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Social

Martin Hirsch : « Je ne veux pas d'un RSA au rabais »

Propos recueillis par Marc Landré -  26/03/2008 16:23  - L'Expansion.com 
 
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©Jerôme Chatin/L'Expansion
Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives.

Dans cette première partie d’un entretien exclusif, Martin Hirsch fait le point sur les expérimentations en cours du RSA.

Martin Hirsch a fait part cette semaine semaine de ses craintes concernant le Revenu de solidarités actives (RSA), dont la mise en œuvre a pourtant justifié son entrée au gouvernement, en tant que haut commissaire. Selon l’ancien président d’Emmaüs France, ce dispositif destiné à éviter aux Rmistes de perdre de l’argent lorsqu’ils retrouvent un emploi coûterait entre 2 et 3 milliards d’euros.

« Je mets toute mon énergie pour convaincre. J'ai mis sur la table tout un panier de financements possibles. On doit pouvoir les trouver sans accroître les déficits. On peut dire qu'on ne veut pas le faire, on ne peut pas, en revanche, nous opposer que c'est impossible », a-t-il estimé. Dans un entretien exclusif, Martin Hisrch revient sur les dix premiers mois d’expérimentation de cette mesure.

Comment ça va Martin Hirsch et comment va le RSA ?
Martin Hirsch:
Nos travaux ont bien avancé. Nous n’avons perdu ni de temps ni de partenaires depuis le début de l’aventure. Avant le mois de mai 2007, on avait 4 départements prêts à expérimenter le RSA et on se demandait si on allait pouvoir passer à 6 ou 8 avant la fin de l’année. Moins d’un an après, on a 40 départements candidats et 35 opérationnels pour l’expérimentation alors qu’on pensait s’arrêter initialement à moitié moins. Qu’attendez-vous de ces expérimentations ? Plusieurs choses. Nous souhaitons bien entendu démontrer que dans les territoires expérimentaux il y a plus de gens qui reprennent un travail que dans les territoires non expérimentaux. Et donc augmenter significativement le taux de retour à l’emploi des bénéficiaires du RMI au bout d’un an. Mais nous utilisons ces expérimentations pour mobiliser les différents acteurs autour d’un projet commun, pour montrer l’efficacité d’une politique qui allie accompagnement social et orientation professionnelle. Ces programmes nous donnent aussi des enseignements précieux sur les conditions de mise en œuvre opérationnelle, sur les ajustements fins nécessaires pour une réforme de cette nature. On apprend tous les jours à partir de ces programmes!

Et vous êtes satisfait des premiers résultats ?
Pour l’heure, il n’y pas eu de loupé au démarrage. En trois mois, plusieurs milliers de personnes touchent plus qu’avant grâce au RSA alors que les expérimentations ne concernent qu’un dixième du territoire et seulement certaines catégories de publics. Les premiers résultats indiquent que les bénéficiaires touchent en moyenne une allocation supplémentaire comprise entre 190 et 250 euros par mois.

Quel calendrier vous êtes vous fixé ?
Nous venons de sortir de la première phase de consultation ouverte avec la parution mi février du livre vert sur le RSA, qui est le fruit de la réflexion d’un groupe de travail réunissant pendant 3 mois les différents acteurs concernés (syndicats, associations, entreprises, administration). Nous sommes, maintenant et jusqu’à mi mai, dans la deuxième phase de consultation qui porte sur les propositions et sur les questions du livre vert. Ce processus doit nous permettre de définir fin mai -en même temps que seront rendues publiques les propositions du Grenelle de l’insertion sur la formation professionnelle, les contrats aidés ou encore l’engagement des entreprises- le scénario retenu pour le RSA afin de le soumettre aux arbitrages définitifs. Ensuite nous préparerons cet été un projet de loi, pour que la discussion au Parlement puisse avoir lieu à l’automne pour une application début 2009.

Et vous le tiendrez ?
Je l’espère. Nous faisons tout pour. C’est le calendrier fixé dans la lettre de mission que m’ont adressée le Président de la République et le Premier ministre. Je m’y tiens scrupuleusement, s’agissant des délais ou du contenu. Mon devoir, c’était d’obtenir une base de travail clair et de la respecter. Je pense que ce sont de bonnes échéances. Le temps est compté.. Le bon tempo pour la généralisation, c’est fin 2008 et pas uniquement pour une question symbolique liée aux 20 ans du RMI. 18 mois, c’est le bon tempo dans un quinquennat pour qu’une réforme produise des résultats. Vous savez, il y a une vraie attente parmi les bénéficiaires et certains voudraient qu’on aille plus vite. On reçoit beaucoup de courrier de personnes qui nous demandent comment avoir le RSA. Je leur réponds que je ne peux pas aller plus vite que la musique.

Qu’est-ce que vous n’aviez pas prévu qui s’est produit ?
On a tout fait pour « vendre » le RSA aux candidats à la présidentielle afin pour qu’il soit mis en œuvre par le nouvel exécutif. Et quand j’ai vu que les deux finalistes l’avaient intégré dans leur programme, je me suis dit qu’on était sur la bonne voie. Ce que je n’avais pas prévu, c’était de le mettre en œuvre dans cette position-là, de l’intérieur, au gouvernement !

 
Commentaires - (4)
tiphys 27/3/2008 Recommander 0

A ceux qui fantasment encore sur le RMI : je dirai que l'allocation est trés souvent pour un célibataire entre 395 € et 440 € /mois. Pour celui ou celle qui est marié , on tient compte des revenus du couple ; et dans ce cas , le rmiste ne touche rien... A ceux qui trouvent un cdd de trois mois par exemple : les trois mois qui suivent , ils ne touchent rien...(aberration administrative) Ne pas oublier aussi que l'on ne cotise pas à la retraite lorsque l'on est au RMI ( Pensez à ceux qui ont connu les contrats jeunes et le rmi : ce sera pour eux impossible d'avoir une retraite autour de 1000 € mois . Le cadre ,qui connait en fin de carrière , cinq annéés au RMI , et croyez moi il y en a de plus en plus ne touchera même pas cette somme !Il faut savoir qu'2 personnes sur 3 n'arrivent pas à la retraite avec un emploi et ce souvent aprés des années de galère... Le RSA est une moins bonne mauvaise idée : cependant dans les 34 départements choisis pour le lancer : rien n'est fait encore.... (Manque d'argent de l'état et les collectivités locales ne veulent pas suivre....).

Krops 26/3/2008 Recommander 0

Daniel, vous n'avez rien compris au RSA. Il s'agit justement d'enlever toute trace de solidarité dans le système social pour recentrer entièrement les aides perçues sous l'axe professionnel, il ne sera plus possible de percevoir le RMI . Martin Hirsch a justement écouté les gens comme vous, les petits marcheurs au pas de loi, les citoyens droit de l'hommisme. Lisez la loi TEPA et le décret sur le RSA du 5 octobre N°2007 1433. Vous comprendrez que le RSA n'a absolument rien de social et correspond totalement à vos attentes. C'est à dire la création de mains d'œuvres corvéables à merci.

Castille 26/3/2008 Recommander 0

Je trouve les propos de DANIEL74, assez mesurées por designer des situations du partage de la création de richesses. Il ne faut pas croire qu'il n'y a pas des abus chez certains qui connaissent trop bien le système du "je reçois, mais je ne suis pas obligé à rien, en contrepartie

DANIEL74 26/3/2008 Recommander 0

Cet éminent énarque ne se rend t'il pas compte que la socialisation à la Française a tué l'économie et isolé des milliers de personnes car l'argent du contribuable ne peut pas aller vers l'institution et l'ayant droit. Chaque centime d'argent publique donné à une associagtion ou à une personne doit générer un travail d'intérêt publique pour socialiser la personne et l'à former. Une retraite, un chômage sont des revenus issus de cotisations donc assurés et devraient l'êtrez de façon juste par contre, RMI, CMU et autres allocations sociales ou familiales doivent permettre d'assurer la propreté et la sécurité dans notre pays. Les inondations, les pollutions diverses, l'accompagnement des enfants, des personnes âgées et handicapées peuvent s'organiser pour être productives pour tous . Il est indécent que certains puissent recevoir de l'argent sans contrepartie, n'en déplaise à notre haut commissaire. CHACUN DOIT PARTICIPER A LA FORCE PUBLIQUE ET A L4ADMINISTRATION SELON SES CAPACITES. Et sis les droits de l'Homme et du Citoyen existaient en France et étaient opposables à tous !! LIBERTE EGALITE FRATERNITE

 
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