Politique

Municipales Avis de vaguelette rose

Benjamin Neumann -  01/03/2008   - L'Expansion 
 

Selon ElectionScope, le scrutin de mars devrait marquer un léger reflux pour la droite, qui perdrait plus de villes qu'elle n'en gagnerait. Un vote sanction pour la majorité, mais tempéré par les enjeux locaux.

Chute dans les sondages, grogne qui s'exacerbe à l'UMP, « psychodrame » de Neuilly, bisbilles au sein du gouvernement, croissance économique flageolante, déception sur le pouvoir d'achat, surmédiatisation de sa vie privée : Nicolas Sarkozy pouvait difficilement imaginer pire moment pour affronter l'épreuve des urnes, la première depuis son arrivée à l'Elysée, en mai 2007. La droite doit-elle vraiment craindre une débâcle lors des élections municipales ?

Pour en avoir le cœur net, L'Expansion a choisi de recourir une nouvelle fois aux méthodes de prévision politique fondées sur les tendances économiques. Une méthode originale élaborée par l'observatoire ElectionScope, et aujourd'hui éprouvée. Ainsi, dès janvier 2007, nous pouvions annoncer le score exact de la finale de l'élection présidentielle (53 % pour Nicolas Sarkozy, 47 % pour Ségolène Royal). Et début juin, le résultat du scrutin législatif était correctement prévu à dix sièges près, comme en 1993, 1997 ou 2002.

Le secret de la méthode ? Il s'agit en fait de considérer que les électeurs expriment d'abord dans l'urne un avis sur le bilan du candidat sortant (qualité de la gestion des finances locales, évolution de l'emploi local, mais aussi jugement sur le gouvernement national, etc.). « Cette attitude, qui semble attacher plus d'importance au passé qu'à l'avenir et aux promesses de programmes souvent floues des candidats, se justifie aisément : le sortant défend son bilan face à un électeur qui va formuler un vote sanction s'il est mécontent », expliquent les auteurs du modèle de calcul, Bruno Jérôme, maître de conférences à l'université de Paris II Panthéon-Assas, et Véronique Jérôme-Speziari, maître de conférences à l'université de Paris-Sud XI.

Quatre types d'électeurs

Au total, le résultat des élections dépendra du comportement de quatre types d'électeurs : d'abord les « partisans », qui votent de manière systématique par adhésion à des valeurs ou à une vision de la société et de l'économie. Un véritable socle pour chaque camp. « On comprend alors pourquoi les maires sont soucieux de préserver la démographie électorale de leur commune, ou pourquoi un nouvel élu tente souvent de la retoucher dans un sens qui lui sera durablement favorable », soulignent nos experts. Deuxième type d'électeurs, les plus nombreux : ceux qui tentent de juger objectivement la politique de l'équipe sortante. Un troisième groupe d'électeurs aura tendance à évaluer les sortants locaux à l'aune de la crédibilité du gouvernement ou de l'opposition au niveau national. Enfin, un quatrième groupe d'électeurs est plus « opportuniste » et utilitariste. Il soutiendra de manière très pragmatique le parti qui mènera une politique proche de ses préférences. A certains égards, les fameux « bobos » (bourgeois bohèmes) entreraient dans cette catégorie. Dans la même veine, certains d'entre eux sont plus mobiles, car plus riches, et n'hésitent pas à se délocaliser si la politique menée dans leur commune ne leur est pas favorable. Le comportement des quatre groupes précédents, en interaction avec le comportement des élus, va ainsi fortement influer sur la stabilité ou l'instabilité électorale, jusqu'à faire de certaines communes des « villes ping-pong », comme Béziers, Maubeuge ou Bourg-en-Bresse, qui changent presque à chaque fois de couleur.

« Mais celles-ci restent rares et, globalement, les résultats des élections municipales de 2008 ne devraient pas déroger à la règle qui prévaut depuis 1965 : les Français restent d'incorrigibles conservateurs quand il s'agit de renouveler leurs édiles », estiment nos deux économistes politologues. Lorsqu'on observe la chronique des élections municipales depuis quarante-huit ans, on s'aperçoit en effet que 56 % des 236 communes de plus de 30 000 habitants n'ont jamais connu plus d'un changement de majorité, qu'elles soient de droite (65 cas) ou de gauche (67). Et cette année, 189 des 236 villes devraient conserver la même couleur politique. C'est le cas notamment de Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Strasbourg et Le Havre, qui maintiendraient à leur tête respectivement Bertrand Delanoë (PS), Gérard Collomb (PS), Jean-Claude Gaudin (UMP), Martine Aubry (PS), Alain Juppé (UMP), Fabienne Keller (UMP), Antoine Rufenacht (UMP).

En termes d'équilibre droite-gauche, selon ElectionScope, la droite et la majorité présidentielle perdraient 25 villes (dont Mulhouse, où la situation est inédite, avec un maire au départ socialiste, Jean-Marie Bockel, devenu secrétaire d'Etat à la Coopération du gouvernement Fillon, et qui présente une liste d'« ouverture » dont le succès est peu probable). Il y a en effet une très forte probabilité de basculement dans des communes conquises par la droite en 2001 (par exemple Saint-Brieuc, Quimper, Evreux, Colombes, Argenteuil, Epinay, Bourg-en-Bresse et Noisy-le-Sec), qui repasseraient à gauche. La majorité court également un risque non négligeable de défaite à Toulouse, Arras, Rouen, Dieppe, Aulnay-sous-Bois et Drancy. Mais dans le même temps, elle en prendrait 22 à la gauche. La probabilité de défaite est très forte pour l'opposition à Auxerre, Ajaccio, Maubeuge et Tourcoing. Une gauche mal en point qui pourrait aussi échouer à conserver Bastia, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges ou Athis-Mons.

 
 
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Commentaires - (4)
Galaadb 18/3/2008 Recommander 0

Si je ne me trompe pas: - en Ile de France, sur les 14 villes qui devaient basculer selon le modèle Electionscope - seules 4 l'ont fait (Argenteuil, Aulnay, Colombes, Noisy). - Dans la région Nord-Pas de Calais - pas une seule n'a basculé sur les 4 prévues. M'est avis que le modèle Electionscope - vanté pour la pertinence de ses prévisions - a grandement besoin d'être revu et corrigé dans le cadre des élections municipales.

jul35 9/3/2008 Recommander 2

bien joué pour les prévisions pour la ville de Dijon, 57% pour le maire sortant au premier tour.

zeby3 8/3/2008 Recommander 0

C'est bien d'avoir cité Athis-Mons comme ville susceptible de revenir à la Majorité Présidentielle. Est-il possible d'informer votre public sur les aberrations de la gestion de l'équipe actuelle et notamment sur la démolition de la piscine patinoire, sur la réfection à prix d'or d'une partie des trottoirs de la RN7 dans le secteur le plus commerçant en supprimant les places de stationnement pour les handicapés et en créant de nouveaux trottoirs en violation des normes édictées par le décret du 31 août 1999 sur les cheminements publics, en plantant d'un seul côté de la voie une rangée d'arbres à 2000 euros pièce afin de mieux occulter les façades des commerces riverains, en plantant des forêts de piquets métalliques, soi-disant pour empêcher les autos de monter sur les trottoirs etc .. etc ..

MARCENAC 4/3/2008 Recommander 0

A Dijon, le maire actuel PS a refusé tous les débats proposés par tous les media locaux avec son principal rival, F-X DUGOURD. Pourquoi ? Il craint que la vérité éclate en matière financière (mauvais rapport de la Cour des Comptes Régionale, endettement à combler en de 12 ans !) et économique ? Le maire cache des dossiers comme l'extension de 25 000 m2 d'un centre commercial à l'extérieur de la ville qui anéantirait les commerces du centre ville et la vente du bel hôtel particulier du centre historique à un copain promoteur. Il veut nous faire croire qu'il a créé des emplois avec IKEA mais c'est IKEA qui a choisi Dijon pour sa position géographique . Et puis le maire propose de l'argent aux asso qui voteront pour lui !!!

 
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