A l’instar de la School of Business de Sydney, les écoles australiennes ont depuis longtemps ouvert leur portes aux élèves venus de Chine. Un marché juteux et un pari à long terme prometteur.
Au début, on croit s’être trompé d’adresse. Aux alentours, il y a un joli parc, avec d’élégantes plantations de bambous disposées devant l’entrée de l’immeuble. En poussant la porte, on tombe sur une entrée cossue : moquette bleutée, murs pastels ornés de tableaux aborigènes bariolés et une table recouverte d’une nappe blanche offrant à volonté une sélection de thés et de cafés. Les couloirs mènent à une large baie vitrée donnant sur une cour arborée. L’ambiance feutrée est accentuée par ces piles de « Financial Times » mises à disposition que l’on peut feuilleter dans de confortables canapés. Un hôtel haut de gamme ? Pas du tout, nous sommes dans les locaux de l’Australian School of Business sur le campus de l’université de Nouvelle Galles du Sud, à Sydney.
Le contraste est en effet saisissant par rapport au décor habituel des universités françaises. Mais la véritable innovation n’est pourtant pas là. Il suffit de promener son regard sur le flot des étudiants pour le comprendre : les visages asiatiques abondent. L’université de Sydney, comme tant d’autres dans le pays, attire un nombre croissant d’étudiants chinois. D’ailleurs en Australie, personne n’a de scrupules à considérer l’éducation comme un « business ». Et ce pays est devenu un pionnier dans le recrutement d’élèves chinois, soucieux de perfectionner leur anglais et d’acquérir une formation de qualité. La demande ne cesse de croître au fur et à mesure que la Chine modernise et ouvre son économie.
Depuis 2003, il y a 10 000 étudiants chinois de plus par an dans le pays et ils sont aujourd’hui 90 000 à fréquenter les bancs des facultés australiennes. Soit quatre fois davantage qu’en France ! Ce marché a représenté près de 1,5 million d’euros de recettes en 2006. De plus, les écoles australiennes ont même réussi à faire mieux que les Britanniques ou les Américains, en devenant les premiers fournisseurs de services d’éducation sur le territoire chinois. Ils dispensent sur place des cours à environ 30 000 élèves.
L’université de Sydney est emblématique de cette longueur d’avance. Elle accueille des étudiants de l’empire du Milieu depuis plus de vingt ans ! Il y en a actuellement 1 900 sur le campus. Mais au total, il y a près de huit mille étudiants étrangers. C’est une manne financière appréciable. Chacun paie des frais d’inscriptions d’environ 14 500 euros par an. « Sans ces revenus, nous serions dans une situation inconfortable », souligne avec diplomatie John Piggott, le vice-doyen de la School of Business.
Mais cet apport va bien au-delà des calculs comptables immédiats. En se positionnant dans le peloton de tête, les universités et les écoles de commerce australiennes espèrent aussi bénéficier de retombées à long terme. Les étudiants chinois d’aujourd’hui sont effet les meilleurs ambassadeurs de ces écoles une fois rentrés chez eux. Et ce vivier de jeunes diplômés, familiarisés avec l’Australie, est à coup sûr un atout pour les entreprises australiennes dont les liens avec la Chine sont forcément amenés à se renforcer.
La plupart des étudiants chinois à Sydney suivent des formations liées au marketing et à la finance. « Ils perçoivent leur séjour en Australie comme un atout pour valoriser leur carrière chez eux, souligne John Piggott. Parmi les PDG chinois de la prochaine génération, il y a de fortes chances que beaucoup d’entre eux aient ainsi tissé de solides liens avec notre pays ».
Au-delà des cursus classiques de moyenne durée qui attirent la majorité des étudiants, l’université de Sydney a décidé d’enrichir son offre en mettant en place une formation privilégiée pour les élèves de l’élite. A savoir, ceux qui font un doctorat. Depuis 2002, la School of Business de Sydney a ainsi monté un partenariat avec l’école de management Fudan de Shanghai, l’une des trois premières écoles de commerces chinoise. John Piggott se rend en Chine une fois par an pour participer à la sélection des élèves. L’une des conditions exigées est notamment la bonne maîtrise de l’anglais.
« Depuis cinq ans, dit-il, je constate que le niveau s’améliore d’année en année ». Une trentaine d’élèves participe à ce programme qui représente un réel investissement pour l’université de Sydney. Elle subventionne en effet chaque étudiant chinois à hauteur d’environ 60 000 euros par an. « Mais il est important pour nous de créer des liens académiques qui porteront leurs fruits à l’avenir».
Il suffit de s’attabler à la cafétéria de l’université avec deux de ces étudiants en marketing pour mesurer leur satisfaction. Pour Yanwen Wang, 24 ans, originaire de Shanghai, « la Chine est encore un pays en développement. Ici, dit-elle, nous avons accès à des bases de données plus complètes et à un réseau d’enseignants très au fait des dernières études et publications. C’est une expérience qui élargit considérablement notre horizon ». Sa voisine, Xiao Han, 25 ans de Pékin, acquiesce. « Les séminaires et les professeurs sont de grande qualité. De plus, à la différence de chez nous, nous apprenons à travailler en groupe. » Toutes les deux n’imaginent pourtant pas prolonger leur séjour en Australie, une fois leur doctorat terminé. Ce qui leur manque le plus, c’est la vie nocturne. « A Pékin ou à Shanghai, racontent-elles, les magasins sont ouverts tard dans la nuit et on peut manger à toute heure. Alors qu’à Sydney, la plupart des rues sont désertes après 18h00 »…

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idee geniale de se rapprocher de ce grand geant(chine) qui ne finit pas de nous enseigner que l'histoire n'as pas de fin ca prouve aussi que la voie de developpement est toujours possible et qu'il suffit de croire en l'homme avec H majiscule et sans excentrisme merci pour ces donnes chifrees .
les formations marketing communication sont elles recherchees par les etudiants chinois?