
Dans son rapport de stabilisation financière le Fonds donne sa première estimation des pertes financières globales dues à la crise des « subprimes » : jusqu’à 945 milliards de dollars.
En des termes inhabituellement sévères, le FMI a dénoncé la responsabilité de Wall Street dans la genèse d’une crise qui pourrait coûter jusqu'à 945 milliards de dollars au système financier international. Dans son rapport de stabilisation financière, il dénonce une « prise de risque excessive » et un « manque de rigueur » au sein d' « institutions faiblement capitalisées ».
Le rapport va jusqu'à recommander une réforme du mode de rémunération des cadres impliqués dans la gestion des produits à risques.
Les services du Fonds chargés de la surveillance des marchés ont en outre chiffré à 565 milliards de dollars les pertes des banques et autres institutions financières dues à la crise du crédit hypothécaire à risque aux Etats-Unis. Cette estimation monte à 945 milliards de dollars si on y ajoute d'autres catégories de prêts connexes. C'est la première fois que l'institution financière internationale livre officiellement une estimation chiffrée des pertes financières globales dues à la crise des « subprimes ».
Le montant de 945 milliards de dollars avancé mardi par le Fonds monétaire international (FMI) pour chiffrer l'impact de la crise du "subprime" est l'agrégat des dépréciations d'actifs potentielles des institutions financières ayant approché de près ou de loin le marché des créances hypothécaires à risque.
Il ne s'agit pas de pertes financières au sens strict, c'est-à-dire de résultat nets négatifs. Il se décompose ainsi:
565 milliards: emprunts hypothécaires américains et instruments financiers associés
240 milliards: produits dérivés du marché immobilier commercial
120 milliards:prêts aux entreprises
20 milliards:
Les 945 milliards sont à rapprocher d'un encours évalué à 23.210 milliards de dollars.
Ces estimations, réalisées suivant la méthode du prix de marché ("mark-to-market"), ont été faites au mois de mars, c'est-à-dire au plus fort des turbulences sur les marchés.
Elles concernent entre autres les banques, les compagnies d'assurance, les fonds de retraite, les fonds de placement et les fonds d'investissement à risque ("hedge funds").
« La crise a dépassé les confins du marché américain du « subprime », pour toucher concrètement les principaux marchés de l'immobilier d'entreprise et résidentiel, le crédit à la consommation et le crédit aux entreprises », a expliqué le FMI, à quelques jours de son assemblée de printemps.
Mi-février, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait fait toutefois état d'estimations du FMI les évaluant à 400 milliards de dollars. C'est ce chiffre qui ressort aujourd'hui actualisé à 565 milliards de dollars.
Ce rapport, particulièrement critique à l'égard de Wall Street, sonne comme une réponse aux soupçons d'impartialité dont l'institution a été l'objet. Lors de sa dernière assemblée, en octobre, plusieurs pays émergents avaient reproché au Fonds, dominé par les pays riches, de n'avoir pas su anticiper la crise, parce que née aux Etats-Unis, et d'en traiter les effets avec complaisance.

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Au lieu de "une réponse aux soupçons d'impartialité", il faut sans doute lire "une réponse aux soupçons de partialité" ?
que peut faire le FMIpour stopper la dégringolade du dollar
chiffrage n est pas solution!