Crise financière

«Le sauvetage d’AIG n’est pas suffisant mais il était nécessaire»

Propos recueillis par Elodie Grangié -  22/09/2008 16:57  - L'Expansion.com 
 

Pour Paul Vrouwes, gérant du fonds ING Investment Management, les problèmes structurels du secteur financier ne sont pas résolus.

Pourquoi la Réserve Fédérale américaine a-t-elle secouru la société d’assurance AIG et non Lehman Brother ?

Lehman Brother est certes une grande banque d’affaires mais sa faillite ne menaçait pas le système financier. AIG est un véritable géant des assurances et joue un rôle majeur sur les marchés. C’est le plus grand groupe d’assurance au monde, il est présent dans 130 pays. Un dépôt de bilan du groupe, aurait très certainement mené à une crise financière mondiale et fait tomber de nombreuses grandes banques d’affaires dans le monde entier par un effet domino. En effet, la compagnie garantit plus de 400 milliards de dollars de titres obligataires (« crédit default swap»), détenus aujourd'hui par des centaines de banques dans le monde. Moyennant une prime, AIG assure contre les défauts de paiement d'un émetteur d'obligations. La panique était d'autant plus certaine que le marché des crédits « default swap » n'est pas régulé. C'est une gigantesque « boîte noire », dont le montant est estimé à plus de 60 000 milliards de dollars. Aucune autorité, aucun investisseur, ne sait aujourd'hui qui est protégé par AIG et dans quelle proportion. Si elles n’étaient plus soutenues par la compagnie d’assurance, les banques auraient eu de telles pertes de liquidités que le coût du crédit aurait explosé et l’économie américaine aurait subi un grand coût d’arrêt.

Ce sauvetage est il suffisant, pour rassurer les marchés ?

Il n’est pas suffisant mais il était nécessaire avant de nouvelles injections sur le marché financier par la Fed. La réserve américaine a octroyé un emprunt de 85 milliards de dollars en échange d’actions. L’Etat devient donc propriétaire d’AIG à 79%. L’emprunt est assorti d’un taux de 11,4% et doit être remboursé dans deux ans. La nationalisation d'AIG a un caractère désespéré, car la Réserve fédérale s’était jusque là interdite de nationaliser. Les opérateurs boursiers restent donc très inquiets. Les problèmes structurels du secteur financier ne sont pas résolus. La Réserve fédérale considère maintenant qu’AIG doit s’assainir en vendant plusieurs actifs et en cédant certaines activités, dans des conditions plus favorables que si elle était en faillite. Cela prendra du temps, et la confiance des investisseurs sera difficile à reconquérir.

 
 
Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires

Suivre le sujet
 

Pour être alerté lors de prochaines publications sur le même sujet, veuillez saisir votre email dans le champs ci-dessous :

Citer dans votre blog
 
Commentaires - (1)
dedis 23/9/2008 Recommander 0

La crise des CDS sera bien pire que celle des subprimes... Achetez des sacs de riz !

 
Déjà membre : vous pouvez commenter l'actualité en direct
Vous n'êtes pas membre, laissez votre commentaire, avec votre pseudo et email. Il apparaîtra après modération.
 
  • Entreprises - 5/7/2009 - L'Expansion.com

    Robert Louis-Dreyfus, heureux en affaires, malheureux en football

    Le patron de l'OM est décédé ce samedi à l'âge de 63 ans. Portrait d'un milliardaire qui n'a jamais réussi à emmener son club au sommet. Il lui aura même fait perdre plus de 200 millions d'euros.

  • Silicon Valley - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    Adwhirl menace la rente d'Apple sur les applications iPhone

    1 milliard de dollars. C'est ce que l'App Store pourrait rapporter à Apple cette année. Mais ce pactole pourrait diminuer si des start-up comme Adwirl parvenaient à rendre gratuites certaines applications phares en y insérant de la pub. Interview de Sam Yu, le co-fondateur d'Adwhirl.

  • Start-up - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    Kwaga met un assistant intelligent dans votre boite mail

    Filtrer et classer les emails selon les utilisateurs, mais aussi repérer un rendez-vous ou une action à faire et vous alerter en cas d'urgence, c'est ce que propose Kwaga grâce à un traitement linguistique. Enfin la solution pour ne plus être débordé?

  • Entreprises - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    "Les paradis fiscaux, c'est le dopage de l'économie mondiale"

    Deux Tours de France se croiseront cette année à Monaco, en Andorre et en Suisse. Moins connu que la compétition cycliste, le "Tour de France des paradis fiscaux" a pour objectif de sensibiliser l'opinion publique aux dérives de la finance. Les explications de Jean Merckaert, à l'origine de la manifestation avec un collectif d'ONG.

  • Entreprises - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    La Suisse a-t-elle vraiment tué son secret bancaire?

    La Confédération helvétique a signé des conventions fiscales avec plusieurs pays. Mais personne ne connaît réellement le contenu de ces textes. De quoi entretenir le flou sur la mort annoncée du secret bancaire suisse. Nos explications.

  • High Tech - 2/7/2009 - L'Expansion.com

    L'avenir de la fibre optique est-il menacé en France?

    France Télécom a menacé d'arrêter ses investissements dans la fibre optique si l'Arcep maintenait sa décision d'autoriser plusieurs fibres par foyer. Décryptage avec Roland Montagne, responsable du pôle haut-débit au sein de l'Institut de l'audiovisuel et des Télécommunications en Europe.









publicite
librairie en ligne
L'annuaire du pouvoir 2008
 
fermer
 
Inscrivez-vous
Pourquoi devenir membre ?

Devenir membre de la communauté LExpansion.com vous permet d’accéder à un ensemble de services :

  • Commenter les articles en direct
  • Participer aux débats « Pour/contre » et proposer de nouveaux sujets
  • Recevoir, si vous le souhaitez, les newsletters : actu éco, conjoncture hebdo, high-tech ou carrière/management

C’est entièrement gratuit !

 
newsletters et alertes
 
inscrivez vous aux flux rss
 

Avec ces lecteurs:

Ou copiez le lien rss :

connexion
 

Votre adresse email n'est pas correcte

Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires