Santé

Les mutuelles prennent pied dans l'Assurance maladie

Avec AFP -  29/07/2008 17:46  - L'Expansion.com 
 

Les assurances privées et les mutuelles verseront un milliard d'euros à l'Assurance maladie en 2009. En contrepartie, elles seront associées à la gestion de la Sécurité sociale. Syndicats et associations de malades dénoncent un « début de privatisation ».

Le gouvernement a tranché : ce sont finalement les complémentaires santé qui mettront la main à la poche pour réduire le déficit de l’assurance maladie. Assurances privées et mutuelles devront verser un milliard d’euros en 2009 via une taxe sur leur chiffre d’affaires, selon le nouveau plan de redressement annoncé par Roselyne Bachelot et Eric Woerth. L'ensemble des mesures devrait permettre de réduire de quatre milliards le déficit de l’assurance maladie dès l’année prochaine.

Pour mieux faire passer la pilule, les deux ministres ont annoncé en parallèle que les complémentaires seront associées à la gestion de la Sécurité sociale. Le gouvernement attend ainsi qu'elles « fassent leurs meilleurs efforts » pour ne pas augmenter les cotisations de leurs adhérents.

Les entreprises également mises à contribution

Le gouvernement compte récupérer 300 millions d’euros à partir d’un « forfait » sur certaines niches fiscales versé par les entreprises. Un prélèvement sera notamment acquitté par les employeurs sur les sommes distribuées au titre de l’intéressement et de la participation. Cette contribution patronale ne portera en revanche ni sur les titres restaurant ni sur les aides au comité d’entreprise.

Espoir immédiatement douché par le président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), Gérard de la Martinière, pour qui « toute taxe sur le chiffre d'affaires est inévitablement répercutée sur le consommateur final à un moment ou à un autre ». La Mutualité française, qui regroupe la quasi-totalité des mutuelles de santé de France, se veut quant à elle plus mesurée. Son président, Jean-Pierre Davant, a déclaré qu’il « n'approuvait pas » cette taxe, mais qu'il allait « tout faire pour essayer de ne pas […] répercuter cette année sur les mutuelles ».

« Une escroquerie »

Si les syndicats se réjouissent que les assurés soient épargnées par les mesures du gouvernement, ils craignent en revanche que la taxation des complémentaires se retournent contre leurs adhérents. Ainsi, FO s’est dit « choqué » de la réaction des assurances privées « plus soucieuses de leurs bénéfices grandissants que d’une assurance maladie solidaire pour tous ».

Autre sujet d’inquiétude : l’association des complémentaires santé à la gestion de l’assurance maladie. « Faire passer l'idée que le transfert de la sécurité sociale à la mutuelle, c'est la même chose, c'est faux et une escroquerie », a commenté Annie Thomas, vice-présidente de la CFDT. « A la Sécu, vous payez selon vos revenus et vous êtes soignés selon vos besoins. A la mutuelle, vous payez en fonction de ce qu’on pense que vous allez avoir, et donc vous allez payer plus cher si vous êtes plus malade », fait-elle valoir. « Leur logique n’est pas la solidarité », ajoute FO.

Du côté des patients, le pessimisme domine également. Pour l'association française des diabétiques (AFD), associer les complémentaires équivaut à un « saucissonnage de l'assurance maladie ». Un avis partagé par Christian Saout, du Ciss, un collectif regroupant une trentaine d'associations de malades, qui voit « clairement un début de privatisation du système de santé ».

 
 
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Commentaires - (18)
Jacky 3/9/2008 Recommander 0

DEPASSEMENT D'HONORAIRES DES MEDECINS SPECIALISTES: La pratique des dépassements d’honoraires se généralise au détriment de l’assuré social. L’état est directement responsable de cette dérive et bénéficie par la même occasion d’un double impôt : Jusqu’à 50% des montants des dépassements (Impôt des médecins). Quant au contribuable, il devra payé une seconde fois un impôt sur des revenus qui auront été amputés par les montants des dépassements d’honoraires (double peine). Quelles valeurs peut-on attribuer aux prix négociés par les arrêtés ministériels si des médecins, peuvent, à leurs convenances, exiger des tarifs différents ? Cette pratique que j’assimile à un délit d’initiés (acceptation de l’état et des médecins) est scandaleuse et ne mérite que mon indignation et ma frustration. Ces mesures confiscatoires profitent à l’état qui perçoit un impôt providentiel (environ un milliards d’euros) et aux médecins spécialistes qui s’enrichissent au détriment de l’assuré contribuable. Symbole de dire « travailler moins pour gagner plus ». Je n’ai rien contre un médecin qui veut pratiquer des honoraires libres. Mais dans ce cas, il ne doit pas être conventionné par la sécurité sociale. Cette logique serait plus honnête pour un gouvernement qui se veut juste et respecter la logique de la protection de la santé pour tous. Lorsqu’un citoyen verse volontairement pour un don à une association caritative ou pour le financement d’un parti politique, le contribuable peut déduire en toute légalité 66% de son financement, par contre il sera doublement imposé s’il subit des dépassements d’honoraires en cas de maladie. Moralité : L’état favorise l’appauvrissement des assurés sociaux, il permet la dégradation du système de protection sociale et l’injustice devant l’impôt.

papipyck 3/8/2008 Recommander 2

Je suis surpris que l'on ne parle jamais d'économie par exemple les étrangers qui viennent se faire soigner ou accoucher en France et touchent les allocations puisque le petit est français. On avait aussi parlé de "médecins" ou chirurgiens qui étaient payés et ne mettaient jamais le pied dans l'hopital. Quant aux fraudeurs sur allocations vieillesse, chomage et tout ce que nous ignorons..... Reste la santé qu'il vaudrait mieux éviter les maladies (par exemple par compléments alimentaires je pense au déremboursement des oligosols indispensables à une santé équilibrée ou au magnésium contre la spasmophilie entre autres)et aussi une formation des médecins soustraite aux lobby des industriels dit "de la santé plutot que de soigner une emplâtre sur une jambe de bois; aussi les prothèses a grand renfort de chirurgie alors qu'il suffirait de fixer le calcium, le vrai et non pas celui qui n'est pas assimilable comme celui des vaches surtout nourries à grands renfort d'ensilage fermenté qui cirrhose le foie de ces pauvre betes qui l'aiment puisque l'alcool leur donnent à elles aussi l'ivresse. Qui aura le courage de s'attaquer aux vrais problèmes contre les lobbys de l'industrie??? au lieu de toujours faire payer même les plus vertueux qui ne peuvent de défendrent!!!!!!!

René-Pierre 2/8/2008 Recommander 1

C'est vraiment étonnant que l'on parle en permanence de chiffre d'affaire quand il faudrait parler de bénéfices ou de résultat net (y a t il d'ailleurs une différence ?). Taxer un chiffre d'affaire est suicidaire pour l'entreprise et n'a aucun sens en soi, si ce n'est remplir des caisses sans justification aucune. Taxer un bénéfice, oui. Une taxe environnementale, oui. Il est vraiment curieux que cette obsession du CA soit partout verrouillée dans les esprits. Parce que c'est un non-sens qui conduit jusqu'à la destruction de notre environnement par le pillage et la pollution. Quant à la prise en compte des mutuelles pour la gestion de la "sécu", cela ne peut qu'être bénéfique au vu des errements antérieurs.

minautore46 30/7/2008 Recommander 0

Enfin les mutuelles prisent la main dans le sac !!! les bénéf sont taxés ce qui laisse penser que l'Etat se substitue aux mutualisés en récupérant une fraction des bénéf qu'elles ont oublié de nous distribué c'est drole !!ce qui est également hilarant c'est ce privilége, sur la durée du travail qui régne dans ces sociétés mutualisées 28 h de travail hebdo et non 35 pourquoi? est ce une réserve de productivité?

les marmottes 30/7/2008 Recommander 0

Il est un peu normal si on demande de l'argent de pouvoir être également partenaire dans les décisions prises. Tout le monde connait les abus, dans quels domaines ils ont lieu (et je sais de quoi je parle), mais depuis des années et des années rien ne change et il faut toujours boucher un gouffre sans fond. Déjà depuis longtemps les mutuelles devaient palier au non remboursement de la sécurité sociale, mais là il faut absolument les réduire les dépenses. Nos poches sont usées à force de toujours y puiser et nous payons nos cotisations à nos mutuelles.

gcapel 30/7/2008 Recommander 1

Puisque les assurances, mutuelles santé incluses, engrange beaucoup de profits là ou la SS en perd beaucoup, pourquoi ne serait-il pas envisageable que la SS crée une sorte de complémentaire santè de premier niveau, afin de diminuer son déficit? Comment peut-on admettre sans broncher qu'une structure sociale de solidarité perde énormément de capitaux, là où des entreprises privées tire des profits?

Milo 30/7/2008 Recommander 7

Un jour peut etre les gens se rendront compte de la chance que nous avons avec notre système dit "moyen ageux", "soviétique" ou autres, et ce jour là vous réaliserez que vos grands parents se sont battu pour ces avancées sociales uniques au monde! On envie ce que nous n'avons pas, nous regrettons ce que nous n'avons plus.... à méditer.

elfidas 30/7/2008 Recommander 4

Que vient faire cette prétendue logique "post-URSS"?!!! L'auteur de cette remarque devrait davantage se poser des questions. Il s'agit de préserver un système de solidarité où les malades ne sont pas considérés comme des parasites. Je recommande la lecture de "Mad in USA" de Michel Desmurget pour ceux qui pense que la liogique libérale américaine est forcemment la meilleure.

Iznogoud 30/7/2008 Recommander 0

Mais qu'est-ce que l'idéologie post-URSS vient faire là dedans ???? Ls sécu est un gouffre (bonjour le "meilleur système au monde" !), et elle est sans cesse en train de chercher de l'argent dans ..... NOS POCHES ! Eh oui ! Il faudrait ouvrir les yeux : qui paye ? NOUS TOUS ! Vous imaginez quoi ? Que l'Etat a de l'argent par l'opération du Saint-Esprit ? Que les taxes ne sont pas pyées au final par les consommateurs (c'est à dire nous) ? Alors cessons de reproduire un système soviétique qui ne peut que s'effondrer, et ayons le courage de faire de VRAIES réformes, en regardant dans les pays où ça marche plutôt qu'en se regardane le nombril et en disant "que je suis beau" !

apolline72 30/7/2008 Recommander 2

le benefice des mutuelles a qui appartient-il ? aux cotisants ..... quel magnifique coup bas ! au lieu de dire aux francais on réduit le remboursement (methode impopulaire et direct) on prefere faire prendre sur le benefice mutualise des cotisants ce qui revient au meme. Comment prendre les francais pr des ....

maracana 29/7/2008 Recommander 1

En toute logique il faut savoir ce que l'on veut ! En premier, ne pas considérer la S.S., dans sa branche Maladie, comme un "bien de consommation" comme un autre et se dire que plus on avancera dans le temps plus "la consommation" de soins sera élévée et onéreuse en raison du nombre grandissant de "consommateurs" et surtout de la techniocité de plus en plus élevée de soins prodigués et des "maladies" à soigner. Nous serons de plus en plus confronter au cruel dilemme de savoir si on choisis la 1ère solution, en gros ce qui existe actuellement, ou si on résonne d'une manière purement, strictement et sèchement comptable ! En résumé, nous continuons notre système français, qui il faut avoir l'honneteté de le reconnaitre, est sans doute ce qui se fait de mieux au monde (hé oui n'en déplaise aux requins de la finance qui attendent que le fruit bien mur leur tombe dans la gueule !)ou nous optons pour le système anglo-saxon et américain, à savoir chacun paie pour ce qu'il veut bien assuré comme partie de son corps avec dans le meilleur des cas (cf. la Grande Bretagne) un Service National de Santé triste copie de notre système ! Il semblerait, et les dernières décisions prises par le gouvernement semblent l'indiquer, que l'on s'oriente vers ce dernier choix ! Il est vrai que notre beau pays est rempli de Bernard TAPI qui attendent de recevoir de notre état, pour services rendus, des étrennes sonnantes et trébuchantes qui pourront lui permettre de se payer la meilleure des complémentaire de santé.

M. Perplexe 29/7/2008 Recommander 1

@ JPALMER Finalement, le but ultime de nos gestionnaires (et de leurs inspirateurs idéologiques) semble enfin dévoilé au grand jour : la Sécu encaissera ponctuellement les cotisations mais ne remboursera plus rien au delà de l'euro symbolique... Quant aux malades, ben comme dirait une connaissance qui travaille dans le monde de l'assurance, "ils n'auront qu'à réduire leur kilométrage annuel pour diminuer le risque d'accident... " Bienvenue dans le paradis libéral !!!

Ulysse65 29/7/2008 Recommander 13

@ "JPALMER" : Oui, c'est un gouffre à milliards du fait que l'état ne reverse pas ce qu'il prélève aux français "pour la Sécurité Sociale". Oui, celle ci est en déficit permanent du fait que le gouvernement fait "cadeau" des cotisations sociales à nos frais à des entreprises qui n'en ont nul besoin ou ne prend aucune mesure de rétorsions envers celles qui ne payent pas. Les PME, elles, payent plein pot et sont obligées de mettre la clef sous la porte à la moindre petite malversation, Quant aux particuliers, ils n'ont aucun moyen de passer à travers et finalement, ce sont les malades qui payent. Mais chacun sait que la devise de la France n'est plus "liberté, égalité, fraternité", mais : "que vous soyez puissant ou misérable ..."

delpiero83 29/7/2008 Recommander 2

et qu'on laisse crever ceux qui ne peuvent pas se soigner pendant que tu y es... Vive le chacun pour sa gueule ! Je te souhaite, JPALMER, de choper une maladie incurable que tous les milliards du monde ne pourrons pas soigner, histoire de te rappeler que la richesse ne peut pas tout acheter et que la solidarité n'est pas un vain mot. Si on devait privatiser la connerie, en tout cas, tu serais actionnaire majoritaire...

papilulu 29/7/2008 Recommander 0

Je suis mutualisé à la CCM-ADREA Alpes Dauphiné depuis plus de trente ans, bénévole en son sein, celle-ci est saine, gérée avec sérieux (3% d'augmentation pour 2008), près de ses adhérents, ce n'est pas un "marchand de soupe" ! Ce que dit Annie Thomas est erroné, les mutuelles (pas les compagnies d'assurances qui n'en portent que le nom) appliquent le même système que la répartition, dans le sens que l'on paie une cotisation annuelle identique à tous pour des garanties identiques pour ceux qui les contractent, par exemple les dépenses onéreuses de l'ALD n'augmentent pas la cotisation individuelle. Il ne faut pas semer la confusion dans les esprits ! . . . Et pour ma part je suis ravi que les mutuelles aient (enfin) leur mot à dire dans la gestion des comptes nationaux. Combien y a t-il de permanents syndicaux de tous poils rémunérés sur le compte de la SS ? . . Payer par les assurés ! Pas d'hypocrisie SVP ! Papilulu

dauvillar 29/7/2008 Recommander 0

N'est-il pas logique que les partenaires sociaux soient tous associés à la gestion de l'assurance maladie ? Aujourd'hui les assurés qui possèdent une complémentaire sont bien plus nombreux que ceux qui n'en ont pas. Ces derniers ont pour beaucoup la CMU et sa complémentaire et d'une façon ou d'une autre, ce sont les assurés ou les contribuables qui paient, avec les entreprises. Il reste des oubliés qui pourraient trouver une solution à leur exclusion dans ce nouveau partenariat ! Seuls les posssesseurs d'une mutuelle, individuellement ou par le biais de leurs employeurs, disposent d'un vrai tiers payant. Là, le décompte de la sécurité sociale va directement à la mutuelle et l'assuré de s'occupe plus de rien, le médecin transmettant la feuille de soins par Internet. Arrivé à ce point d'imbrication, parler aujourd'hui de privatisation rempante est peu réaliste. Les mutuelles ne voient pas d'un si mauvais oeil d'être associées. Et si demain les exclus étaient enfin assurés, que ce soit par un régime ou un autre, les tenants d'un système aujourd'hui imparfait iront-ils encore dénoncer cette solution alors qu'ils n'ont jamais su en trouver une quand ils étaient en charge de la santé des Français ?

pier21 29/7/2008 Recommander 0

Je ne cesse de répéter que la solution de bon sens c'est que le gros risque relève de la solidarité nationale (3% des malaldes c'est 50% des dépenses) et le petit (celui qui n'engage pas le pronostic vital) de la responsabilité individuelle par le biais d'assurances privées, miutuelles, etc... Quant aux plus déminis, une CMU rémunérant les professionnels de santé au forfait per capita, de façon à cadrer la dépense. C'est le seul moyen pour éviter le mur dans lequel nous allons et dont le crash fera près mal, surtout aux pauvres! En effet la santé n'a pas de prix, mais elle a un coût, quant aux grands sentiments de solidarité payés avec du bla bla....

JPALMER 29/7/2008 Recommander 9

il serait temps que l'on privatise ce gouffre à milliards

 
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