Le poids des dividendes s'est accru de 38% en 10 ans, incitant les entreprises à financer leurs investissements par l'emprunt plutôt que par l'épargne.
Les entreprises françaises sont de plus en plus généreuses avec leurs actionnaires. D’après une étude de l’Insee publiée mercredi, la part des dividendes dans l’excédent brut d’exploitation est passée d’environ 18% entre 1995 et 2001 à 25% en moyenne en 2006 et 2007. Une générosité qui ne s’explique que partiellement par la reprise de l’activité observée depuis 2004. Pour l’Insee en effet, la tendance résulte principalement des « exigences accrues des actionnaires », et notamment des investisseurs: fonds de pension, compagnies d’assurances, fonds communs de placements… Mais il s'agit là d'un phénomène généralisé dans les grands pays de l'OCDE.

L’Institut de la statistique observe par ailleurs l’augmentation parallèle des rachats d’actions qui constituent un autre moyen pour les sociétés cotées de rémunérer leurs actionnaires en favorisant la montée du cours des actions. Entre 2003 et 2008, les rachats de titres par les société du CAC 40 ont atteint un montant annuel proche de 8 milliards d’euros, représentant près de 1% de leur capitalisation boursière.
La conséquence de ces choix se lit d’abord dans le taux d’épargne des entreprises françaises. Celui-ci a brutalement baissé de 18,5% en 1999 à 13,2% en 2007. Il se traduit ensuite par une modification du financement de l’investissement, que les entreprises n’ont pas délaissé, au contraire, puisque le taux d’investissement n’a cessé de se redresser. Partant d'un point bas à 18,9% de la valeur ajoutée en 2003, il a atteint un nouveau sommet de 21,7% en 2007. On est en revanche passé d’un autofinancement quasi généralisé à un recours important à l’endettement. Le taux d’autofinancement de l’investissement est ainsi tombé à 61% en 2007 contre 93% en 1997. Le financement par émission d'actions est resté stable depuis 2003 et n'a pas compensé le recul de l'autofinancement.
Cette évolution n’a toutefois pas pesé sur la solvabilité des entreprises, prend soin de préciser l’Insee. La charge de la dette se stabilise autour de 9%de l’excédent brut d’exploitation, "nettement en deçà des niveaux qui prévalaient au début des années 1990".
Malgré un contexte plus difficile, les entreprises françaises ont enfin réussi à préserver leurs marges, resté stable en 2007, autour de 32%.

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Il y a longtemps que je n'avais pas vu un titre d'article aussi malhonnête.