
Alors que les cours des matières premières s'effondrent, les étiquettes des produits les plus courants restent orientées à la hausse. A qui la faute ?
Industriels et distributeurs sont-ils en train de se refaire une santé sur le dos des Français ? La question titille aussi bien les ménages que les associations de consommateurs, tant le décalage entre l'évolution des cours des matières premières et celle des prix des produits de grande consommation est large.
Ainsi, à la fin de décembre, alors que les denrées agricoles avaient plongé de 13,4 % sur un an, les tarifs de l'alimentation avaient grimpé de 3,2 %, selon l'Insee. Si les géants de l'alimentaire avaient répercuté la baisse des cours, les prix des coquillettes, des yaourts ou des gâteaux industriels auraient dû reculer.
Preuve en est, les calculs exclusifs réalisés par L'Expansion (voir tableau ci-dessous). Un exemple : les pâtes. Compte tenu du poids du blé dur dans leur coût de production, les tarifs en magasin auraient dû chuter de 37,5 %. Stupeur ! ils affichaient à la fin de 2008 un bond de 16,3 % sur un an, d'après les relevés de Nielsen. "Logiquement, le prix des pâtes devrait diminuer de 10 % cette année. Idem pour la baguette", affirme Pascal Perri, économiste et auteur de La Bataille du pouvoir d'achat (Eyrolles).
Certes, depuis quelques semaines, d'après une enquête de la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV), certaines grandes marques ont commencé à réduire leurs tarifs. Mais le compte n'y est pas, et il ne faut pas s'attendre à de fortes baisses en 2009.
"Dans les négociations actuelles avec les fournisseurs, certaines hausses nous semblent injustifiées", s'énerve Jérôme Bédier, de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution. On l'aura compris, comme à chaque fois, c'est toujours la faute au voisin... Prenons l'exemple du pain. Au bout de la chaîne, les boulangers se plaignent de l'inertie des cours de la farine. Joseph Nicot, de l'Association nationale de la meunerie française, se défend : "Nous achetons le blé avec des contrats à long terme, d'où un décalage. Cela dit, selon l'Insee, le prix de la farine a reflué fin 2008".
| Evolution du cours des matières premières | Evolution des prix de détail | Evolution des prix qu'on aurait dû observer | |
|---|---|---|---|
| Yaourt | - 10 % | + 1,8 % | - 7 % |
| Lait uht | - 10 % | + 6,3 % | - 8,5 % |
| Pâtes | - 50 % | + 16,3 % | - 37,5 % |
| Pain | - 50 % | + 2,4 % | - 12,5 % |
| Volaille | - 4,8 % | + 5,2 % | - 2,7 % |
| Gazole (1) | - 64 % | - 47,3 %(2) | - 50 % |
Variation annuelle des prix à fin décembre 2008, sauf (1) variation des prix entre juillet et décembre 2008. (2) Prix hors TIPP et TVA. Sources : L'Expansion, CLCV
Dans la volaille aussi, fabricants d'aliments, aviculteurs, industriels et distributeurs se renvoient la balle. Des débats qui laissent sceptique Olivier Andrault, de l'UFC-Que choisir : "Par le passé, les hausses des prix agricoles ont été répercutées sur les prix de détail, mais pas les baisses". Les fabricants de produits laitiers, eux, assument la "stabilité" de leurs prix. "Une diminution mettrait en danger nos entreprises, mais aussi les agriculteurs, car nous devrions leur acheter le lait encore moins cher qu'aujourd'hui", explique Jehan Moreau, de l'Association de la transformation laitière.
Reste le cas de l'essence : le litre de carburant a chuté depuis l'été, presque en ligne avec les cours de l'or noir. "Mais, pour le diesel, les prix sont encore de 3 à 4 centimes trop chers", soutient Thierry Petitjean, économiste à la CLCV. Explication : les marges de raffinage des pétroliers s'accroissent depuis plusieurs années, ce qui pèse sur les prix à la pompe.


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Les prix évoluent dans une parfaite logique du profit ,c'est celle du libéralisme totalement débridé.Soi-disant libéraliser l'implantation des grandes surfaces devait amener plus de concurrence et donc une baisse des prix ....Encore un postulat du libéralisme jamais vérifié la soi-disant lutte fratricide entre grandes enseignes se faisant plutôt sur l'arnaque à la qualité par exemple,à la présentation ou sur des vertus plus ou moins imaginaires(santé etc...)
ok pour un boycott organisé. Qui est expert en plateformes internet? Il faut se bouger quand on n'accepte plus ce qui se passe.
A quand un boycott organisé et mediatisé des grandes surfaces qui pratiquent ces hausses injustifiées de produits de première necessité .La dignité ,cher ours ,n'a pas plus de sens chez le directeur general d'Auchan ,1ère fortune de France,que chez les spéculateurs de tout poil qui nous ont entrainés dans cette crise .
Sympa l'argument du "contrat à long terme" pour les matières premières. Mais bizarrement, il n'y a aucun délai de répercussion sur les hausses des dites matières premières... Il faudra peut être un jour sanctionner ces abus
Les consommateurs ont toujours été pris pour des bonnes poires et les grandes surfaces s'en mettent plein les poches. Est ce que les patrons de ces grandes surfaces se poseront la question actuellement neuf à dix millions de français vivent avec moins de mille euros. Toi patron de grande surface au lieu de penser à changer ton grand voilier ou autre bateau, pense que beaucoup de français ont juste de quoi survivre. Un peu de dignité toi qui ne sait quoi faire de ton argent. Bonne réflexion !!