Après cinq ans de boom, plusieurs signaux montrent qu'il devient de plus en plus difficile de vendre une maison aux Etats-Unis. Du coup, l'effet richesse ne joue plus, ce qui pèse sur la consommation des ménages.
"Le marché tourne du côté des acheteurs". Comme d'autres observateurs, le président du groupement national des agents immobiliers (NAR) voit arriver le point d'inflexion du marché immobilier américain. Après cinq années de boom exceptionnelles, plusieurs signaux montrent qu'il devient de plus en plus difficile de vendre une maison aux Etats-Unis. Les ventes de logements neufs ont reculé de 3% en juin tandis que le département du Commerce a revu en baisse celles de mai. Entre juin 2005 et juin 2006, elles ont diminué de 11% et les analystes s'attendent à un repli équivalent sur l'ensemble de l'année 2006. Les stocks de maisons neuves n'ont jamais été aussi importants (566.000). Si les ventes se poursuivent au même rythme qu'en juin, il faudra presque sept mois pour l'écouler. Les trois-quarts des promoteurs, dont le moral est tombé au plus bas depuis 1991, sont désormais obligés de proposer des réductions, des piscines gratuites, voire des voyages pour attirer les acheteurs potentiels. Dans l'ancien aussi, qui représente environ les 7/8ème du marché, les transactions sont plus difficiles, avec huit baisses mensuelles sur les dix derniers mois. La diminution atteint 9% sur un an. Conséquence, "les prix commencent à se détériorer. Les vendeurs ont pris conscience qu'ils devaient fixer des prix plus compétitifs compte tenu de la hausse des stocks" souligne David Leareah, chef économiste de la NAR. Ils sont désormais nettement en dessous de l'inflation dans l'ancien (+0,9% sur un an) et tout juste au niveau dans le neuf (+2,3%).
Ce "ralentissement généralisé du secteur immobilier depuis le début du mois de juin", souligné dans le dernier Livre Beige de la banque centrale américaine va évidemment freiner sérieusement la croissance du pays. Cela a déjà commencé au deuxième trimestre. La nouvelle baisse de l'investissement immobilier (-6,3%) est la plus marquée depuis le 3ème trimestre 2000. Le prêt hypothécaire rechargeable, qui permet de réemprunter à la mesure de la valeur prise par le logement, a largement nourri la formidable consommation américaine depuis 2003. Après 17 relèvements de taux d'intérêt, les prêts ont commencé à décélerer. "Les sommes dégagées par le refinancement sont évaluées à 1000 milliards de dollars. Cela a ajouté 2% environ à la croissance chaque année par le biais de la consommation. C'est fini." estime David Kotok, un économiste américain. Or, comme l'a également signalé la Réserve fédérale américaine, d'autres signaux indiquent que la locomotive mondiale est en train de ralentir. Reste à savoir à quelle vitesse se fera le freinage.

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