Consacrée à la mobilité intergénérationnelle, une étude de l'Insee éclaire la situation paradoxale et défavorisée des actuels quadragénaires, à la fois plus diplômés et moins bien servis par l'ascenseur social que leurs aînés.
L’ascenseur social a des ratés. Le constat n’est certes pas nouveau, mais une étude de l’Insee vient éclairer le phénomène, qui explique bien des frustrations en France. L’idée du déclassement entre générations a été popularisée, notamment par les études du sociologue Louis Chauvel. Ce dernier s’est penché sur les écarts de richesse, de revenus, de conditions de vie, entre les générations du baby-boom et leurs cadets, moins bien lotis, pour cause de « trente piteuses » depuis le milieu des années 70. L’étude qu’a menée Camille Peugny pour le compte de l’Insee, elle, s’est attachée plus précisément à la mobilité sociale. C’est à dire au devenir d’une génération par rapport à celle de ses parents.
Que constate cette étude ? S’il fonctionne encore, l’ascenseur social est tout de même sérieusement grippé. La part des individus qui connaissent une promotion sociale par rapport à leurs parents est toujours supérieure à celle des déclassés. Mais elle s’est significativement réduite. A l’approche de la quarantaine, les baby-boomer nés entre 44 et 48 avaient 2,1 fois plus de chance de grimper à l’échelle sociale que de descendre. Pour la génération née entre 64 et 68, autrement dit les actuels quadras, ce rapport est tombé à 1,4.
Le phénomène peut s’expliquer par un effet de l’élévation de l’origine sociale. Pour des générations plus souvent issues de milieux favorisés, il est forcément plus difficile de faire mieux que leurs parents. Il y a là un « effet plafond ».

Pour autant, « cet argument ne saurait expliquer à lui seul la dégradation des perspectives de mobilité sociale », observe Camille Peugny. Car la dégradation s’observe à tous les niveaux. Au bas de l’échelle d’abord, où il n’est pas question d’ « effet plafond ».
Ainsi, parmi les fils d’ouvriers qualifiés, la part de ceux qui ont accédé aux professions intermédiaires a chuté de 7 points entre la génération des années quarante et celle née vingt ans plus tard, passant de 33% à 25%. Parallèlement, la part de ceux qui sont descendus vers des postes d’employés et d’ouvriers non qualifiés a augmenté de plus de 9 points, passant de moins de 13% à 22%.
Et depuis le haut de l’échelle, les décrochages entre générations sont également plus nombreux. Si 8% des fils de cadres nés entre 44 et 48 devenaient employés ou ouvriers, c’est le cas de 11,4% de ceux nés vingt ans plus tard. Alors que dans le même temps, les chances de conserver un statut identique sont moins nombreuses. Cependant, ce phénomène de descenseur se corrige un peu pour les générations les plus récentes. La part des déclassés passe de 24% pour la génération de 59 à 64 à 20% pour celle de 64 à 68.
Si la génération des années 40 a pu surfer sur la forte croissance des trente glorieuses, sa cadette a été confrontée à la crise et à un fort taux de chômage. Mais également, ses difficultés s’expliquent par « une évolution moins favorable de la structure sociale », écrit Camille Peugny. Le nombre d’emploi de cadres progresse toujours, mais moins vite. Alors que dans le même temps, les générations successives sont de plus en plus diplômées. Dès lors, le lien entre diplôme et position sociale s’amenuise. Au contraire, « le poids des caractéristiques de l’ascendance paternelle » augmente, rapporte l’auteur. Ce qui amène « à questionner le degré de méritocratie de la société Française », interpelle Camille Peury. Même si le phénomène concerne nombre de pays occidentaux.

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Bientôt 48 ans et effectivement le sentiment d'être le dindon de la farce car après avoir accepté de patienter, en capitalisant toute l'expérience nécessaire (et en ne comptant pas son temps) pour obtenir le poste de direction convoité depuis bien longtemps, patatras vous êtes trop vieux, pas sorti de la plus grande école etc ... alors que en y regardant de plus près le nouveau DAF quand vous discutez avec, vous vous appercevez qu'il n'a jamais fait de terrain (à part de l'audit mais on peut faire mieux au niveau opérationnel non ?). Remarque partagée avec des confrères pour d'autres fonctions (commerciales, techniques) Quand on voit les grands plantages de ces dernières années comme les subprimes, on peut légitimement penser qu'une personne expérimentée aurait vu le problème ... pas de ségrégation entre générations mais simplement droit aux postes de direction sans limite d'âge ! (après tout les PDG eux ont le droit d'être âgés)
Effet de la génération "moi d'abord"... Ils se sont emparé d'une institution, et l'on rendu exsangue, ou ont pris les commandes d'un système économique prétenduement abhorré, et au nom de grands principes ont imposé une vision irréelle de la société dans les années 80. Tout ceci a évidemment contribué au déclassement pour certains, et au grippage de l'ascenseur social pour les autres. Dure succession en effet.
Vrai de tous temps. C'est rarement le savoir et la compétence seuls qui permettent l'accession aux responsabilités mais plutôt les intrigues et le faire-savoir. Sous un autre angle ne pas accéder pas aux échelons supérieurs ne prouve pas forcément la compétence.
Entre un enseignement supérieur qui n'en a plus que le nom et un ascenseur social bloqué par les privilèges et les ayant droit, ce résultat n'est que logique. Deux axes de travail, donc. Il faut se demander pourquoi les bons éléments ne réussissent plus à percer. Le nivellement par le bas est là. Ne pas faire de l'ombre aux incompétents qui ont le pouvoir.