Tour d'horizon, non exhaustif, des plans de réduction d'effectifs et des licenciements prévus dans l'Hexagone. Aucun secteur, aucune région, ne sont épargnés.
«Le risque, c’est qu’on lui dise qu’il ne sert à rien» : du côté de la CFDT, on a le propos grinçant pour évoquer la tâche qui attend Claude Viet, le futur pilote de la cellule de veille gouvernementale sur les licenciements. Il est vrai qu’il aura sans doute fort à faire dans les prochains mois. L’Insee, qui a révisé en forte baisse ses prévisions de croissance pour la fin de l’année, anticipe une dégradation très nette de l’emploi d’ici à la fin de l’année. Elle prévoit 80.000 demandeurs d’emplois de plus, ce qui ferait passer le taux de chômage à 9,3%, alors qu’il est actuellement de 9%. Et même si, comme le note Eric Heyer, économiste à l’OFCE, «les entrées au chômage à la suite de licenciements sont assez marginales», la multiplication des plans sociaux laisse sur le carreau des milliers de salariés. Et frappe l’imaginaire de millions d’autres. Tous les secteurs, toutes les régions sont touchés. Voici la liste noire, non exhaustive, de l’emploi en France.
Dans le Grand Ouest, le site d’Alcatel à Lannion ne comptera plus que 1400 salariés à la fin de l’année : le groupe de Serge Tchuruk a fait partir en fumée 600 emplois là-bas, et 19.000 dans le monde. Près de Rennes, Mitsubishi va fermer son usine de téléphones portables, menaçant du coup près de 650 emplois. Solectron, fabricant de composants électroniques, a mis à la porte 200 des employés de son usine de Pont de Buis, dans le Finistère, soit près de 40% des effectifs. Dans le Centre, 150 personnes vont devoir quitter le Futuroscope de Poitiers. A Romorantin, les usines Matra vont supprimer 500 emplois d’ici la fin 2002. A Roanne, dans la Loire, GIAT Industries, procède aussi à des coupes sombres en mettant à la porte 500 salariés, dans le cadre d’un plan de suppression d’emplois portant sur 3000 postes au moins.
Dans l’Est, Daewoo a annoncé un plan social pour les 229 salariés de son usine de Villers-la-Montagne. Dans le Nord, Cadbury va fermer son usine de Wattignies, dévolue à «La Pie qui chante», et envoyer 142 salariés à l’ANPE. Et Whirlpool supprime 360 des 860 postes de son usine d’Amiens. Dans le Sud-Ouest, le secteur de la chimie à Toulouse est particulièrement sinistré depuis l’explosion de l’usine AZF l’année dernière : l’usine Grande Paroisse et ses 450 emplois est appelée à disparaître. Quant à la SNPE voisine, elle va supprimer les trois quarts de ses postes. Le groupe textile Rouleau-Guichard est quant à lui frappé par la délocalisation : 350 emplois sur 700 n’existeront plus d’ici cinq ans. L’éditeur de jeux vidéos Kalisto, mis en liquidation, a laissé 200 personnes sur la touche. Dans le Sud-Est, Gemplus, le leader mondial de la carte à puce, va supprimer 600 emplois sur 2200 près de Marseille. A Grenoble, Hewlett-Packard est bien parti pour alléger ses effectifs de 800 postes.

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