24 heures après avoir décroché les Jeux Olympiques et le jour même de l'ouverture du G8 en Ecosse, Londres a été victime de quatre explosions meurtrières, frappant le métro et un bus du centre de la ville. Un groupe inconnu se réclamant d'Al-Qaïda revendique les attaques.
La tristesse et la consternation ont effacé la joie affichée hier par la capitale britannique. Moins de 24 heures après avoir décroché les Jeux Olympiques de 2012 et le jour même de la réunion du sommet du G8, Londres a été touchée par quatre attentats terroristes. Une série d'explosions meurtrières se sont produites en début de matinée dans des métros au centre de la ville et dans un autobus à Tavistock Place, près de Russell Square, au nord du centre-ville. La première explosion a eu lieu à 8h51 dans la rame d'un métro proche de la station Liverpool Street, au cœur du quartier financier de la City, qui a été aussitôt bouclé. Cinq minutes plus tard, un deuxième attentat a touché la rame d'un métro reliant les stations très fréquentées de King's Cross et de Russell square. A 9h17, une troisième explosion a retenti dans un tunnel près de la station d'Edgware Road. Une demi-heure plus tard, une quatrième déflagration touchait cette fois l'autobus. Selon les chiffres officiels provisoires, les attentats auraient fait 37 morts et 345 blessés dont 45 dans un état grave, mais il faut s'attendre à un bilan plus lourd. D'après les premiers éléments d'enquêtes de Scotland Yard, des traces d'explosifs ont été retrouvés sur deux des sites. Il n'était pas possible de dire s'il s'agissait d'actions suicides ou de l'explosion d'engins à retardement ou télécommandés.
Le Premier ministre Tony Blair a dénoncé ces attentats « barbares », «destinés à « coïncider » avec le G8 avant de quitter la ville de Gleneagles pour regagner la capitale britannique. Il devait cependant retourner en Ecosse dans la soirée pour poursuivre les travaux du sommet.
La police britannique a indiqué jeudi n'avoir reçu ni avertissement préalable, ni revendication. Les attentats ont toutefois été revendiqués sur Internet par un groupe islamiste inconnu se réclamant d'Al-Qaïda, "l'Organisation Al-Qaïda/Jihad en Europe". Dans un communiqué en ligne, mais qui n'a pas été authentifié, le groupe menace de s'attaquer à d'autres pays européens, comme le Danemark ou l'Italie s'ils ne retirent pas leurs troupes d'Irak et d'Afghanistan. Le réseau de transport londonien a été entièrement interrompu, ainsi que le réseau de télécommunication mobile. Des "consignes de sécurité maximum" ont été données pour renforcer les contrôles des passagers de l'Eurostar, qui relie Londres à Paris.
Ailleurs dans le monde, de nombreuses villes ont renforcé leur sécurité : à Washington et dans plusieurs grandes villes américaines, la "vigilance" était recommandée et le niveau d'alerte terroriste a été relevé dans les transports en commun. En France, le plan Vigie pirate a été relevé au niveau rouge sur tout le territoire et la surveillance est renforcée dans les gares. A Berlin, la compagnie publique des transports s'est mobilisée, tout comme le métro de Moscou. L'Espagne, touchée par des attentats similaires en mars 2004, a activé tous les systèmes d'alerte et de prévention.

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