Laurence Parisot, patronne des patrons, a suggéré mardi que les cotisations sociales reposent désormais sur le seul salarié, et non plus sur l'entreprise. Tollé des syndicats.
Le Medef est décomplexé. Laurence Parisot, patronne des patrons, a suggéré mardi que les cotisations sociales reposent désormais sur le seul salarié, et non plus sur l'entreprise. Certes, elle a aussitôt précisé que « le salaire brut serait parallèlement relevé pour compenser le transfert », ce qui aboutirait selon elle à une « opération neutre » pour le salarié. Alors, quel intérêt ? « Sensibiliser » ce dernier « au coût de la protection sociale ». Les syndicats ont réagi sans tarder. Derrière la proposition du Medef, ils accusent en fait les entreprises de vouloir, à terme, faire reposer les probables augmentations de cotisations sociales, qui seront nécessaire pour financer le trou de la Sécu, sur les seuls salariés. Avec à la clé une baisse programmée du pouvoir d'achat.
En réalité, le Medef veut même aller plus loin et propose une refonte complète du financement de la protection sociale. Laurence Parisot a ainsi souhaité qu'une partie des dépenses relevant de la solidarité nationale soit financée par l'impôt, via un relèvement de la TVA ou de la CSG. L'idée sous-jacente est, à terme, de désengager les entreprises du financement de la sécurité sociale et d'opérer une distinction entre, d'une part, ce qui relèverait de la collectivité, c'est à dire les soins lourds, qui seraient financés par tous via une fiscalité universelle. Et d'autre part, ce qui relèverait du privé, comme les consultations les plus banales, dont chacun devrait s'acquitter, soit directement, soit en souscrivant un contrat avec une mutuelle. Les entreprises se retrouvant du coup déchargées du fardeau de la Sécu. Là aussi, les syndicats grognent. Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, s'est dit « pantois et dubitatif ». Selon lui, « le salarié s'investit dans son entreprise parfois au péril de sa vie ou de sa santé, il est donc logique que l'entreprise participe aux dépenses de santé et de retraite ». Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, a, de son côté, dénoncé « une provocation », ou, plus « grave », un projet de « privatisation de la protection sociale ».

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