Pour Paul Vrouwes, gérant du fonds ING Investment Management, les problèmes structurels du secteur financier ne sont pas résolus.
Lehman Brother est certes une grande banque d’affaires mais sa faillite ne menaçait pas le système financier. AIG est un véritable géant des assurances et joue un rôle majeur sur les marchés. C’est le plus grand groupe d’assurance au monde, il est présent dans 130 pays. Un dépôt de bilan du groupe, aurait très certainement mené à une crise financière mondiale et fait tomber de nombreuses grandes banques d’affaires dans le monde entier par un effet domino. En effet, la compagnie garantit plus de 400 milliards de dollars de titres obligataires (« crédit default swap»), détenus aujourd'hui par des centaines de banques dans le monde. Moyennant une prime, AIG assure contre les défauts de paiement d'un émetteur d'obligations. La panique était d'autant plus certaine que le marché des crédits « default swap » n'est pas régulé. C'est une gigantesque « boîte noire », dont le montant est estimé à plus de 60 000 milliards de dollars. Aucune autorité, aucun investisseur, ne sait aujourd'hui qui est protégé par AIG et dans quelle proportion. Si elles n’étaient plus soutenues par la compagnie d’assurance, les banques auraient eu de telles pertes de liquidités que le coût du crédit aurait explosé et l’économie américaine aurait subi un grand coût d’arrêt.
Il n’est pas suffisant mais il était nécessaire avant de nouvelles injections sur le marché financier par la Fed. La réserve américaine a octroyé un emprunt de 85 milliards de dollars en échange d’actions. L’Etat devient donc propriétaire d’AIG à 79%. L’emprunt est assorti d’un taux de 11,4% et doit être remboursé dans deux ans. La nationalisation d'AIG a un caractère désespéré, car la Réserve fédérale s’était jusque là interdite de nationaliser. Les opérateurs boursiers restent donc très inquiets. Les problèmes structurels du secteur financier ne sont pas résolus. La Réserve fédérale considère maintenant qu’AIG doit s’assainir en vendant plusieurs actifs et en cédant certaines activités, dans des conditions plus favorables que si elle était en faillite. Cela prendra du temps, et la confiance des investisseurs sera difficile à reconquérir.

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