Les deux candidats à la présidence se sont opposés de façon virulente sur les 35 heures. Retour sur les arguments et les projets avancés par chacun.
Le débat entre les deux candidats au second tour, mercredi, a été riche en passes d’armes. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont longuement ferraillé sur la question des 35 heures, notamment. Le premier dénonçant « une catastrophe généralisée pour l’économie française », qui n’a « pas créé d’emploi », mais généré « de la rigueur salariale ». Quand la seconde soutenait au contraire que les 35 heures ont permis la création « d’un million d’emplois ». Mercredi soir, poussé dans ses retranchements par son adversaire, Nicolas Sarkozy a toutefois reconnu qu'il ne les supprimera pas. Ségolène Royal, de son côté, a tenu à préciser que sa généralisation aux petites entreprises - qui bénéficient jusqu'en 2009 d'un régime dérogatoire concernant le paiement des heures supplémentaires - ne se ferait pas sans négociation entre les partenaires sociaux, et ce, branche par branche. "S'il n'y a pas d'accord, il n'y aura pas de nouvelle loi sur les 35 heures" a-t-elle indiqué.
Bien que matière à controverses, le bilan de la réduction du temps de travail est sans doute plus nuancé. Il existe à ce propos un bilan officiel. Il a été réalisé conjointement par la Dares et l’Insee, en 2005. La réduction du temps de travail aurait conduit à la création de 350.000 emplois en France, entre 1997 et 2002.
Dans les grandes sociétés, « le passage aux 35 heures est passé comme une lettre à la poste », rappelle Eric Heyer, économiste à l’OFCE. Elles n’ont eu aucun mal a réorganiser leur production. Pour les plus petites, un délai supplémentaire leur a été accordé. Ainsi la durée officielle du travail hebdomadaire en France a-t-elle été de 35 heures en 2000, pour les entreprises de plus de 20 salariés. Il a fallu attendre 2002 pour les autres. Ce qui a permis aux entreprises de s’y préparer, dans une certaine mesure.
« A l’hôpital, cela n’a malheureusement pas été le cas », constate Eric Heyer, économiste à l’OFCE. L’Etat n’a pas profité de ce laps de temps pour préparer ses propres services. Ou pour former de nouveaux médecins et de nouvelles infirmières. Dès lors l’application des 35 heures à l’hôpital a été « un peu une catastrophe ». Qui s’est traduite par des manques de personnels, dès lors que les recrutements prévus par le gouvernement Jospin n’ont pas tous été pourvus sept ans après. Le recours aux heures supplémentaires y a coûté très cher. Face aux postes vacants, il a donc fallu faire venir du personnel des autres pays européens.
« Considérant l’hôpital public, les 35 heures ont considérablement détruit son organisation » a pu dire Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal, elle, a rappelé la nécessité « de créer de nouveaux postes ». « Pour les personnels non médicaux, notamment les infirmières, on peut dire que les 35 heures sont digérées » a réagi Gérard Vincent, le délégué de la Fédération hospitalière de France (FHF), dans un communiqué à l’AFP. Selon lui, « sur les 15.000 médecins prévus par la réduction du temps de travail, 10.000 ont été pourvus ». Ajoutant qu’on ne trouvait « pas toujours certains spécialistes qui sont bien mieux payés dans le privé, le cas des radiologues notamment. »

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Une augmentation du coût du travail de 11% ne se digère que par une augmentation de productivité, le gel des salaires et des dépenses supplémentaires quand les 2 premiers sont insuffisants! On a, peut-être? (car on ne s'est guère interrogé sur les effets d'aubaine), créé 350 000 emplois, mais au prix d'un effort plus grand demandé aux salariés, à une stagnation du pouvoir d'achat et à une progression de l'endettement pour financer les compensations aux entreprises (15M2€) et les recrutements supplémentaires de fonctionnaires (à l'hôpital ou dans les col. locales)! Et quid de l'impact des 35h sur les délocalisations ou les faillites? Aucune étude là dessus? Tu parles d'un acquis!
Malheureusement, que ce soit pour les 35 h ou pour d’autres sujets, Mme Royal n’a défini aucune ligne concrète. De plus, les chiffres qu’elle a forcé dans le débat étaient semble t-il complètement faux. En résumé « votez contre Sarkozy donc pour moi et quand je serai élue, nous discuterons ». Quel programme !