
A un mois de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, Greenpeace publie le classement de 11 pays en fonction de leurs performances en politique environnementale. Les dirigeants de la Chine et l'Inde sont en tête alors que Barack Obama est dernier. Les explications de Karine Gavand, responsable des campagnes climats de Greenpeace France.
Pourquoi élaborer un tel classement? (à retrouver ici)
Le but est de pointer le clivage entre les discours politiques des pays industrialisés et la réalité des efforts fournis. Si le responsable du climat à l'ONU Yvo De Boer déclare qu'il n'a jamais vu auparavant la question du climat placée si haut sur l'agenda des dirigeants du monde, Greenpeace fait surtout le constat que beaucoup font des beaux discours et peu se fixent de véritables objectifs chiffrés. Seul Gordon Brown a parlé la semaine dernière de consacrer 70 milliards d'euros (dont 35 milliards d'euros de financement public) aux pays en développement pour les aider à financer leurs politiques climatiques, ce qui reste insuffisant. Ce classement vise à mettre la pression sur tous les dirigeants. Nous espèrons qu'il fera de la conférence de Copenhague un lieu de décisions concrètes.
1/ les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre
2/ les financements attribués pour faire face au déréglement du climat
3/ les ambitions en terme de protection des forêts
4/ la nature du cadre légal (juridiquement plus ou moins contraignant) proposé par chacun pour favoriser la lutte contre le réchauffement climatique
5/ la politique nationale et le «leadership» , c'est à dire l'ambition manifestée par chaque chef d'etat (mesurée à l'aune des politiques climatiques effectivement menées dans son pays et par sa volonté de participer en personne au sommet de Copenhague)
Comment ont été construits les critères de notation?
Nous sommes partis des prévisions des scientifiques du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), au rang desquels se place Lord Nicholas Stern [ndlr: connu pour le rapport Stern sur l'économie du changement climatique publié en 2006]. Ils recommandent une diminution d'au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre dans les pays industrialisés d'ici 2020 pour avoir de sérieuses chances de combattre le réchauffement climatique. Pour qu'un tel objectif se réalise, il faudrait que l'ensemble des pays industrialisés consacre 110 milliards d'euros par an aux politiques climatiques. A partir de là, nous avons élaboré un rétro-planning de ce que les chefs d'Etat devraient faire pour répondre à ces exigences. Et nous avons comparé cet idéal à la réalité, puis attribué des notes.
Pourquoi Greenpeace n'évalue que 11 pays?
Greenpeace est présent dans 41 pays. Pour des raisons de lisibilité, nous avons limité le classement aux 11 pays qui à nos yeux ont les moyens de faire bouger les choses lors du sommet de Copenhague. Mais le classement sera peut-être enrichi d'autres pays d'ici peu. Tuvalu, qui est un des plus petits pays du monde, a été choisi comme témoin des pays en souffrance du changement climatique alors qu'ils n'en sont pas du tout responsables.
Quelles sont les conclusions principales du classement?
Il montre que les pays en développement font des efforts réels en matière de politique climatique. Il détruit l'idée préconçue et bien travaillée par les pays industrialisés selon laquelle les pays en développement empêchent les pays développés de lutter proprement contre le changement climatique. Les bonnes notes de la Chine ou de l'Inde vont sûrement étonner l'opinion générale, mais ce n'est pas une grosse surprise pour nous.

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