
Après le nouveau lundi noir enrgistré par les places financières mondiales, Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel Leven, explique pourquoi la panique s'est emparée des marchés.
« -9% à Paris, -7,8% à Londres,-4% à Wall Street...Que se passe-t-il sur les Bourses ?
Les marchés ont cédé à un vent de panique : le sauvetage de plusieurs banques s'est accompagné de nombreuses rumeurs sur les valeurs financière, ce qui a renforcé le sentiment que la crise s'était diffusée partout. Et que nous allons entrer dans une crise globale, qui va affecter l'ensemble de l'économie. Les investisseurs, désormais, parient sur une récession durable et profonde.
Et les valeurs industrielles souffrent elles aussi, notamment celles liées aux matières premières, parce que les bourses anticipent un prochain coup d'arrêt à la croissance.
Les Etats, notamment au sein de l'Union européenne, assurent qu'ils ne laisseront pas les banques faire faillite. Ça ne suffit pas ? Cela fait dix jours que les politiques disent que tout va bien et qu'il ne faut pas paniquer. Mais en même temps, ils ne cessent de clamer haut et fort qu'ils sont prêts à intervenir à tout moment. De plus, aucune solution coordonnée ne se dessine en Europe. Ça reste des actions au coup par coup, du chacun pour soi. Cela crée de l'incertitude, et les marchés détestent ça. Ils sont en attente d'une solution globale, faute de quoi ils entreront dans une longue période de volatilité, avec des hausses et des baisses erratiques.
Mais le plan Paulson, adopté vendredi, est justement une solution globale !
C'est vrai. Mais, aux yeux des marchés, il reste très imparfait. D'abord, on commence à se rendre compte qu'il va lui falloir un peu de temps avant d'être appliqué. Un mois, peut être un mois et demi. Et il peut se passer beaucoup de choses en un mois et demi...Ensuite, il reste encore beaucoup d'incertitudes sur le prix auquel vont être rachetés les actifs dits "toxiques". Surtout, la version du plan Paulson qui a été votée est beaucoup moins favorable aux marchés que la version originale. Les contreparties sont importantes pour les banques qui veulent en bénéficier. Le Trésor va entrer dans leur capital, soit sous la forme d'options, soit sous la forme d'actions classiques, c'est à dire avec des droits de vote. Et puis, in fine, le risque va rester supporté par les banques elles mêmes. Le plan prévoit qu'au bout de cinq ans, la gestion du portefeuille d'actifs toxiques soit auditée et que, s'il y a des pertes, le Congrès pourra les combler en instaurant un prélèvement sur les banques.

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