majorité dans le sens du poil ».

Julien Dray estime pour sa part que Nicolas Sarkozy s’est comporté « comme un chef de clan qui vient devant les siens en disant "voyez, j'ai roulé les syndicats dans la farine, les salariés qui sont en grève, j'en fais ce que je veux " ». Mais « rira bien qui rira le dernier », a-t-il prévenu.

Les propos du président pourrait en effet ressouder les syndicats et les partis de l’opposition. « La plus belle réponse » aux propos de Nicolas Sarkozy serait d'organiser « une belle journée de manifestations unitaires à la rentrée », a lancé Dominique Voynet.

« Une tempête dans un verre d'eau » selon l'UMP

Du côté de l’UMP, on tente de relativiser les propos du chef de l’Etat. « C'est une tempête dans un verre d'eau », a rétorqué Patrick Devedjian, secrétaire général du parti. Nicolas Sarkozy a « voulu dire que les relations sociales sont en train de changer dans ce pays. Maintenant, on discute avant de faire grève et c'est vraiment un progrès dans le dialogue social », a déclaré le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant.

Pour Xavier Darcos, la phrase du président était à saisir dans un certain contexte. « Il avait devant lui le président du Parlement européen, le président de la Commission, il a leur dit "sachez que la réputation de la France d'être un pays souvent en grève, qui gêne souvent les usagers, est une réputation qui est aujourd'hui un peu dépassée, c'est un pays qui se modernise" », a-t-il estimé.

 
 
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Commentaires - (22)
ricou92 12/7/2008 Recommander 0

Edge, Vous faites du populisme ! Sarkozy n'a fait que jouer la transparence sur son salaire ET ne gagne pas plus que ses prédécessseurs. Que dire alors du financement des syndicats ? Le Président n'a jamais parlé de mettre fin aux grêves pour défendre les emplois, ce qui est totalement différents des grévistes qui cherchent à bloquer un pays avant même de discuter des textes. Erwan80, salarié du privé, pour ma part, je me félicite, qu'enfin, un Président de la République et son gouvernement puissent s'attaquer aux privilèges des syndicats pour -enfin- défendre les intérêts des travailleurs et usagers des transports. Quant aux résultats obtenus, il y a toujours un effet intemporel pour constater les mesures de fonds déjà prises.

ricou92 11/7/2008 Recommander 0

Les propos du Président ne sont pas irresponsables, puisque sur le fonds, ils se basent sur une réalité : il y a moins de grêves et elles se font moins sentir (même si évidemment il y a toujours des grêves en France et de façon récurentes). Sur le fonds, il a effectivement raison. Maintenant, sur la forme, est-ce à lui de tenir de tels propos ? ou plutôt à un chef de parti pour mobiliser ses troupes ? Et après tout, au nom de quel tabou un Chef d'Etat ne pourrait il pas dire certaines vérités (sur le fonds, il a tout à fait raison, je maintien) ? C'est aussi ça la rupture.

patcolo 11/7/2008 Recommander 0

Mon Nicolas d'amour est comme dès qu il est avec ses copains(les députés UMP)il faut qu il fasse le fanfaron,le cake, le bout en train, mais au fait comment finnissent les bouts en train la q... entre les jambes.CQFD

freedow 11/7/2008 Recommander 1

Croire que les grèves ne concernent que les fonctionnaires est stupide, il suffit d'ouvrir un journal, ou même sa télé pour constater que ce n'est pas vrai. Partout en france se multiplie les grèves, quelques exemples: gandrange pour l'usine Mittal, carrefour, goodyear à amiens... Ce dont a besoin ce pays, c'est d'arreter d'être pris en otage par des exités de l'ultra gauche et de la droite sarkosyste. Des gens comme sarkozy, dassault (voire ses dernières déclarations proprement hallucinante sur Itélé) ne cessent de mettre de l'huile sur le feu avec des déclarations qui n'ont rien à voir avec la raison, mais plutot avec l'esprit revanchard qui les caractérise bien. NON, LES PATRONS NE SONT TS DES VOLEURS, LES EMPLOYES DES SALAUDS, LES FONCTIONNAIRES DES FEIGNANTS QUI N'ASPIRENT QU'A LA GREVE. Ras le bol de tous ces clichés qui ne résolvent rien et monte les gens les un contre les autres.

JPALMER 10/7/2008 Recommander 1

Les grèves ne concernent que les fonctionnaires pas les autres.

joco69 10/7/2008 Recommander 0

Je pense que votre cher Président cotise trop George Bush, un Président connu pour son anti-sydicalisme et pour ces réformes de droite qui sont en train de ruiner les États Unis.

antoineged 9/7/2008 Recommander 15

Question : Quand on est quelqu'un de responsable, peut-on tenir de tels propos ? Réponse : De toute évidence, quand on tient de tels propos, c'est que l'on est irresponsable ! Antoine GED

jean62 9/7/2008 Recommander 2

en disant que les grèves ne se remarquent plus sarkosy joue évidemment avec le feu.Mais dans le fond tant que régnera un cacophonie entre les syndicats qui me font soudainement penser à l'ambiance qui règne au sein du parti socialiste.Cette ambiance qui neutralise l'opposition "ah tiens ça existe encore opposition?"Notre président ne peut que se réjouir et en profiter pour nous balancer toutes ses réformes partisanes de la régression sociale.

HUB 8/7/2008 Recommander 2

jE NE SAIS PAS SI LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A TORT OU RAISON MAIS CERTAIN PENSENT QUE POUR LUI DONNER TORT IL FAUT FAIRE UNE GREVE MASSIVE. EN FRANCE ON MARCHE VRAIMENT SUR LA TETE.

patcolo 8/7/2008 Recommander 2

Sacré Nicolas qui ne peut s'empecher de fanfaronner lorsqu'il est parmi les siens (les députés UMP);Comme un gosse d une classe dont il serait le bout en train. Mais on sait comment finissent ceux-ci; La q... entre les jambes.

apbgalx 8/7/2008 Recommander 4

J'aurais aimé, pour équilibrer les propos, que l'on parle aussi des abus des grévistes. Le droit de grève existe, mais le droit de travailler aussi. Régler le conflit entre ces droits opposés à la manière traditionnelle de la CGT, entre autres, c'est à dire des violences est abusif. Je me félicite que nous ayons enfin un gouvernement qui s'occupe des abus des syndicats et tente de juguler leurs excès.

c-est-moi 7/7/2008 Recommander 1

Je ne comprend pas forcement pourquoi il communique la dessus. Je ne pense que les provocations sont inutile, justement si les grèves durent moins longtemps c'est profitable pour tous. Surtout si s'est grâce au dialogue.

Ulysse65 7/7/2008 Recommander 7

@ "Claude" : On parle d'une grosse bévue supplémentaire de Mr Sarkozy et vous vous félicitez que les socialistes ne soient pas au pouvoir... C'est ce qu'on appelle prendre les informations à rebrousse poil. C'est comme si, lorsqu'on parle du prix du pétrole, vous nous rétorquiez que le nucléaire est dangereux. Dans la vie, vous additionnez les cerises et les pommes de terre et donnez le total en poireaux ?

Claude 7/7/2008 Recommander 1

L'efficacité se mesure aux actes et aux résultats, pas aux "petites phrases" aux mieux maladroites, au pire contre productives. Nicolas Sarkozy n'est pas parfait, on le savait, on le vérifie. Heureusement pour lui (malheureusement pour nous peut-être), Ségolène (et ses pachidermes) nous rassurent tous les jours, nous avons eu globalement raison de ne pas voter pour eux.

Ulysse65 7/7/2008 Recommander 8

Cette forfanterie de Mr Sarkozy ne peut provoquer qu'une réaction : à loccasion des grèves à venir, les grévistes s'arrangeront pour que "ça se remarque" et les dinons de la farce seront les usagers comme nous. Merci, Mr le Président !

batral 7/7/2008 Recommander 1

lorsque l'on est président de la république on s'occupe avant tout des problèmes des français, de leur pouvoir d'achat, on ne sabote pas la défense, et si grèves il y a il se doit d'en tenir compte et evité de faire tout partout c'est à dire rien!

bret 7/7/2008 Recommander 1

Je suis d'accotd avec sylka, beaucoup de gens, et notamment les syndicats, détournent le sens des mots qui sont utilisés .. ce qui est bien commode quand on n'a personne en face de soi. En l'occurence, fidèles à leur tradition, les syndicats en profitent pour appeler à de nouvelles manifestations ou grèves .. c'est la panacée pour eux en toute occasion ..

melo78 7/7/2008 Recommander 4

Le petit caporal est décidément indécrottable ! A force de provocation sinon d'injures ça va bien finir par lui péter à la figure. Qui va oser ? Carolis à montré la voie. Je n'avais pas voté pour un "plouc" pareil. Il y a tromperie sur la marchandise.

erwan80 7/7/2008 Recommander 4

Ben, il a raison Sarko : il ne prends pas les transports en commun, j'imagine que son fils ne va pas à l'école public, l'hélico public à (?) € la minute de vol financée par le contribuable, c'est bien utile quand les routiers bloquent les routes. La provocation vis à vis des syndicats peut être, mais ces propos affichent également un mépris particuliers pour ceux qui bossent et sont pris entre deux feux ...Ah, la déconnexion entre le pays réel et le pouvoir. La rupture est peut être audible dans le langage qu'il adopte, mais peu lisible dans les résultats obtenus

sylka 7/7/2008 Recommander 0

C'est étrange, on dirait que certains ne comprennent pas le Français, particulièrement les syndicalistes. N.Sarkozy a dit "quand il y a une grève personne ne s'en aperçoit".Il n'a pas dit qu'il n'y avait plus de grèves; pourquoi donc répondre sur le nombre de grèves ? Et dire que personne ne s'en aperçoit est faux quand il s'agit d'enseignants du primaire ou des transports publics .

Edge 7/7/2008 Recommander 42

Quelle honte ce président...et ça va mal finir !!! Il prend vraiment les gens pour des c... !!! Je travaille chez équipementier autobile, où 3 sites en France ferment...les gens vont grèves pour sauver ce qui peut encore l'être ...parce que ces gens là ne gagnent 20 000€ par mois Mr Sarkozy !!!!

marie 7/7/2008 Recommander 27

Les syndicats n'ont pas encore évolué sur leurs : propositions, représentativités, motifs de revendication.... Les politiques - de gauche et de droite - 1/ se moquent des difficultés des français, 2/ cumulent les mandats, 3/ s'octroient des privilèges : régime de retraite, voitures/ appartements de fonction... 4/ gaspillent et font des dépenses inutiles (voir les rapports de la Cour des Comptes et la revue « Capital » de juillet). Alors, réagissons et signons la pétition de:http://www.oeuvrer.org

 
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