Après la consommation et les exportations, la production industrielle française a reculé de 0,8% en mars. Dommage pour la croissance car c'était un des moteurs les plus résistants depuis le début de l'année.

Petit à petit, tous les signaux macroéconomiques passent au rouge. Après trois mois consécutifs de hausse - du jamais vu depuis cinq ans, la production industrielle française a enregistré une baisse de 0,8% en mars, selon la dernière note de conjoncture de l'Insee. Si la production énergétique augmente (+2,4%), toutes les branches du secteur manufacturier sont en repli(-1,5%). L’industrie automobile est la plus touchée avec un recul de 2,9% par rapport au mois de février. Les biens intermédiaires, la branche la plus importante de l’industrie hexagonale, ont également souffert (-1,7%), de même que les biens d’équipement (-1,1%). Des performances qui augurent mal quant à l'avenir. Le recul de ces deux secteurs « confirme que l’investissement des entreprises devrait nettement décélérer dans les prochains trimestres », estime Marc Touati, de Global Equities.
La baisse de la production industrielle n’est pas vraiment une surprise. Elle est même cohérente avec le ralentissement des autres moteurs de la croissance. Après un rebond en février, les dépenses de consommation des ménages ont fortement diminué en mars (-1,7%), suivant en cela un moral tombé à un plus bas historique. Du côté des entreprises, le moral est également en baisse et les exportations ont diminué de 6% le mois dernier. Le déficit commercial de la France s’est creusé d'un coup de 4,75 milliards d’euros - un déficit mensuel historique - alors qu’il diminuait légèrement depuis le début de l’année. Un rebond de l'activité à court terme semble donc peu probable.
L’Insee révèle dans une enquête mensuelle que le climat des affaires dans la zone euro s’est dégradé en avril et que la morosité va s’accentuer. Les industriels européens ont en majorité déclaré que leurs ventes se sont réduites et que leurs stocks de produits finis ont progressé. Comme leurs carnets de commandes pour les mois à venir sont moins remplis, ils anticipent un ralentissement de leur production et une légère hausse de leurs prix de vente.
"La mollesse des indicateurs avancés de la conjoncture souligne que l'activité industrielle mais également celle de l'ensemble de l'économie hexagonale vont encore se dégrader", estime M. Touati. "Dans ce cadre, la croissance du PIB restera faible sur l'ensemble de l'année, avec un niveau moyen d'environ 1,4%", poursuit-il. Alexander Law s'attend à une "baisse de régime marquée au deuxième trimestre" et à une croissance qui "se limitera vraisemblablement à 1,5% cette année, loin, très loin, de l'hypothèse sur laquelle avait été bâti le budget de l'Etat". Le gouvernement continue de tabler pour 2008 sur une croissance comprise entre 1,7% et 2%.

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