La Sécu et trois syndicats de médecins libéraux sont parvenus jeudi soir à un accord permettant de revaloriser les gardes et astreintes. Mais la grève des urgentistes continue, même si Philippe Douste-Blazy pense qu'elle va s'arrêter "bientôt".
Philippe Douste-Blazy est confiant. Le ministre de la Santé a affirmé vendredi sur France 2 que la grève des urgentistes, qui a débuté il y a douze jours, « va s'arrêter bientôt ». Il assure qu'il y a maintenant « beaucoup moins de grévistes, 30% dans les CHU et 50% dans les centres hospitaliers ». Des chiffres que conteste l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France, à l'origine du mouvement, qui évoque des taux respectifs de 70% et 90%. Pour elle, les moyens supplémentaires obtenus jeudi sont insuffisants. Alors que Patrick Pelloux, son président, réclame le doublement de la somme consacrée au plan « Urgences », actuellement fixée à 175 millions d'euros en 2005, le ministère entend débloquer une rallonge modeste fixée à 10% de cette somme maximum. Parmi les autres griefs soulevés par les urgentistes, le nombre insuffisant de lits dans leurs services, et la directive européenne sur le temps de travail, qui entend exclure du calcul des gardes le temps passé à attendre les patients.
Une autre discussion, qui intéresse aussi les urgentistes, a toutefois avancé, celle de l'implication des médecins de ville dans le système de gardes, qui doit permettre de désengorger l'afflux de malades dans les services d'urgence. Un accord a été conclu jeudi soir entre l'assurance-maladie et trois syndicats de médecins libéraux (CSMF, SML et Alliance) sur la revalorisation des astreintes, censées inciter les médecins à s'engager davantage dans la permanence des soins. Les généralistes obtiendront ainsi un forfait de 60 euros par heure pour leur participation à la régulation des appels téléphoniques reçus par le Samu. L'astreinte sera rémunérée 50 euros entre 20 heures et minuit, 100 euros entre minuit et 8 heures, et 150 euros pour douze heures les week-ends et jours fériés. Ceci alors que le tarif actuel est de 50 euros par tranche de douze heures. Ce qui représente 60 millions d'euros, en plus des 300 millions annuels alloués à la permanence des soins.

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