Les travailleurs de l'Est bienvenus si la main d'oeuvre manque

Ingrid Vergara -  28/04/2006 16:29:00  - L'Expansion.com 
 

A partir du 1er mai, les ressortissants des huit pays de l'Est membres de l'Union européenne pourront travailler en France. A condition d'occuper un métier dans un secteur d'activité qui manque de main d'oeuvre. Une majorité de pays ont assoupli l'accès à leurs emplois.

Dans trois jours, soit dès le 1er mai, les ressortissants des huit membres de l'Est de l'Union européenne pourront venir travailler dans certains secteurs en France et accéder plus facilement aux marchés du travail de sept autres Etats. Lors de l'adhésion de ces nouveaux membres en 2004, trois pays seulement -  la Grande-Bretagne, l'Irlande et la Suède - avaient décidé d'ouvrir sans restriction leur porte à la main d'œuvre de l'Est. Les douze autres avaient préféré, au moins pendant une période dite transitoire, protéger leur marché de l'emploi en imposant des quotas ou en obligeant les nouveaux ressortissants à la même procédure que toute personne n'appartenant pas à l'Union européenne. Seuls les habitants de Malte et Chypre, faiblement peuplés et donc considérés comme sans danger, faisaient exception à la règle. 

Deux ans plus tard, dans une optique d'immigration « choisie », la France a décidé de n'ouvrir son marché du travail que dans sept secteurs d'activité et 61 métiers, en manque de main d'œuvre. Les ressortissants des huit Etats de l'Est pourront donc postuler dans les métiers du BTP, de la restauration, de l'agriculture, de la mécanique, dans les industries de transformation (agroalimentaire, verrerie, papier), le commerce ou comme agents de nettoyage. Cela représente, selon le ministère français du Travail, un potentiel de 230.000 emplois. Dans les autres branches, les restrictions actuelles sont maintenues. Elles pourront l'être au maximum jusqu'en 2011, la date limite fixée par Bruxelles pour la période transitoire.

A l'exception de la CFTC et de la CFE-CGC, les syndicats français étaient plutôt pour une levée totale des restrictions, soulignant que celles-ci ne faisaient qu'encourager le travail clandestin. Soucieux de rassurer sur une question politique aussi sensible que celle de l'immigration, le ministère de l'Emploi a pris soin de rappeler vendredi qu'actuellement, les autorités françaises recevaient chaque année 10.000 demandes d'autorisation de travail de la part des ressortissants des huit états membres et que les flux d'entrée sur les métiers autorisés seraient attentivement surveillés. 

Comme la France, d'autres membres ont joué la prudence en ne levant pas toutes les barrières. Le Luxembourg va progressivement lever ses quotas; l'Italie va gonfler à 170.000 son quota annuel, la Belgique et les Pays-Bas assoupliront leurs procédures pour certains secteurs. Trois pays ont choisi d'ouvrir complètement leur marché du travail : l'Espagne, le Portugal et la Finlande. En revanche, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche ont préféré les maintenir. Ces deux derniers justifient leur choix par leur proximité avec les pays de l'Est et leur taux de chômage élevé. Les positions de la Grèce et du Danemark n'étaient pas encore arrêtées vendredi. Selon la Commission, le Danemark aurait décidé de maintenir les barrières, même si son Parlement avait adopté début avril un compromis supprimant les quotas et prévoyant une plus grande ouverture du marché du travail.

 
 
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