La Commission européenne a enclenché mercredi la première étape de procédures pour déficits excessifs contre neuf nouveaux pays, dont l'Allemagne et l'Italie, portant à 20 le nombre de pays épinglés pour dérapage de leurs finances publiques.
Les neuf nouveaux pays concernés par la procédure pour déficits excessifs de la Commission européenne sont l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique, le Portugal, l'Autriche, la République tchèque, la Slovénie et la Slovaquie. L'enclenchement de procédures contre ces pays était attendu, car les déficits prévus pour ces Etats en 2009 sont supérieurs à la limite de 3% du Produit intérieur brut (PIB) autorisée par le Pacte de stabilité européen.
Bruxelles a déjà lancé cette année des procédures pour déficit excessif contre neuf autres pays, dont la France, alors que les finances publiques des pays de l'UE ont explosé avec la crise économique. Si l'on ajoute le Royaume-Uni et la Hongrie, déjà épinglés avant la crise, ce sont 20 pays sur 27 qui devraient être concernés par ces procédures, une fois qu'elles seront formellement lancées pour les neuf nouveaux pays, après consultation des Etats de l'UE.
"Du fait de la crise économique, la grande majorité des Etats membres de l'UE vont accuser un déficit budgétaire de plus de 3% du PIB en 2009", a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia, cité dans un communiqué. Cependant, il est "essentiel de continuer à appliquer" le Pacte de stabilité "avec rigueur afin d'ancrer l'idée que les déficits excessifs doivent être corrigés de manière ordonnée", a-t-il ajouté.
Une procédure pour déficit excessif vise, via des recommandations précises, à mettre la pression sur les Etats fautifs pour qu'ils ramènent leurs déficits dans la limite maximale tolérée dans l'Union européenne. Elle peut aller jusqu'à l'adoption de sanctions contre les pays concernés dans les cas les plus graves. La Commission devra maintenant décider du temps qu'elle donne aux nouveaux pays concernés pour revenir dans les clous.
Cette échéance précise n'interviendra que dans quelques semaines, après consultations avec les Etats de l'UE. Les ministres des Finances devront ensuite se prononcer pour valider le lancement des procédures. Cette décision finale devrait intervenir début décembre, a indiqué jeudi à Göteborg (Suède) le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia.
Les déficits européens ont explosé depuis l'an dernier, creusés par les dizaines de milliards d'euros dépensés par les gouvernements pour financer des plans de relance face à la récession, et par la hausse des dépenses sociales induite par la crise. La Commission prévoit qu'ils atteignent 6,5% l'an prochain dans la zone euro, contre 0,6% encore en 2007. Quant à la dette, elle devrait atteindre 83,8% du PIB en 2010, selon Bruxelles, contre 66% en 2007. Soit bien au-delà des 60% normalement autorisés par le Pacte de stabilité.
Face à cette situation alarmante, les Européens s'efforcent d'agir. Réunis jeudi à Göteborg, en Suède, les ministres des Finances de l'UE se sont mis d'accord sur la nécessité de mettre fin aux plans de relance quand la croissance reviendra, de prendre plus de mesures de consolidation budgétaire et de mener des réformes structurelles dès que possible. Mais ils sont divisés sur l'idée de fixer d'ores et déjà une date butoir en 2011 pour commencer l'effort budgétaire, alors que la situation économique est encore fragile en Europe.
Certains pays dévoilent cependant dès maintenant des mesures d'austérité, comme les Pays-Bas, qui ont annoncé une réduction de 20% de leurs dépenses publiques à partir de 2011. Les conservateurs britanniques, qui se préparent à revenir au pouvoir au printemps 2010, promettent aussi une cure d'austérité dans le secteur public. D'autres Etats en revanche se montrent peu favorables à une réduction drastique des dépenses, comme la France.


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J'aimerais connaître la liste des pays qui n'ont pas dépassé la barre des 3 %. Impossible de le savoir par votre article. Merci
Comment voulez vous qu il en soit autrement avec une crise de cette ampleur et des problémes partout il y avait toutes les chances que cela dérape c'était inévitable aussi je suis pas surpris de voir que les ETATS ont des problemes de trésorerie et je trouve que la commission devrait relever ses taux aux dela du quels ont ne pourrait pas depassé et je propose que de 3% on passe à 8% ce qui serait une bonne marge car avec seulement 3% les Etats ne pourront pas faire face.CA c'est sur et certain.