
Le bras de fer entre cliniques privées et hôpitaux publics sur l'harmonisation des tarifs est loin d'être achevé. La Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) tape fort avec un site Internet qui dénonçe le coût des soins dans le public. L'hôpital n'a pas dit son dernier mot et prépare une conférence de presse "démontant point par point les arguments de la FHP".
Sur la page d'accueil du site, le message est clair : « Mobilisons-nous pour permettre à la Sécurité Sociale de prendre en charge un même soin à tarif unique ». Une fois le ton donné, L'hostocomparateur.com, édité par la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), nous invite à naviguer dans les pages de comparaisons des tarifs de soins, moins onéreux, selon le site, dans les cliniques qu'à l'hôpital public. Enfin, sur un fond bleu clair, l'Internaute - et l'éventuel patient - peut signer une pétition en ligne. Une pétition qui vise directement la décision récente du gouvernement de reporter la convergence des tarifs entre les deux entités hospitalières de 2012 à 2018, comme le prévoyait initialement la Tarification à l'activité (T2A), signée en 2003. Cette décision approuvée par la fédération des hôpitaux publics (FHF) fut clairement dénoncée par celle de l'hospitalisation privée.
C'est donc pour matérialiser son mécontentement que la FHP a lancé L'Hostocomparateur. On peut y découvrir par exemple qu'un accouchement par voie basse sans complication coûte à la Sécurité Sociale 3 140,72 euros lorsqu'il est effectué à l'hôpital contre 2 742,08 euros en clinique, soit une différence, qui s'étale en chiffres rouges, de près de 400 euros. Pour le traitement d'une embolie pulmonaire la différence est de 1340 euros, de 550 euros pour une intervention sur l'avant-bras et de 1 055 euros pour la pose d'une prothèse de la hanche. L'économie réalisée par la Sécurité Sociale, dont le déficit en 2009 devrait dépasser les 20 milliards d'euros, pourrait ainsi être de 1,4 milliards d'euros par an.

Jérôme Chatin
L'hôpital se défend en mettant en avant sa mission de prévention et d'universalité.
50 actes sont ainsi passés à la loupe par les cliniques. Mais c'est justement là que le bât blesse selon la Fédération hospitalière de France (FHF): « Seuls 50 actes très standards ont été choisis sur plus de 2 000 au total. Ce sont ceux que les cliniques font le plus souvent, l'hôpital se charge des autres cas, plus rares, plus chers, plus aléatoires aussi », explique Cédric Lussiez. La Fédération organise ainsi ce mardi une riposte sous forme de conférence de presse. Nombre de directeurs d'hôpitaux seront là afin de « démonter point par point les arguments des cliniques et prouver qu'il ne sert à rien de comparer ce qui n'est pas comparable ». L'Hostocomparateur serait « truffé d'erreurs et d'omissions». La FHF prend pour preuve l'absence de prise en compte des soins spécifiques comme lors d'une embolie pulmonaire (qui est donc facturée 1340 euros plus cher) et argue sur la sécurité des soins : « le site ne précise pas l'importance pour cette pathologie des services d'urgences et réanimation dont seuls disposent les hôpitaux publics ».
Mais ce que déplore le plus la FHF, c'est que les cliniques ne prennent pas en considération les raisons de cet écart de prix : la permanence des soins dans les hôpitaux publics, les actes de prévention, la possibilité de repli en cas de crise sanitaire, tous financés par le « surplus » en question. Cédric Lussiez pointe également les dépassements d'honoraires, qui dans les cliniques ont selon lui dépassé l'an dernier les deux milliards d'euros, "contre cent millions dans les établissements publics mais que le site ne comptabilise pas". Les cliniques, elles, contestent ce chiffre, qui englobe aussi selon elles la médecine de ville, et évoquent un montant de dépassement d'honoraires plus proche de 470 millions d'euros.
Dernier point que la FHF abordera mardi lors de sa conférence : l'accueil pour tous dans les hôpitaux, « à l'inverse de certaines cliniques qui refusent des patients couverts par la CMU, à l'hôpital, il n'y a pas de discrimination et tous les Français sont logés à la même enseigne».

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Ayant payer pour apprendre, je ne peux comprendre et encore moins admettre les luttes stériles entre public et privé. Dans le pays des droit de l'homme aucun acte ne doit être payé d'avance et sans justificatif que l'on nomme cela dotation, abonnement, subventions etc. Chaque travail mérite salaire s'il est justifié et contrôlé. Il y en a assez des chaises musicales et du pantouflage, je te tiens, tu me tiens par la barbichette ! Mais comment voulez vous qu'une loi au bénéfice de tous soit votée. Il n'y a pas débat gauche/droite mais une opposition permanente des fonctionnaires qui sont majoritaires au parlement. Est-ce cela la démocratie représentative ? A celui qui a tu donneras et il aura du surplus, à celui qui n'a pas tu enleveras le peu qu'il a (Mathieu 25)
Il n'y a pas que les couts qui soient défavorables au hôpitaux publics, il y a la qualité de l'accueil où le patient est souvent traité comme du bétail qui attends des heures aux urgences, et parfois aussi l'incompétence ou le j-m'en-foutisme (ma mère, 85 ans, arrive aux urgences après un accident de voiture "Qu'est-ce qu'elle a la mamy, elle a un peu mal au cou... bon, vous lui mettez une minerve et vous la renvoyez chez elle". Manque de pot, elle avait une double fracture des cervicales, et elle a failli y passer...). Heureusement, on trouve aussi de bons médecins dans les hôpitaux publics, mais une organisation efficace reste à mettre en place, le recours aux médecins étrangers à supprimer (et ouvrir la porte aux nombreux étudiants de 1ère année qui rêvent de faire ce noble métier, au lieu d'en rejeter 95%). L'exemple de l'organisation des bons hôpitaux privés pourrait servir de modèle... si on acceptait de passer outre aux corporatisme habituel de la fonction publique.