
Après être reparties à la hausse en 2007, les défaillances d’entreprises vont encore accélérer en France cette année. Le BTP est le secteur le plus touché. Mais ce n’est rien comparé à des pays comme l’Espagne ou les Etats-Unis.
Les défaillances d’entreprises sont reparties à la hausse en France en 2007. Après un repli de 4% en 2006, elles ont augmenté de 5,7% l’année dernière selon une étude de l’assureur de crédit Euler Hermes publiée mercredi. Et la situation ne semble pas près de s’améliorer. Les dépôts de bilan devraient s’accélérer pour augmenter de 10% en 2008. Maigre consolation, les difficultés sont encore plus importantes à l’échelle mondiale avec une hausse des défaillances qui atteindrait 15% cette année.
« L’économie mondiale est soumise en 2008 et 2009 à trois chocs : crise des subprimes qui se traduit par un ralentissement de la construction et de l’immobilier; ralentissement des échanges mondiaux provoqué par les Etats Unis ; hausse du prix des matières premières » explique Marie-Christine Schmidt, économiste à Euler Hermes. Ce triple choc va « ramener la croissance française à 1,8% en 2008 et 1,4% en 2009 ». Les marges des entreprises s’érodent, alors que dans le même temps, les conditions de crédit se resserrent et les délais de paiement sont appelés à se réduire, conformément à la réforme prévue par la loi de modernisation de l’économie. « Autant de facteurs qui risquent de fragiliser les entreprises et d’accélérer la remontée des défaillances » souligne-t-on chez Euler.
Le nombre de défaillances d'entreprises jugées en France est en hausse de 6,7% en 2007 par rapport à 2006, selon les statistiques publiées également mercredi par l'Insee. Soit 43.048.
Le taux de défaillances (qui mesure le rapport entre le nombre de défaillances observées dans l'année et le nombre d'entreprises au premier janvier) s'élève à 1,5%. Il s'agit du taux le plus faible depuis le début de son calcul par l'Insee en 1993, note l'institut.
Parmi les principales victimes de l’année dernière, le secteur de la construction (avec des faillites en hausse de + 20%), l’immobilier (+13%) et l’hôtellerie restauration (+11%). Ils vont continuer à souffrir cette année en raison du durcissement des conditions des crédits immobiliers et de l’inflation qui rogne le pouvoir d’achat des ménages. Sur les douze derniers mois, l’immobilier et le BTP représentent à eux deux 29% du total des dépôts de bilan.
Face à cette hécatombe, l’industrie et le transport semble avoir tiré leur épingle du jeu en 2007 avec une réduction des défaillances de 5% pour la première et de 15% pour le deuxième. Mais il faut relativiser cette bonne santé. L’industrie concentre en effet la moitié des faillites d’entreprises les plus importantes en terme de chiffre d’affaires et d’emploi. Et au cours des derniers mois, la tendance s’est nettement inversée dans les transports qui subissent de plein fouet la hausse du pétrole.
Reste que la France n’est pas le pays le plus à plaindre. Son secteur immobilier résiste plutôt bien par rapport à celui de nos voisins. Cependant, elle pourrait payer son manque de compétitivité à moyen terme. Les entreprises américaines, irlandaises et surtout espagnole sont, elles, déjà en proie à d’énormes difficultés. Ce sont « les secteurs liés directement ou indirectement aux activités immobilières et aux crédits immobiliers qui sont bien sûr en première ligne » précise Karine Berger, directrice des études chez Euler Hermes. Le nombre de dépôts de bilan chez nos voisins ibériques devrait exploser de 90% entre 2007 et 2008.
Seuls quelques pays résistent encore à l’enlisement de l’immobilier et au ralentissement mondial. C’est notamment le cas de l’Allemagne qui verra le nombre de ses défaillances d’entreprises baisser de 3% en 2008 par rapport à 2007. Un répit toutefois provisoire selon les experts d’Euler qui s’attendent à voir les défaillances augmenter outre-Rhin dès l’année prochaine.
| Pays | Prévision d'évolution des défaillances d'entreprises en 2008 |
| Espagne | +90% |
| Etats-Unis | +35% |
| Irlande | +31% |
| Monde | +15% |
| Zone euro | +13% |
| France | +10% |
| Chine | +10% |
| Allemagne | -3% |
| Pays-Bas | -5% |
Source: Euler Hermes

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Ou est la prime d'assurance, négociée au début de l'ère pétrole, au cas ou il n'y aurait plus de pétrole, ou bien somme nous tous les victimes de margoulins qui nous ont vendu du pétrole pendant des années sans savoir réellement si c'était un moyen de subsistance raisonnable ?
difficile de croire qu'on paye des gens comparer des choux et des carottes...quand on voit ce que paye l'état francais pour maintenir sous perfusion certaines entreprises que ce soit dans le secteur agricole ou autre on ne voit pas comment on peut comparer ses chiffres avec ceux de pays comme l'Irlande ou fait rage le liberalisme lme plus echevelé. Mon fils tu seras statisticien ...
avec la création d'entreprises à 1 euro, on va bien maquiller les chiffres à venir !