Conjoncture

« Le ralentissement de la croissance sera durable pour quatre raisons »

Propos recueillis par Elodie Grangié -  30/06/2008 14:54  - L'Expansion.com 
 
Photo: Jérôme Chatin
Patrick Artus, chef économiste chez Natixis

Pour Patrick Artus, chef économiste chez Natixis, la crise actuelle marque la fin d'une période en Europe et aux Etats-Unis où la croissance a été soutenue par l'endettement des ménages. S'y ajoutent trois autres facteurs dépressifs...

Le ralentissement qui frappe l’Europe et les Etats-Unis est-il durable ?
Oui, et pour quatre raisons. Premièrement, la croissance ne sera plus, comme ces dernières années, soutenue par l’endettement des ménages surtout aux Etats Unis. Devant l’explosion du taux de défaut sur les crédits et la réévaluation des taux interbancaires, les banques proposent des conditions d’emprunts très restrictives. De plus, il paraît impossible que les taux d’endettement, notamment dans les pays anglo-saxons, augmentent davantage pour soutenir la consommation des ménages, car ils sont devenus insoutenables.

Deuxième raison, la hausse du prix des matières premières sera durable et aura un double impact sur la croissance européenne et américaine: d’une part, elle alimentera l’inflation, ce qui incitera les banques centrales à continuer d’augmenter leurs taux d’intérêt directeurs ; d’autre part, elle ponctionnera le revenu de ces pays qui n’exportent pas autant qu’ils importent vers les pays producteurs de pétrole.

Troisièmement, la baisse des prix de l’immobilier risque, elle aussi, d’être durable. La chute de la demande des ménages va y contribuer.

Pour finir, le freinage de la croissance dans les pays développés va décourager l’immigration. Or dans ces pays où la population active est en baisse constante à cause du vieillissement de la démographie, la venue de travailleurs étrangers est une source de croissance potentielle sur le long terme.

La relance des déficits publics peut elle sauver la croissance ?
Non, les politiques budgétaires contra-cycliques n’auront aucun impact. Elles peuvent même être dangereuses. Face à une croissance durablement faible, un soutien par les déficits publics ne peut engendrer qu’une « spirale du déficit ».

Que peuvent donc faire les Etats, face à ce ralentissement durable de la croissance ?
Mener des politiques de long terme ! Les Etats doivent se concentrer sur trois objectifs : inciter aux économies d’énergie, aider les entreprises à exporter davantage vers les pays émergents (à l’image de l’Allemagne) et enfin, favoriser une croissance plus rapide de la productivité. La recherche et développement dans le secteur des technologies de l’information sont les enjeux majeurs des prochaines années, notamment pour les pays de la zone euro.

 
 
Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires

Suivre le sujet
 

Pour être alerté lors de prochaines publications sur le même sujet, veuillez saisir votre email dans le champs ci-dessous :

Citer dans votre blog
 
Commentaires - (5)
René-Pierre 1/7/2008 Recommander 1

Les économistes sont de plus en plus incompréhensibles : - pourquoi un endettement favorise-t-il la croissance ? Ne peut-on comprendre que l'endettement soit un handicap ? Sur-endettement, aux limites du sur-endettement, nécessité de payer des intérêts quand on voudrait financer autre chose. L'endettement est aussi un boulet quand on veut changer de politique. Pas de liquidités. Il y a une limite à l'endettement que n'ont pas compris les banques américaines avec la crise des "subprimes". Le dette de l'état est bien significative des problèmes d'endettement ! - pourquoi cette obsession de la consommation pour relancer la croissance ? La consommation est un des moteurs de l'économie, mais le trop est destructeur et un ménage ne peut consommer plus qu'il ne gagne ( à un endettement raisonnable près). - alors la crise énergétique et alimentaire actuelle fait que les ménages consomment différemment. C'est tout. Les mêmes sommes sont injectées dans l'économie. Elles ne vont pas aux mêmes endroits, aux mêmes secteurs. C'est tout. - il n'y a donc pas de différence en global (mondial). La question est de savoir pourquoi nous refusons que d'autres s'enrichissent. C'est une vision qui peut être étroite et porter à confusion. - de la même façon la chute des prix dans l'immobilier ne peut que relancer l'immobilier. C'est peut être une bulle mais toute personne censée comprend aussi que les prix étaient devenus inacceptables, à la limite de l'escroquerie. Une purge nécessaire. - quand localement (à l'échelle mondiale il s'agit alors d'un état) les politiques sociales ne baissent pas quand l'économie plonge, c'est un phénomène de boule de neige qui s'installe parce que c'est aussi l'état qui plonge en perdant toute capacité de manoeuvre financière. L'arrosage social , s'il est trop important, finit par couler pour longtemps l'économie.

ANICET 1/7/2008 Recommander 1

il y a une chose dont nous ne sommes pas encore convaincus, c'est l'origine première de l'augmentation du coût des énergies. Comme si les chinois s'étaient tous mis à faire le plein de leur cadillac en même temps. Il y a seulement 2 mois, le prix du gas-oil à la pompe était encore loin des records d'aujourd'hui; par contre, les fonds spéciaux étaient, eux, bien à la recherche d'une manne nouvelle à la suite de leur déroute immobilière et bancaire. Histoire de se refaire une santé, ils se sont bien tournés vers une denrée dont plus personne ne sait se passer. Quant aux gouvernements, ils voient là une méthode rapide et efficace pour faire économiser l'énergie sans apparaître trop responsable de cette déroute économique, et sont prêts à aller jusqu'au bout, jusqu'à ce que ça craque puis ils réagiront juste avant le risque de se faire expulser par l'opinion publique. pendant ce temps, les industriels pétroliers auront accumulé des profits inespérés. Merci Monsieur le Président. Le jeu est risqué car la spirale inflationiste guette et la récession avec elle ; et nos gouvernements auront encore un peu plus de mal à payer les dettes qu'ils ont contractées. Il s'en iront 5 ans plus tard avec les mêmes promesses qu'au début de leur mandat et la même fierté ridicule de leurs prédéceseurs.

doudou 1/7/2008 Recommander 1

Tout n est pas rose ni tout n est pas noir mais on dot etre vigilant nous surtout parce que nos déficits sont abysaux et que pour cette raison nous serons les derniers a sortir de la crise mais beaucoup " d "experts" se sont souvent trompés aussi prenons de la hauteur et regardons le bon coté des choses il arrivera bientot que l on reprenne des forces comme a pu près la fin de toutes les maladies.

Joé 30/6/2008 Recommander 5

Ce grand spécialiste n'avait donc rien vu au sujet de sa banque Natixis. Ils sont comme les autres mais il est dommage que ce microcosme fasse encore la pluie et le beau temps

sandra 30/6/2008 Recommander 5

Excusez , moi, du peu de confiance que j'attribue à certains , vu leur passé ...Mais j'essaie d'être charitable ..;

 
Déjà membre : vous pouvez commenter l'actualité en direct
Vous n'êtes pas membre, laissez votre commentaire, avec votre pseudo et email. Il apparaîtra après modération.
 
  • High Tech - 17h50 - L'Expansion.com

    Les films plus vite en DVD ou en VoD après leur sortie en salle

    Présenté comme une contrepartie à la loi contre le piratage, les films seront disponibles en vidéo à la demande (Vod) et en DVD quatre mois après leur sortie en salles contre six à sept mois et demi au minimum jusqu'ici.

  • Entreprises - 9h25 - L'Expansion.com

    La Société Générale annonce un petit retour aux bénéfices

    La Société Générale a annoncé que son résultat pour le second trimestre « devrait être légèrement bénéficiaire » après une perte nette de 278 millions d'euros au premier trimestre. Mais la crise est toujours là.

  • Entreprises - 5/7/2009 - L'Expansion.com

    Robert Louis-Dreyfus, heureux en affaires, malheureux en football

    Le patron de l'OM est décédé ce samedi à l'âge de 63 ans. Portrait d'un milliardaire qui n'a jamais réussi à emmener son club au sommet. Il lui aura même fait perdre plus de 200 millions d'euros.

  • Silicon Valley - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    Adwhirl menace la rente d'Apple sur les applications iPhone

    1 milliard de dollars. C'est ce que l'App Store pourrait rapporter à Apple cette année. Mais ce pactole pourrait diminuer si des start-up comme Adwirl parvenaient à rendre gratuites certaines applications phares en y insérant de la pub. Interview de Sam Yu, le co-fondateur d'Adwhirl.

  • Start-up - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    Kwaga met un assistant intelligent dans votre boite mail

    Filtrer et classer les emails selon les utilisateurs, mais aussi repérer un rendez-vous ou une action à faire et vous alerter en cas d'urgence, c'est ce que propose Kwaga grâce à un traitement linguistique. Enfin la solution pour ne plus être débordé?

  • Entreprises - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    "Les paradis fiscaux, c'est le dopage de l'économie mondiale"

    Deux Tours de France se croiseront cette année à Monaco, en Andorre et en Suisse. Moins connu que la compétition cycliste, le "Tour de France des paradis fiscaux" a pour objectif de sensibiliser l'opinion publique aux dérives de la finance. Les explications de Jean Merckaert, à l'origine de la manifestation avec un collectif d'ONG.









publicite
librairie en ligne
L'annuaire du pouvoir 2008
 
fermer
 
Inscrivez-vous
Pourquoi devenir membre ?

Devenir membre de la communauté LExpansion.com vous permet d’accéder à un ensemble de services :

  • Commenter les articles en direct
  • Participer aux débats « Pour/contre » et proposer de nouveaux sujets
  • Recevoir, si vous le souhaitez, les newsletters : actu éco, conjoncture hebdo, high-tech ou carrière/management

C’est entièrement gratuit !

 
newsletters et alertes
 
inscrivez vous aux flux rss
 

Avec ces lecteurs:

Ou copiez le lien rss :

connexion
 

Votre adresse email n'est pas correcte

Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires