Test réussi pour les lycéens qui manifestaient jeudi à l'appel de leurs deux principaux syndicats en demandant le retrait de la loi Fillon. En cause, notamment, la réforme du baccalauréat. Le ministre de l'éducation a d'ailleurs fait un petit geste sur ce point.
Jour J pour les lycéens. Après les manifestations éparses des dernières semaines et le galop d'essai réussi de mardi, près de 100.000 lycéens sont descendus dans la rue jeudi dans les principales villes de France, à l'appel de leurs deux principaux syndicats, l'Union nationale lycéenne et la Fédération indépendante démocratique lycéenne. Avec Paris en pointe du mouvement, où ils étaient entre 40 et 80.000 pour les organisateurs et 15.000 selon la police, avec des mots d'ordre appelant au retrait pur et simple du projet de loi Fillon. Ils étaient par ailleurs, selon la police et les organisateurs, 12.000 à Lyon, 5.000 à Bordeaux et à Rennes, 3.500 à Toulouse, 2.500 à Nancy, au Mans et à Mont-de-Marsan, 2.000 à Perpignan...
Les lycéens protestent notamment contre la réforme du baccalauréat qui, en introduisant une dose de contrôle continu, risque selon eux de créer un « diplôme à deux vitesses », en fonction de la réputation du lycée où il aura été obtenu. Ils dénoncent également la fin des TPE en terminale, ces « travaux personnels encadrés » qui permettent aux lycéens d'approfondir un sujet d'étude transdisciplinaire. Et l'appauvrissement des apprentissages, qui résulterait selon eux de la mise en place d'un « socle de connaissances » minimal et n'aurait pour but que « l'intégration rapide au marché du travail ». Les lycéens protestent enfin aussi contre les suppressions de poste.
Le gouvernement, lui, a déjà fait un - petit - geste. François Fillon a ainsi prolongé de deux mois le délai accordé au groupe de travail qui planche sur la réforme du bac, qui est loin d'être arrêtée selon la rue de Grenelle. Il rendra ses conclusions le 31 mai. Le ministre de l'éducation nationale, qui s'est dit « extrêmement attentif et préoccupé » par le mouvement lycéen, après l'avoir accusé d'être « manipulé » ou, « au minimum mal informé », adopte une posture rassurante en affirmant que « le bac restera un examen national, anonyme, qui permet automatiquement l'entrée dans l'enseignement supérieur ».
Pour autant, le toilettage du bac n'est pas considéré comme « central » dans le projet de loi d'orientation de l'école, qui sera discuté en l'état à l'Assemblée à partir du 15 février malgré les manifestations. Le gouvernement espère que les vacances scolaires, qui ont débuté samedi pour la Zone A, et qui vont commencer dans respectivement deux et neuf jours pour les zones B et C, vont freiner l'ampleur de la contestation des lycéens au moment où les parlementaires vont s'emparer du texte. Mais les syndicats ont, eux, déjà prévu de repartir de plus belle en mars si le texte Fillon est maintenu.

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