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Sarkozy un an déjà

Le pari délicat du dialogue social

Marc Landré -  30/04/2008 13:47  - L'Expansion.com 
 
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Influencé par Raymond Soubie, son conseiller social, Nicolas Sarkozy a confié aux partenaires sociaux la réalisation de nombre de ses engagements de campagne.

Le pari délicat du dialogue social Nicolas Sarkozy l'avait écrit en page 5 de son projet : « Je m'appuierai fortement sur le dialogue social. »

A l'époque, rares étaient ceux qui croyaient que le futur président tiendrait sa promesse. Ils envisageaient plutôt un passage en force des réformes sociales après un semblant de concertation. Le chef de l'Etat a d'ailleurs été tenté de le faire. Mais, influencé par Raymond Soubie, son conseiller social, il a préféré mettre syndicats et patronat face à leurs responsabilités en leur confiant la réalisation de ses principaux engagements sociaux de campagne. Avec l'avertissement que le gouvernement reprendrait la main s'ils ne parvenaient pas à s'entendre ou s'ils concluaient un « faux accord ».

Dossiers brûlants en perspective

Moins d'un an après, le pari est en partie gagné : le dialogue social a rarement été aussi vivace et les partenaires sociaux interviennent sur autre chose que la place des virgules dans le texte des réformes. Pour preuve, l'accord interprofessionnel de modernisation du marché du travail rejeté seulement par la CGT et transposé tel quel dans la loi. « Certains points du texte faisaient l'objet d'un blocage depuis un quart de siècle », souligne Xavier Bertrand. Le ministre du Travail est d'ailleurs convaincu que les mêmes mesures, proposées par le gouvernement sans concertation, auraient conduit les Français dans la rue.

Tant pis si l'accord, plus que timide, reporte aux calendes grecques bien des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. Pour le président, la fin justifie toujours les moyens, surtout dans le champ social. Peu importe également que les parlementaires aient été priés de ne pas amender le texte pour éviter de brusquer les signataires. « Le gouvernement doit dire s'il veut nous enlever le champ de la réglementation sociale », s'irrite le député communiste Roland Muzeau.

Une remarque pertinente puisque les partenaires sociaux ont d'autres sujets brûlants en cours qui nécessiteront aussi en cas d'accord une transposition législative : la refonte de la représentativité syndicale, sur laquelle syndicats et patronat sont parvenus le 10 avril à une « position commune » ; la réforme de la formation professionnelle, dont les discussions commencent en mai ; la renégociation de la convention d'assurance-chômage, toujours conflictuelle... Que décidera Nicolas Sarkozy ? Entre démocratie sociale et démocratie parlementaire, le président sera tôt ou tard obligé de dire de quel côté son cœur penche.

 
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