La grande journée d'action contre le contrat première embauche a rassemblé entre 200 et 400.000 personnes dans toute la France. Une mobilisation pour l'instant insuffisante pour espérer infléchir le gouvernement. Les syndicats et les étudiants parlent d'un "bon départ".
Dominique de Villepin peut boire du petit lait. Le Contrat première embauche n'a que très imparfaitement mobilisé les étudiants mardi. A Paris, la manifestation a rassemblé entre 13.000 et 45.000 personnes, selon que le décompte a été effectué par la police ou les organisateurs. La fourchette pour l'ensemble de la France serait de 220.000 à 400.000, pour 187 manifestations: entre 5.000 et 30.000 manifestants à Marseille, quelque 15.000 à Toulouse ou encore de 8.000 à 12.000 à Bordeaux. A chaque fois, les étudiants représentaient environ la moitié des effectifs. A titre de comparaison, la dernière grande manifestation, le 4 octobre dernier, avait rassemblé entre 500.000 et un million de personnes. En mars 2005, 150.000 lycées avaient défilé contre la loi Fillon. Et pour les manifestations contre le contrat d'insertion professionnelle qu'avait tenté d'introduite Edouard Balladur au printemps 1994, des centaines de milliers de jeunes s'étaient mobilisés. Mais le mouvement était monté crescendo : la première manifestation n'avait rassemblé que 10.000 jeunes.
C'est d'ailleurs l'argument des organisations étudiantes et syndicales. Cette journée du 7 février ne serait que la première d'une longue série. Pour Bruno Juillard, président de l'Union des étudiants de France (Unef) "la mobilisation pourra s'installer dans la durée". Gérard Aschieri, de la FSU parle d'un "bon départ", affirmant: "on n'a pas fait encore le plein". De son côté, Bernard Thibault de la CGT prévient que "si le Premier ministre accélère la cadence, nous accélérerons la mobilisation". Les syndicats et organisations étudiantes se retrouvent vendredi matin pour envisager une suite à la journée de mardi.
Mais certains leaders syndicaux comme François Chérèque, président de la CFDT, ont admis ne pas pouvoir parler d'un "raz de marée". De fait, les conditions n'étaient pas optimales en raison de la coïncidence avec les vacances scolaires et les partiels. Mais ces arguments n'expliquent pas à eux seuls le manque de mobilisation des étudiants.
Quelle qu'en soit la raison, cette mobilisation de la rue n'a pas été suffisante pour espérer peser sur le débat, qui devrait se poursuivre à l'Assemblée jusqu'à dimanche. L'opposition a déposé des centaines d'amendements. Sans crier victoire, le Premier ministre a répété sa détermination : "Evidemment, j'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas". Le Premier ministre n'est pas revenu sur la possibilité d'utiliser l'article 49-3 – qui lui permettrait de se passer du vote du parlement – pour faire passer le texte. François Hollande, a d'ores et déjà fait savoir que s'il en était ainsi le Parti socialiste déposerait une motion de censure.

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